[Football]

Une classe d’écart, encore… mais pas de quoi rougir

[ÉLIMINATOIRES du MONDIAL-2027] Comme contre l’Écosse et Israël, la marche était trop haute, vendredi en Belgique, pour les Rout Léiwinnen, battues 6-0 à Louvain. Mais tout sauf ridicules.

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Dans le pressing et l'engagement, la capitaine luxembourgeoise Laura Miller a souvent montré l'exemple à ses coéquipières.
Dans le pressing et l'engagement, la capitaine luxembourgeoise Laura Miller a souvent montré l'exemple à ses coéquipières.

Après le huis clos du BSC Stadium de Budaörs en avril, où elle s’était inclinée deux fois (6-0 et 1-3) contre Israël lors des 3e et 4e journées des éliminatoires du Mondial-2027, la sélection féminine du Luxembourg a eu droit à un petit bain de foule, vendredi au stade Den Dreef de Louvain, où plus de 4 000 supporters de la Belgique s’étaient pressés pour assister à ce qu’ils espéraient être un festival de buts des Red Flames.

Ceux-ci ont été exaucés, avec un succès 6-0 des joueuses locales, mais ils auront aussi peut-être été surpris, par moments, par l’opposition proposée à leurs favorites par la 115e nation au classement FIFA. Emballantes sur quelques séquences sans pour autant se montrer dangereuses, volontaires dans la bataille de l’entrejeu, Laura Miller et ses équipières ont, comme souvent à ce niveau – la Ligue B – qu’elles découvrent cette année, payé cash leurs erreurs et leur manque de réalisme défensif.

Leur soirée avait débuté par une mauvaise nouvelle, avant même que le coup d’envoi de leur match ne soit donné : le résultat, quelques minutes plus tôt, de l’Écosse, leader du groupe grâce à une meilleure différence de buts que la Belgique. Les Écossaises venaient d’en coller six à Israël, donc de porter leur goal-average à +18, contre +8 pour la Belgique, ce qui contraignait les Red Flames à gagner le plus largement possible pour réduire l’écart avant la dernière journée… voire à s’imposer par onze buts d’écart pour récupérer la première place sans plus attendre.

Miller et Kremer au diapason

Les choix d’Elísabet Gunnarsdóttir, la sélectionneuse islandaise de la Belgique, allaient dans ce sens, avec pas moins de cinq attaquantes dans le onze de départ. L’entame de match belge aussi, avec un centre dangereux devant la cage de Lucie Schlimé dès les première secondes de jeu. Mais passée cette première offensive, les Rout Léiwinnen se sont étonnamment bien installées dans le match, s’offrant quelques sorties de balles propres, mais aussi une situation chaude et un corner à la suite d’un coup franc excentré relâché par Nicky Evrard sans que Kimberley Dos Santos ou Hannah Dietrich n’en profitent.

Mais ces séquences séduisantes ont été douchées à la première occasion par la Belgique : en maîtrisant mal un centre venu de la droite, Andreia Faria a remis le ballon face au but pour Hannah Eurlings, qui a canardé Lucie Schlimé à bout portant (1-0, 11e). Derrière, les Red Flames, exceptionnellement vêtues de jaune, ont passé la seconde, et il s’en est fallu de quelques centimètres pour qu’un centre rentrant de Tessa Wullaert ne file au fond (14e), une minute avant que Mariam Toloba fracasse la barre (15e).

Mais la pression des 18es mondiales n’a pas tardé à payer : fraîchement auréolée, à 33 ans, de son sixième Soulier d’or – le troisième consécutif – récompensant la meilleure joueuse belge de la saison, Wullaert a amélioré son record de buts en sélection. Lancée par une tête d’Eurlings à la réception d’un dégagement dévissé de Schlimé, l’attaquante de l’Inter Milan a lobé la gardienne luxembourgeoise et inscrit son 102e pion international, le soir de sa 157e cape (2-0, 19e).

Il y avait alors matière à craindre un déluge pour les joueuses de Cristina Correia et Daniel Zirbes. Mais elles ne se sont pas démontées, loin de là. Ni dans le jeu, et encore moins dans les duels, un domaine où Laura Miller et Emma Kremer, précieuse en défense centrale, ont donné le la. Par ses interventions, cette dernière a plusieurs fois retardé l’échéance en première période, tout comme Schlimé, auteure d’un superbe arrêt au sol pour permettre aux Lionnes de regagner les vestiaires avec seulement deux buts de retard.

