[Football]
Ricky Delgado : «Il n’est pas question d’arrêter là-dessus!»
[BGL Ligue] Le défenseur central du Progrès a le moral malgré sa rupture des croisés. Opéré pour de bon fin septembre, il compte revenir et aider le projet niederkornois à grandir à partir de 2027.
Qu’est-ce qu’on se dit quand on se faitles croisés à 32 ans?
Ricky Delgado : En tout cas, je sais ce que les gens te disent, c’est que ce sera «dur de revenir». Moi, franchement, je préfère me les être faits là, maintenant, passé 30 ans et d’avoir pu avoir une carrière en n’étant pas trop embêté, qu’au tout début de ma carrière. Vous savez, je me suis abîmé la cheville en 2019 et ça m’a bien impacté, dans le jeu. Alors je préfère avoir fait l’essentiel de ma carrière avec un bon genou qu’un genou de deuxième main! S’il faut remettre les pendules à l’heure, alos j’aimerais rappeler que j’ai deux titres de champion, quatre finales de Coupe (NDLR : pour une victoire, en 2013), une qualif’ en phase de groupes de l’Europa League avec le F91, ce qu’aucun club au pays n’a refait depuis. Sans compter la sélection (NDLR : dix capes)! Alors oui, je suis vraiment content de ne m’être fait ça que maintenant.
C’est vraiment ce qu’on se dit?
Ah on se dit aussi qu’il n’est pas question d’arrêter là-dessus! Je compte bien passer la barre des 300 matches en BGL Ligue, qui n’est plus très loin (NDLR : il en compte 280). Je vais revenir pour ça et plus encore!
C’est pour ça que vous aviez quand même le sourire en marge du Progrès – Strassen de dimanche, entre votre nouvelle et votre ancienne équipe.
Ah mais c’est dur quand même! Le moment le plus compliqué, ça a été quand je suis rentré à la maison après ma première opération au ménisque -la seconde, pour les croisés, est prévue fin septembre-. C’est là que j’ai pris conscience de ce qui m’attendait.
Et bien justement : qu’est-ce qui vous attend?
Je venais d’intégrer l’école de la police. Donc si je peux passer les examens théoriques même en étant en arrêt maladie, il va falloir que je passe les examens physiques en rattrapage. Quand ce sera possible. La revalidation, même si j’appartiens toujours à Strassen, je vais la faire avec le Progrès et avec mon kiné à Esch, parce que c’est pratique u que je ne peux pas trop me déplacer. Mais comme c’est justement… le kiné de Strassen, je vais alterner entre les kinés des deux clubs, qui essaieront de faire un boulot complémentaire.
Comment l’avenir se présente-t-il? Comment fait-on quand on est prêté pour un an à un club pour lequel on aura joué deux matches seulement?
Juste après l’IRM de contrôle qui validait le diagnostic, Thomas Gilgemann est venu me voir et m’a dit que le club n’allait pas me laisser tomber. Il était dégoûté pour moi, et moi j’étais dégoûté de ne pas pouvoir offrir plus à son projet sportif. Je dirais que je n’en ai pas fini avec le Progrès. Mon chapitre niederkornois pourrait durer plus longtemps.
Le départ de Strassen, ce n’était pas de mon plein gré, on m’a dirigé vers la sortie, pour ne pas dire plus
Comment la séparation avec l’UNA s’est-elle formalisée? Aucune chance d’y retourner?
Je ne sais pas trop comment le dire mais disons que ce n’était pas trop mon choix. Non, ce départ, ce n’était pas de mon plein gré, on m’a dirigé vers la sortie, pour ne pas dire plus. Mais après, le projet du Progrès m’a plu. J’ai senti les choses arriver quand Touré et Gueye sont arrivés. Et puis les dirigeants n’ont pas fait de langue de bois. Ils ont même été très clairs et je crois que je peux les en remercier. S’ils avaient tergiversé, peut-être que je serais reparti pour une saison galère avec eux? Il faut dire qu’on a tous été déçus par ma dernière saison. Je pars pour devenir titulaire et puis d’un coup, plus rien. Et je suis rentré dans un cercle vicieux. En effet, à des moments, j’estimais que j’aurais dû jouer mais après, on ne change pas une équipe qui gagne. Et au seul moment où tous les défenseurs sont blessés, moi, je suis touché au dos. Alors je comprends que les dirigeants aient cherché d’autres profils. Et se montrent clairs. Comme ça, c’est mieux.
C’est un gros effort financier, de passer de Strassen au Progrès?
Je ne vais pas cacher que oui. Mais c’est entre gentlemen donc c’est un effort compensé par les deux clubs. Je perds un peu mais tout le monde fait un effort. Le Progrès autant que Strassen, qui a payé une partie de la différence et que pour moi, ce ne soi pas trop violent. L’argent, ce n’est pas tout et je n’y suis pas particulièrement attaché, mais c’est quand même important parce qu’on a des factures à payer.