[Karaté]
Warling, de l’argent au goût de l’or
K1 PREMIER LEAGUE DE RABATAprès des mois de galères, Jenny Warling est de retour au plus haut niveau. Elle décroche l’argent au Maroc. Sa première médaille à ce niveau depuis une éternité.
Les derniers mois n’ont pas été faciles pour Jenny Warling. La meilleure karatéka luxembourgeoise de l’histoire a dû composer avec une fédération qui a décidé de changer son entraîneur, mettant sur le côté Raphael Veras au début de l’année. On l’avait quittée sur une contre-performance aux championnats d’Europe, d’où, en plus d’une défaite dès le deuxième tour, elle était repartie blessée.
Un peu moins d’un mois plus tard, pour sa dernière compétition de l’année, c’est sous les couleurs de son club de Walferdange et non de la fédération que Jenny Warling avait décidé de s’inscrire. C’est donc en tant que Walferdangeoise coachée officiellement par sa copine Pola Giorgetti qu’elle s’est présentée, dès vendredi, sur les tatamis du K1 Premier League de Rabat.
Un parcours semé d’embûches pour la Luxembourgeoise. À commencer, d’entrée, par une défaite contre la Belge Ayah El Aidi (4-5). Heureusement pour elle, elle se reprend au combat suivant en dominant la Slovaque Nina Kvasnicova (1-0), troisième du classement mondial : «Ça a totalement relancé ma compétition», confie la combattante grand-ducale.
Qui a achevé son parcours en poule par un match nul 2-2 contre la Kazakhe Assemgul Yerdaulet. Mais comme elle a scoré en premier, elle bénéfice donc du senshu et se voit attribuer la victoire. Au final, elle et la Slovaque terminent en tête de leur poule, avec chacune deux victoires, mais comme elle avait battu Kvasnicova, c’est bien Jenny Warling qui se qualifie pour les quarts de finale de la compétition.
«Dix ans que j’attendais ça!»
Au terme d’un match serré, elle s’impose sur la plus petite des marges contre la jeune régionale de l’étape, Roumayssae Tarkou (1-0), le même score qu’en demi-finale, où elle prend le dessus sur la Japonais Airi Shima (1-0) : «C’était extrêmement serré, j’ai marqué le point décisif dans les dernières secondes.»
C’est ainsi que Jenny Warling a décroché une sublime place en finale : «C’est très particulier. C’est la première fois depuis dix ans que j’atteins une finale et ma dernière médaille remonte à Moscou, en 2021, avec le bronze.»
Pour Jenny Warling, le simple fait de se retrouver en finale était déjà, en soi, une victoire. Bien sûr, la cerise sur le gâteau aurait été d’aller chercher l’or, comme à Rotterdam en 2016. Malheureusement, elle est tombée sur une adversaire plus forte, ce dimanche en début d’après-midi. En effet, c’est la Japonaise Rina Kodo, neuvième mondiale, qui va s’imposer (6-1) : «Elle a marqué le premier point, ensuite j’égalise, mais elle demande la révision vidéo et elle marque aussi un point. Ensuite, chaque fois que j’ai essayé quelque chose, elle était dans le bon timing, elle avait la bonne réaction. Elle a pris les bonnes décisions au bon moment. Et finalement, tout s’est joué sur le premier point.»
Mais cette défaite en finale n’est pas du genre à tempérer son enthousiasme : «Je suis trop contente. C’est énorme. J’ai attendu tellement d’années pour me retrouver en finale. Cela fait dix ans. Je suis très contente et satisfaite avec l’argent. Cela montre que le travail, la patience et la confiance en soi finissent toujours par porter leurs fruits. Et qu’à 32 ans, je peux encore rivaliser avec les meilleures du monde.»
Place maintenant à des vacances bien méritées. Avant de penser à la suite sur les tatamis… ou pas.