[Football]
René Peters : «J’aime les joueurs compliqués»
[ÉLIMINATOIRES DE L’EURO U21] Premier grand rendez-vous avec les espoirs pour René Peters, qui a succédé cet été à Mario Mutsch et s’élance avec une reprise folle à trois déplacements en huit jours.
À quoi ressemble l’organisation d’un déplacement qui va durer trois matches?
René Peters : Mercredi, on est partis pour Lugano en bus en s’arrêtant à Mulhouse pour se dégourdir les jambes. Mais ça fait quand même huit heures de trajet. Après le match contre les Suisses, on va à Milan pour prendre un avion à destination de Paris, où on reste quelques jours avant de s’envoler pour les Féroé puis de revenir vers Orléans pour le troisième match. Puis on reprend le bus pour rentrer. C’est casse-couilles.
Il faut un staff plus large?
Non, c’est le même nombre de kinés, chargés de matériel, officiels…, sinon c’est encore plus complexe en termes d’organisation. Et c’est déjà énorme comme ça : il a fallu que je fasse toute la programmation, dire quand je voulais m’entraîner, où on voulait dormir… Et après on m’a soumis des moyens de transport, des hôtels que je devais valider ou pas…
Et pendant dix jours, vos étudiants devront-ils en plus travailler pour l’école?
On a encore pas mal d’étudiants, oui, mais ils ont été libérés sans problème et sans avoir besoin de travailler sur leurs devoirs. Ils rattraperont après. Une chance que cette fenêtre internationale ne tombe pas en juin, au moment des examens.
L’objectif de ces matches, avec trois déplacements?
On n’est plus chez les gamins. On est là pour apprendre aussi le résultat parce que c’est ce qui importe si on veut envoyer ces jeunes chez les A. Si on joue un foot adulte, c’est là qu’ils deviendront intéressants pour les A. On ne jouera pas à la baballe mais pour prendre de la confiance, pour être costauds. Certains le sont déjà, d’autres sont encore des gamins. Environ la moitié du groupe.
Je me mets la pression et je la mets sur l’équipe
Il faut aller aux Féroé ou recevoir l’Estonie pour gagner absolument?
Oui. Absolument. On peut et on doit. Je me mets cette pression et je la mets sur l’équipe. Perdre contre les Îles Féroé à l’aller avait été très frustrant parce que ces matches, désormais, on les gagne dans les catégories U15, U17, U19. Alors, ça doit arriver aussi en U21.
La Suisse à l’aller (victoire 2-1), avait été un match référence pour cette génération. Est-il reproductible?
C’est vrai qu’il était très très bon, costaud. Mais la Suisse était dans un mauvais jour et, depuis, elle a changé de coach et c’est redevenu du très bon. Mais on y va avec l’ambition de reproduire la même performance.
Comment gérer les organismes, au fil de cet enchaînement fou?
J’ai pris 25 joueurs et ils sont tous susceptibles de jouer. Je ne me suis pas rendu la vie facile pour ma première fois avec les espoirs. Je vais devoir assumer qu’il n’y aura que vingt noms sur la feuille de match et que certains ne seront pas contents.
Comment la vivez-vous, d’ailleurs, cette grande première?
Avec les plus jeunes, on s’entraîne tout le temps ensemble au CFN. On les connaît. Là, on se retrouve avec certains garçons qu’on ne voit pas régulièrement, voire qu’on découvre complètement. Mais je n’aime pas prendre des échos avant, qu’on me dise des trucs, qu’on me mette en garde. Je préfère éviter. Je veux les découvrir par moi-même, sachant que j’aime bien les joueurs compliqués.
Un exemple?
Mohamed Benslaiman, que j’ai eu quatre ans avec moi au CFN. Bourré de talent pour garder le ballon, éliminer et aussi devant le but. Mais un caractère. Il faut être derrière lui, faire qu’il garde le focus sur le foot. Et j’adore ça.
Leur programme
Vendredi 25 sept.
19 h 30 : Suisse – Luxembourg
Mardi 30 sept.
18 h : Féroé – Luxembourg
Samedi 3 oct.
France – Luxembourg
Mardi 6 oct.
19 h 30 : Luxembourg – Estonie
Classement
1.France 16 (6;+17); 2. Suisse 14 (7;+5); 3. Islande 11 (7;+5); 4. Îles Féroé 9 (7;-7); 5. Luxembourg 4 (6;-7); 6. Estonie 2 (7;-13)