[Athlétisme]
Van der Weken, du retard à l’allumage
CHAMPIONNATS DU MONDE INDOOR, À TORUŃPatrizia Van der Weken a malheureusement raté son départ dans une finale qui a vu l’Italienne Zaynab Dosso être sacrée, samedi soir.
De notre envoyé spécial à Toruń, Romain Haas
Quand on arrive à une compétition avec la troisième meilleure performance mondiale de la saison, forcément on a des ambitions. Et Patrizia Van der Weken ne les cachait pas : «Il faut survivre à tous les tours. Et une fois en finale, tout est possible. Je ne m’interdis rien», confiait-elle à deux jours de son entrée en lice, du côté de l’Arena de Toruń.
Seulement 60 m, c’est très, très court. Et la moindre petite erreur peut avoir des conséquences définitives. Surtout à ce niveau et avec un tel plateau. Qui n’avait clairement rien à voir avec celui des Mondiaux de Nankin, l’an passé, où l’Ettelbruckoise avait remporté le bronze, deux semaines après le même métal aux Europe à Apeldoorn. Cette fois, en Pologne, toutes les meilleures mondiales étaient présentes, hormis peut-être la Jamaïcaine Tia Clayton.
Bien sûr, la série, en fin de matinée, n’était qu’une petite mise en bouche. Et alors que certaines ont tenu à marquer leur territoire en frappant fort d’entrée, l’Ettelbruckoise a préféré s’économiser, avec une victoire tranquille en 7″14.
En début de soirée, les choses sérieuses débutent vraiment, avec les demi-finales. Patrizia Van der Weken, qui a évité la première série où figuraient quatre cadors, boucle sa course en deuxième position derrière la Jamaïcaine Jonielle Smith (7″03) et surtout avec un excellent chrono : 7″05. Tout simplement son deuxième meilleur temps en carrière. Pour rappel, aux Pays-Bas et en Chine, elle avait couru en 7″06 pour aller chercher la médaille.
Les pièces du puzzle pas toutes réunies
Une heure plus tard, les huit filles les plus rapides de la planète sont sur la ligne de départ. Depuis le début de la journée, l’Italienne Zaynab Dosso, vice-championne du monde et championne d’Europe en titre, a été très impressionnante. Et fait figure de favorite. De son côté, Patrizia Van der Weken aborde cet ultime rendez-vous avec le septième chrono des engagées.
Mais au coup de feu, rien ne se passe comme prévu pour la protégée d’Arnaud Starck, qui reste littéralement coincée dans les starts : «Elle rate complètement sa mise en action. Elle a tout de suite deux mètres de retard et elle traîne ça jusqu’à la fin de la course», constate son coach.
Devant, Zaynab Dosso va aller chercher son premier titre mondial en 7″00 devant l’Américaine Jacious Sears, deuxième, et la Saint-Lucienne, championne olympique à Paris, Julien Alfred, créditées toutes les deux de 7″03.
Mais derrière, la Luxembourgeoise se bat contre le retard initial. Elle jette toutes ses forces dans la bataille, mais le mal est fait. Elle franchit la ligne en 7″10, en huitième position après «une course ratée», comme elle l’explique quelques instants plus tard en zone mixte.
Forcément, il y a de la déception sur le moment. Terminer huitième alors qu’on est troisième des bilans mondiaux, ça n’est pas le résultat attendu. Bien sûr, elle espérait bien mieux que de terminer dernière en finale. Mais on l’a dit, à un tel niveau d’excellence, chaque détail compte. Et samedi soir, toutes les pièces du puzzle n’étaient tout simplement pas réunies : «Ce n’était pas ma journée», résumera-t-elle.
Cette (relative) contre-performance n’enlève rien à la magnifique saison indoor de Patrizia Van der Weken, qui confirme année après année qu’elle fait partie du gotha du sprint mondial avec une nouvelle finale en grand championnat.
La progression affichée tout cet hiver et notamment une vitesse max jamais atteinte auparavant sont des éléments très encourageants en vue d’une saison estivale qui aura pour point d’orgue, les championnats d’Europe de Birmingham. Où Patrizia Van der Weken aura clairement son mot à dire!