Futsal

Un peu, Bocum, passionnément, à la folie...

[LIGUE DES CHAMPIONS] Le capitaine et défenseur du club, Rafael Bocum mène de front son tournoi et son emploi de livreur. Un enfer physique?

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Trois joueurs des Red Boys Differdange en tenue rouge échangent avant leur match de futsal contre Doukas.
Quand des joueurs qui ont eu droit au congés sportifs entourent un travailleur de l'extrême, ça vaut bien de se lâcher un peu.

La logique «équipes pros contre hôte amateur» est au coeur de ce tournoi. Alors avec ce déséquilibre des rythmes de vie, les congés sportifs accordés pour la semaine de compétition, c'est une invention géniale... quand on en a!

Ce qui n'est pas nécessairement le cas quand on vient de changer de travail et qu'on n'a pas l'ancienneté qu'il faut pour prétendre à faire passer le futsal avant les obligations professionnelles.

Ainsi, deux à trois joueurs de l'effectif differdangeois doivent eux se lever aux aurores en évitant de réveiller les petits copains qui dorment dans la même chambre qu'eux, dans l'auberge qu'ils occupent aux alentours de Lasauvage. «Moi, c'est 6 h 30 du matin mais je suis discret, rigole Rafael Bocum, capitaine du FCD03. Parce que je dois aller récupérer ma camionnette au dépôt de Bettembourg et c'est un vrai bordel à cette heure. C'est que ma tournée commence à 8 h 30». Et le match à 20 h.

Pendant ques les Grecs de Doukas, les Arméniens d'Unisport et les Lituaniens de Zalgiris s'étirent tranquilles avec une biscotte beurrée et un café, avant de penser à leur récupération, le défenseur differdangeois, chauffeur Fedex, est déjà sur la route.

«J'espère que mon chef dira oui»

Chaque jour, c'est un minimum de 70 à 80 kilomètres sur une tounée aux alentours de la capitale, que le numéro 3 doit s'enfourner. Il l'a faite mardi avant de battre Doukas (2-4), mercredi avant de perdre contre Unisport (3-5), jeudi (en s'autorisant «quinze minutes de pause pour manger») avant de se reposer un peu en soirée puisque le tournoi faisait relâche, et va devoir la faire ce vendredi.

«Mais j'ai exceptionnellement demandé à pouvoir finir plus tôt», assure le Portugais, arrivé au pays il y a six ans : «J'espère que mon chef dira oui! Mais il aime le futsal et sera présent au match en soirée, donc...» Donc a priori, ce sera oui.

Physiquement, Bocum assure que «ça va». «Le staff nous a donné des protéines, des trucs de récupération et pour moi, c'est une question d'habitude». Dans sa camionnette, compressé derrière son volant, en stress pour tenir les horaires, il aura encore une dernière fois le temps de mentaliser ce qu'il faudra faire pour espérer passer,en soirée, dans son deuxième boulot. «Il faudra être plus réalistes que sur les deux prochains matches».

Mais vendredi soir, quoiqu'il arrive, pour lui, ce sera direction Longwy, où il vient de s'installer pour un week-end en famille, avec ses trois enfants, à ne surtout rien faire!

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