[Athlétisme]

Starck, les starting-blocks de la discorde

Au-delà de la déception de voir son athlète terminer dernière de sa finale, Arnaud Starck se montrait remonté.

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Arnaud Starck est au moins aussi frustré que son athlète.
Arnaud Starck est au moins aussi frustré que son athlète.

C’est un Arnaud Starck toujours pince-sans-rire mais qui en avait clairement gros sur le cœur, qui a pris le temps, à chaud, de revenir sur cette finale. Quelques minutes après le sacre de Zaynab Dosso et la huitième place de Patrizia Van der Weken.

Sur le plan purement factuel, cet amateur de data est impitoyable : «Sur un 60 m, il suffit d’une petite faute pour que tout soit remis en question. Clairement, elle rate son départ. Il n’est pas bon. Sa sortie de bloc n’est pas bonne. Il y a un problème dans le bloc alors que, d’habitude, elle est assez fiable. Là, aux 10 m, elle est déjà très loin.»

Voilà pour le factuel. Après, il pointe du doigt ce vrai souci rencontré par sa protégée dans cette finale. Et dans cette compétition : «Il faut savoir qu’il existe trois marques de starts : Omega pour les JO, les Diamond League, etc., Polanik pour les championnats d’Europe et quelques gros meetings. Et Seiko pour les championnats du monde. Au Luxembourg on a deux sortes de blocs. Et pas les Seiko», bouillait-il.

La nuit portant conseil, il a tenu à préciser ses propos : «Le haut niveau se joue sur une somme de microdétails : disposer, par exemple, d’un matériel Seiko identique à celui utilisé lors des compétitions mondiales, notamment les starting-blocks, fait partie des exigences indispensables. Cela rend d’autant plus essentiel le soutien total de toutes les institutions susceptibles de contribuer au succès et à la réussite des athlètes.» Il fait notamment référence au LIHPS : «dont les récentes évolutions vont dans le bon sens».

Arnaud Starck, qui avait envoyé un mail en mars dernier pour évoquer la nécessité de se doter dudit équipement sait que la communication est essentielle : «Je suis convaincu que l’ensemble de l’environnement identifié autour de l’athlète peut et doit mieux faire. Moi, le premier!» Dont acte.

«Une performance se construit sur des détails»

Les fameux starting-blocks.
Les fameux starting-blocks.

Pour le commun des mortels, rien en ressemble plus à des starting-blocks que des starting-blocks. Mais visiblement, ce n’est pas du tout le cas : «La différence? Tu prends deux mètres sur le départ. Si tu n’as pas d’appui, tu n’as pas de projection. Le seul moment où tu peux t’entraîner dessus, c’est à l’entraînement pré-compétition. Et souvent tu n’as pas assez de temps pour t’adapter.»

Bien sûr, les blocs ne sont pas la seule raison pour expliquer la «contre-performance» de Patrizia Van der Weken mais ça fait partie d’un tout : «Une performance se construit sur des détails.»

Arnaud Starck est au moins aussi frustré que son athlète : «Oui, car je sais ce qu’elle peut faire. Et de quoi elle est capable. C’est bien d’être en finale. Mais c’est quand même mieux d’être active et pas deux mètres derrière dès le départ.»

Il préfère terminer sur une note positive : «Sur la partie vitesse maximale, elle est bien meilleure que l’an dernier. C’est très prometteur. Elle a un chrono qui est quand même très solide. Elle court quand même en 7″05 en demies alors que son départ n’est pas bon. Tout cela, c’est très prometteur. Notamment pour la saison outdoor!»

R. H.

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