Wullaert soigne ses stats, Schlimé limite la casse

À leur retour, un petit évènement s’est produit, avec la première entrée en jeu chez les A de la jeune Luana Carvalho (17 ans), qui évoluait en Ligue 2 luxembourgeoise cette saison. La joueuse de l’Entente Red Black/Steinsel n’a pas eu le temps de savourer : on ne jouait que depuis une poignée de secondes en deuxième période quand Wullaert a converti un caviar d’Aurélie Reynders, elle aussi sortie du banc, pour s’offrir le doublé et tripler la mise (3-0, 46e).

La meilleure buteuse de l’histoire des Red Flames a ensuite été rejointe sur la pelouse du Den Dreef par son homologue luxembourgeoise Amy Thompson (56e), dont la carrière s’achèvera à l’issue du match retour, mardi à Esch. Dans un second acte à sens unique, la Differdangeoise n’a sans surprise eu que peu d’occasions de se mettre en évidence. Au contraire la n° 9 belge, auteure en force d’un triplé sur un service d’une autre entrante, Lore Jacobs (4-0, 66e).

En Italie, la future ex-joueuse de l’Inter, élue meilleure attaquante de Serie A cette saison, a visiblement appris à parler avec ses mains, et celles-ci étaient claires : elle en voulait encore. Message reçu cinq sur cinq par Jill Janssens, double buteuse à bout portant en deux minutes, d’abord de la tête (5-0, 74e) sur un centre d’Eurlings, puis du pied droit, après une superbe parade de Schlimé devant Elena Dhont (6-0, 76e).

Mais 6-0, c’était déjà bien assez, pour des Lionnes valeureuses et intéressantes par séquences. Alors, Schlimé, globalement très solide malgré l’ampleur du score, a dit stop : après avoir remporté du bout du pied son duel avec Dhont, la gardienne du SC Sand s’est bien couchée sur la dernière tentative de l’attaquante belge. Le match dans le match reprendra mardi au stade de la Frontière, où les Belges seront dans l’obligation de marquer encore plus pour espérer coiffer l’Écosse. Il faudra encore une grande Lucie Schlimé pour limiter la casse.

De notre envoyé spécial à Louvain, Simon Butel

Groupe B4

Vendredi

Écosse – Israël 6-0

Belgique – Luxembourg 6-0

Mardi

19 h : Israël – Écosse

Luxembourg – Belgique

Classement : 1. Écosse 11 (5;+18); 2. Belgique 11 (5;+14); 3. Israël 6 (5;0); 4. Luxembourg 0 (5;-26).

Belgique – Luxembourg 6-0 (2-0)

Stade Den Dreef. Excellente pelouse. Arbitrage de Mme Terteleac (Rou). 4 137 spectateurs.

Évolution du score : 1-0 Eurlings (11e), 2-0 Wullaert (19e), 3-0 Wullaert (46e), 4-0 Wullaert (66e), 5-0 Janssens (74e), 6-0 Janssens (76e).

Carton jaune : Freymann (90+3) pour le Luxembourg.

Belgique : Evrard – Mertens, Tysiak, Cayman, Janssen (63e Mathys) – Toloba (46e Reynders), Teulings, Vanzeir (63e Jacobs) – Janssens, Wullaert, Eurlings (74e Dhont).

Luxembourg : Schlimé – Lavinas (46e Carvalho), Faria (89e Freymann), Estevez, Kremer, Miny – Miller, Kocan (89e Besch), C. Schmit – Dietrich (56e Thompson), Dos Santos (72e Machado).

VESTIAIRES : «On leur a fait des cadeaux»

Charlotte Schmit (Luxembourg) : «On était vraiment contentes de jouer devant autant de gens, mais on n’est pas vraiment contentes du résultat. On a fait un meilleur match que contre Israël, mais il faut essayer d’encaisser moins de buts : 6-0, c’est trop. On a pris des buts trop faciles, il faut améliorer ça. C’est vrai, l’équipe prend confiance dans le jeu, mais finalement c’est le résultat qui compte, et il faut faire mieux à ce niveau-là.»

Laura Miller (Luxembourg) : «On est frustrées, car on a pas fait si mal que ça. Mais on donne des cadeaux encore, comme à chaque fois, et on n’est pas assez réactives au début. Après, n’oublions pas que la Belgique a joué en Ligue A, ça s’est vu sur le terrain, mais on leur a fait des cadeaux, on n’était pas assez dures dans les duels dans la surface. C’est un processus, on va apprendre, et on va tâcher d’améliorer ça dès le prochain match.»

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