[Tennis]
Rodesch dans les starting-blocks
À Melbourne, Chris Rodesch, 24 ans, s’apprête à s’élancer dans les qualifications de l’Open d’Australie, le seul Grand Chelem auquel il n’a pas encore participé dans sa jeune carrière, après une grosse préparation.
La terre battue de Roland-Garros, le gazon de Wimbledon, puis le dur de l’US Open. Entre mai et août 2025, soit onze mois après s’être lancé à temps plein sur le circuit professionnel, Chris Rodesch, 207e joueur mondial, a disputé les qualifications de trois des quatre Majeur grâce à sa fulgurante ascension au classement ATP – il était classé au 648e rang planétaire au sortir de ses études à l’université de Virginie.
Il ne manquait plus que l’Open d’Australie à ajouter sur son CV, qui comporte, entres autres, sept titres sur le circuit Futures et un en Challenger. Ce sera chose faite en début de semaine puisque le Luxembourgeois sera sur le pont sur l’un des courts annexes du Melbourne Park.
Une perspective qui enchante le jeune homme : «C’est le rêve de chaque joueur de jouer les quatre Grand Chelem au moins une fois. Le fait d’avoir atteint cet objectif me rend fier. Et je réalise que je peux faire de bons trucs dans ce sport», explique le droitier. Et d’ajouter : «Les infrastructures ici et toutes les facilités sont une source de motivation. Le but, c’est de disputer chaque semaine des tournois ATP.»
Pour y parvenir, le n° 1 grand-ducal a mis toutes les chances de son côté en effectuant une sacrée préparation débutée mi-novembre par deux semaines axées sur le physique. «Ensuite, on a repris les entraînements tennis. Je suis aussi allé une semaine en Suisse afin de m’entraîner avec des sparrings très forts. Je dirais que cette préparation correspond à un joueur du top 200 voire 100. Je me sens prêt», détaille-t-il.
«J’ai vraiment investi en moi, poursuit le licencié du TC Schifflange. Ainsi que financièrement parce que ça coûte de faire une telle préparation, mais c’est nécessaire pour le futur.» En plus, Chris Rodesch a étoffé son staff en s’offrant les services du Suédois Peter Carlsson et de la légende locale, Gilles Muller, à ses côtés en Australie. Ils formeront un trio avec Anders Johansson.
Le top 100 dans un coin de la tête
«Être entouré par des coachs qui ont autant d’expérience sur le circuit me procure beaucoup de plaisir. C’est important d’avoir des personnes comme eux dans mon entourage. Et puis en 2025, j’étais seul sur certains tournois. Dorénavant, je serais presque à chaque fois avec un entraîneur, c’est ce qu’il me faut à ce niveau.»
Rien n’a donc été laissé au hasard et cela semble déjà porter ses fruits. «À Canberra (NDLR : pour sa reprise lors d’un Challenger), cela s’est quand même bien passé : j’ai disputé quatre matches et j’en ai gagné trois. Celui que je perds, j’ai un peu joué de malchance, mais je trouve que j’ai affiché un bon niveau. Ce qui me donne confiance pour l’Open d’Australie», indique le Luxembourgeois.
«Je crois avoir confirmé sur les points que j’ai travaillés pendant la présaison, enchaîne-t-il. Je me suis senti plus à l’aise dans les longs rallyes, c’est le résultat du travail d’endurance. Pour le service, je cherchais à être encore plus constant et trouver davantage les zones. Je suis content de ce que j’ai fait sur ce premier tournoi car mon pourcentage de points gagnés sur mon service était bon.»
Reste encore à être plus efficace au retour, secteur de jeu dans lequel il concède lui-même avoir de petites lacunes. «Je ne suis pas au niveau où je voudrais être, je dois être plus stable dans mes frappes. Cela viendra avec beaucoup de travail, le chemin est encore long», souligne celui qui a décroché un maintien confortable en fin d’année avec son club de Thionville au championnat de France de Pro A.
Et qui entend bien franchir un nouveau palier cette saison : «En 2025, je suis entré dans le top 150. Mon prochain but ? Intégrer le top 100. Si j’y parviens cette année, ce serait très beau. Mais je ne me mets pas trop de pression. Avec mon expérience, je sais qu’il faut beaucoup de patience. L’idée, c’est de me donner chaque jour à 100% et si je n’ai pas le potentiel alors au moins je n’aurai pas de regrets.»