[Football]
RFCU : les raisons d’un départ canon
[BGL LIGUE] Leader après trois journées, le Racing doit ce statut quelque peu inattendu à son calendrier, mais aussi à la manière dont il s’est reconstruit cet été, sur le mercato et sur le terrain.
L’an passé à la même époque, le RFCU était lanterne rouge de BGL Ligue avec un point en trois journées, un bilan indigne de son statut d’Européen (4e en 2024/2025, il avait disputé le 1er tour de la Ligue Conférence). Avec trois succès en autant de matches, un total qu’il avait mis 11 journées à atteindre en 2025, et une différence de buts très avantageuse (+10), le voilà leader du championnat à égalité avec deux des favoris supposés, Strassen et Mondorf, et un cador retrouvé, le Progrès. À quoi tient cette entrée en matière parfaite du club de la capitale? Éléments de réponse avec son directeur sportif et ancien gardien Romain Ruffier, qui s’est retiré des terrains cet été.
Un calendrier abordable
En dehors du promu ettelbruckois (12e, 1 pt) et de la galère hesperangeoise (16e, -12 pts), les trois clubs n’ayant encore remporté aucune rencontre ont en commun d’avoir déjà affronté plusieurs Européens : deux pour la Jeunesse (Bissen et Strassen) et Rosport (Strassen et Mondorf), et même trois pour le F91 (Bissen, Strassen et Mondorf), ce qui explique en partie leur entame décevante au niveau comptable. Sans parler d’adversaires «faciles, car il n’y en a aucun en BGL Ligue», le Racing a lui «évité les cadors» et croisé «des équipes à (sa) portée», Käerjeng (5-1), Etzella (0-1) et le Swift (5-0) dans cet ordre.
Alors que ce calendrier abordable était l’occasion de «prendre confiance» après un exercice contrasté (7e) et à l’aube d’un «nouveau projet», le RFCU va voir la pente s’élever, dimanche à Differdange (5e, 6e pts), chez le vice-champion 2026 (et double champion 2024 et 2025). Son premier vrai test de la saison? «Les premiers matches étaient aussi de vrais tests», nuance Romain Ruffier.
Déjà d’attaque…
À quelques jours de la reprise du championnat, et au sortir d’une préparation où son attaque était restée muette à trois reprises, Stéphane Masala, le nouveau coach du Racing, se disait «pas satisfait» de la production offensive de ses troupes, désormais disposées en 4-2-3-1 après avoir souvent joué à trois derrière sous Sébastien Grandjean. Tout cela semble loin : portés par un Dominik Stolz ragaillardi dans une position de n° 10 et déjà auteur de 5 buts (seulement trois de moins que sur l’ensemble de la saison 2025/2026), les Bleu Ciel et Blanc ont planté 11 fois.
Outre le vétéran allemand (36 ans), la meilleure attaque du championnat bénéficie de la bonne forme initiale de Ronan Matuvangua, bouillant en ouverture du championnat contre Käerjeng (un but, deux passes décisives, note de 9/10) et en sortie de banc dimanche contre le Swift (deux buts) et qui a donc presque autant «staté» que sur ses six premiers mois dans la capitale (3 buts, 3 p.d.), et sur la science du «phénomène» Moussa Kanté, auteur de trois offrandes dans un rôle nouveau d’ailier droit, lui qui jouait relayeur depuis sa signature l’hiver dernier.
… et plus solide
Mais si les dernières saisons couronnées d’Europe dans la capitale ont toujours porté le sceau d’individualités offensives (Dembélé et Mabella en 2020/21, Mabella, Rossi et Françoise en 2021/22, Mabella, Mazié et Pina Gomes en 2024/25), la course à une qualification continentale passe aussi par une assise défensive forte et dans ce domaine, le Racing avait du boulot cet été.
«La saison dernière, on a marqué le même nombre de buts en championnat (50) que l’année précédente avec Mabella, note Ruffier. Mais on en a encaissé le double (48 contre 22)… Il fallait absolument renforcer l’aspect défensif.» Avec un seul but concédé par son nouveau portier, l’international malgache Sonny Laiton (ex-Auxerre et Beggen), c’est pour l’instant chose faite, avant de passer au révélateur differdangeois. Et ce, même si les hommes n’ont pas vraiment changé : outre le Cap-Verdien Marcelo Bissaka, tous étaient déjà là en 2024/2025.
Un banc qui pèse
Si Stéphane Masala a effectué trois changements dans son onze de départ entre les 2e et 3e journées, une première équipe-type semble se dégager après trois semaines de compétition (Laiton – Delferrière, Mabanza, Kada, Lesquoy – Ikene, Freire – Kanté, Stolz, Matuvangua – Zaki). Celle-ci avait plié l’affaire en à peine plus d’une mi-temps (4-1 à la pause, 5-1 à la 46e) contre Käerjeng, mais c’est bien le banc qui a fait la différence lors des deux matches suivants.
À Ettelbruck, c’est l’entrant Bissaka qui a offert la victoire au Racing en toute fin de match (0-1, 87e). Dimanche, contre Hesperange, Matuvangua «a tout changé» pour un RFCU muet avant son apparition au retour des vestiaires, en ouvrant notamment le score six minutes seulement après son entrée. «C’est important d’avoir un banc, un effectif plus complet», apprécie le directeur sportif, pour qui l’équipe de la capitale est mieux dotée cette saison, «pas en quantité, mais en qualité». Assez pour se mêler durablement à la course à l’Europe?