[Football]
Une statue pour Carlson? Peut-être pas, mais un statut…
[SÉLECTION NATIONALE] On ne lui a jamais vraiment accordé le statut de cadre chez les Rout Léiwen. Il serait peut-être temps.
On s’est peut-être ému un peu trop intensément de l’absence longue durée très gênante de Seid Korac après sa rupture des croisés. Le très solide défenseur du Hellas Vérone, après «seulement» 23 capes avec les Rout Léiwen, s’est ainsi retrouvé propulsé dans la catégorie des «piliers», rejoignant rien de moins que Christopher Martins (83 sélections) et, depuis samedi soir, Danel Sinani (82). Il faut bien l’avouer : sur le papier, ce n’est historiquement pas le même standing.
Et pour l’ancien Rodangeois, c’est visiblement allé plus vite que pour d’autres : Dirk Carlson, qui pèse lui 74 rendez-vous internationaux avec le Luxembourg, semble toujours être regardé avec les yeux d’avant 2023, quand il était la simple doublure de Maxime Chanot dans l’axe et en compétition avec Mica Pinto à gauche.
N’est-il pas aussi «victime», un peu, des étalages d’émotion de sa prime jeunesse, quand il était visible que le combat lui tenait lieu d’ADN et que la rage affichée sur le terrain semblait peu compatible avec les vertus qu’on attend d’un leader, dont le calme, la sérénité, la maîtrise des sentiments?
Ce sera Óskarsson contre Carlson!
Dans la foulée de deux interventions décisives en fin de match à Plovdiv (une faute tactique sur contre-attaque et un jaillissement dans la surface pour devancer son attaquant sur un centre en retrait), il faudrait pourtant commencer, lentement, à le considérer pour ce qu’il est : un cador. Le quinzième joueur de l’histoire du pays, en capacité de rejoindre d’ici à la fin de la campagne de Nations League un Aurélien Joachim (80) qui n’était pas un perdreau de l’année, le cinquième joueur le plus capé en activité, ex æquo avec Barreiro, devancé par Anthony Moris (82), Danel Sinani (83), «Kiki» Martins (83) et Laurent Jans (124).
Tous ont un statut. Lui, moins. Mais si l’on peut composer avec cette petite injustice, lui tordre le coup permet surtout de se tranquilliser à un moment où trois joueurs majeurs, un par ligne, font défaut au moment d’affronter l’Islande. En face, il y aura le meneur de jeu de Lille, Hákon Haraldsson, qui pèse 30 millions d’euros, mais aussi le buteur de la Real Sociedad, Orri Óskarsson, 20 millions. Peu importe, les Lions auront eux Dirk Carlson!
Batoumi divise ses buts par deux!
On ne se mesure pas à ce qu’on pèse. L’ancien petit joueur de Lintgen, Merl et le RFCU, a beau être pointé à 400 000 euros de valeur marchande par le site Transfermarkt, Carlson est sur une dynamique qu’on a tendance à minimiser.
Depuis octobre 2023, il n’est ainsi plus sorti du onze de base luxembourgeoise quand il était disponible. Il n’a raté que deux rencontres : la funeste demi-finale des barrages de Nations League contre la Géorgie à cause d’une déchirure musculaire et un déplacement en Slovaquie lors des éliminatoires du Mondial parce qu’il avait été expulsé quelques jours plus tôt en Allemagne. Cela le laisse avec… vingt-cinq titularisations consécutives. Seul Laurent Jans (26) a fait mieux, sur cette période.
Il y a aussi ses performances de club, qui n’en finissent plus de plaider pour lui. Son acclimatation express à l’Erovnuli Liga, en atteste.
Depuis qu’il est arrivé au Dinamo Batoumi, en provenance d’un Sankt Pölten où il était devenu capitaine, son club n’a plus perdu un match et est passé de la 4e à la 1re place provisoire du championnat. Qualifié pour les demi-finales de la Coupe, il n’a pas raté une seule minute d’un seul match, remportant neuf victoires, concédant deux nuls, cumulant six clean sheets. Si bien qu’avant lui, Batoumi encaissait 1,58 but en moyenne par match. Avec lui, c’est tombé à 0,75.
On lui construira peut-être une statue sur les bords de la mer Noire, en fin d’année. Au Grand-Duché, il se contentera d’un statut.