La Chambre en mode été
Il y a toujours de l’activité à la Chambre des députés. Des visites à préparer, des questions parlementaires à valider et des travaux à mener. Le président n’est jamais vraiment absent.
La Chambre des députés est en mode veille, mais toujours au travail. Son président, Claude Wiseler, n’est jamais totalement absent de son poste et assume ses responsabilités, même quand il se trouve à l’étranger. Les questions parlementaires sont toujours posées, sans trêve estivale. «Il faut que je les accorde tous les jours et ça suit un peu l’actualité, ce qui est absolument normal», explique Claude Wiseler.
Une grande partie des affaires courantes, le président les suit par internet, comme la vérification des questions parlementaires, les autorisations de changement d’horaire de commission ou le suivi des demandes des différents groupes parlementaires pour des mises à l’ordre du jour de questions. «Tous les jours, je prends une demi-heure ou une heure pour faire ce travail. Mais il y a des choses que je ne peux pas faire.»
Il cite en exemple le courrier qui doit être signé à la main. «Il y en a peu, mais ce sont des courriers officiels, et ça, c’est un vice-président qui peut les signer en mon absence.» Le système est ainsi organisé qu’un vice-président est toujours disponible. «Et s’il n’y avait pas de vice-président, notre règlement de la Chambre dit que ce sont les membres du bureau qui peuvent remplacer le président selon l’ordre protocolaire du plus ancien en rang jusqu’au plus jeune.»
Le travail politique est tout de même au ralenti, mais pas à l’arrêt. Il y a des visites prévues à la fin du mois d’août et début septembre. «Des commissions vont être appelées dans le cadre de cette programmation», poursuit-il. Le président du Parlement de Mongolie va arriver fin août pour une visite de deux journées, puis, début septembre, la Chambre accueillera le procureur général de Chine et la présidente du Parlement de Lettonie.
En cas d’urgence, la Chambre est toujours prête à organiser des commissions parlementaires qui peuvent, le cas échéant, se faire de manière hybride, en présentiel ou par visioconférence. «Nous sommes toujours prêts et nous avons des solutions de rechange si une plénière devenait nécessaire pour une raison quelconque», ajoute le président, en reconnaissant que cela n’arrive pas très souvent. «C’était le cas dans le cadre du covid où nous avions des réunions en août, parce qu’il y avait des lois qui devaient être votées à ce moment-là», rappelle-t-il.
La Chambre est actuellement en travaux, la salle plénière n’est pas disponible, car les fenêtres vont être remplacées pour répondre à des normes de sécurité plus élevées. Il existe toujours des solutions de repli au cas où une séance devait être organisée en cas d’urgence ou de nécessité.
L’été est donc la période la plus propice pour se lancer dans des transformations. Des fenêtres pare-balles doivent améliorer les conditions de sécurité de la plénière. «Il s’agit d’une demande des services de l’ordre et des services de sécurité d’avoir une Chambre un peu plus sécurisée», précise Claude Wiseler. L’année dernière, en été, des travaux dans l’entrée du bâtiment principal avaient été planifiés avec l’installation d’un tourniquet et de portiques de sécurité.
«L’année dernière, c’était un peu stressant, parce que nous avions le changement de trône le 3 octobre. Il fallait utiliser les deux mois de juillet à août-septembre et être absolument sûr que le 3 octobre tout soit de nouveau en ordre et en place et prêt à fonctionner», se souvient-il. Au chapitre des travaux d’été, le Parlement s’est également engagé dans de grandes modifications de l’infrastructure informatique.
Patrimoine commun
La Chambre prépare également les Journées européennes du patrimoine (16-18 octobre), qui vont coïncider avec la rentrée parlementaire. «Ce sera un peu spécial cette année. Comme nous avons de bonnes relations avec la Cour grand-ducale, nous essayons de faire un parcours comprenant la Chambre et le Palais, puisque c’est un ensemble architectural. Ce sera quelque chose d’un peu différent, d’intéressant, je crois. Et on en profitera également pour faire l’analyse historique des tableaux qui sont à la Chambre et au Palais grand-ducal», explique Claude Wiseler.
De grands peintres luxembourgeois ont peint ces tableaux, notamment des portraits. Quelle est leur histoire? Pourquoi sont-ils à la Chambre? Pourquoi sont-ils au Palais? Autant de questions auxquelles seront apportées des réponses lors des Journées européennes du patrimoine. «Nous allons sortir une brochure à cette occasion», informe le président.
Sur le plan politique, la grosse discussion de la rentrée portera certainement sur la fiscalité et le budget. «Pour le reste, je suppose que nous aurons d’énormes discussions en rapport avec les règlements grand-ducaux qui compenseront la non-signature des nouvelles conventions avec l’AMMD (NDLR : Association des médecins et médecins-dentistes).» «Je suppose que cela va entraîner une grosse discussion politique également», prédit encore Claude Wiseler.