[Natation]
Record explosé, Rémi Fabiani en demies!
CHAMPIONNATS D’EUROPE À SAINT-DENIS En signant le 14e chrono des séries du 100 m, avec un record national explosé (48″44 contre 48″60), Rémi Fabiani a validé sa troisième participation à une demi-finale continentale.
«Pour avoir une chance de passer, il ne faudra pas battre le record, il faudra l’exploser!» Christophe Audot, l’entraîneur national, avait annoncé la couleur. Pour qu’un de ses nageurs puisse avoir l’occasion de nager l’après-midi, il allait falloir aller vite. Très vite!
Mais au vu de ce qui se passait à l’entraînement, ça pouvait le faire : «Il se passe quelque chose. Quand ils se mettent à l’eau, les autres coaches les regardent», indiquait le technicien à propos de Ralph Daleiden et Rémi Fabiani, les deux nageurs les plus attendus sur ces championnats d’Europe.
Et c’est vrai que les deux «Américains», qui s’entraîneront d’ailleurs tous les deux à ASU la saison prochaine, ont franchi des caps depuis qu’ils ont traversé l’Atlantique. S’ils ne font, bien sûr, pas – encore – partie du gratin mondial, les deux complices grimpent progressivement dans la hiérarchie.
Preuve en est, ils étaient tous deux engagés, ce mardi, dans la même série du 100 m nage libre, la 7e sur 10. Sachant que les dernières sont réservées aux meilleurs nageurs, on mesure que les deux athlètes ne sont plus des nageurs lambda.
Il y a deux ans, ils auraient pu être deux à Paris. Mais il avait fallu en choisir un et pour quelques points FINA, c’est Ralph Daleiden qui avait connu le bonheur d’une première participation aux JO. Forcément déçu, Rémi Fabiani était parti se ressourcer dans le Park Zion, dans l’Utah, en compagnie de celle qui est depuis devenue son épouse.
Et depuis, l’ancien de CBU a rejoint ASU et a fait des merveilles, s’imposant comme l’un des tout meilleurs nageurs du pays et remportant au passage trois titres NCAA en relais.
«Content de renager l’après-midi»
De son côté, Ralph Daleiden, détenteur du record national du 100 m nage libre (48″60), a connu une saison plus compliquée. Mais comme il l’expliquait dans nos colonnes, depuis son retour en Europe, il a repris confiance.
Les deux étaient donc sur le pont, ce mardi matin, dans le bassin du Centre aquatique olympique. Avec, en ligne de mire, une possible première qualification pour une course l’après-midi chez les grands. Bien sûr, la tâche s’annonçait immense : «Pour avoir une chance, ils ne devront pas battre le record national, ils devront l’exploser», confiait d’ailleurs Christophe Audot la veille.
Mais avec ces deux gaillards, véritables armoires à glace, on savait que le meilleur restait à venir. Et que, quoi qu’il se passe, ils allaient tout donner. Ce qu’on leur demandait était forcément compliqué : nager plus vite que jamais dans leur vie alors qu’on était le matin et que le corps est forcément moins performant que l’après-midi.
Engagé avec son meilleur chrono, Ralph Daleiden, premier Luxembourgeois de l’histoire sous les 49″, bénéficiait logiquement d’une meilleur ligne d’eau, la n°3, alors que son pote, qui est également passé sous cette barre (PB en 48″71), se postait au couloir 1.
Dès la cinquième série, un Danois a nagé sous le record luxembourgeois en 48″55. Comme prévu, il allait falloir nager beaucoup, beaucoup plus vite pour espérer avoir le droit de se produire devant les caméras le soir même.
Au moment de s’élancer, on voit tout de suite Rémi Fabiani avoir un bon rythme, c’est fluide, ça glisse bien. Il passe aux 50 m en deuxième position, en 23″12. Mais sur le retour, il accélère la cadence pour toucher le mur en tête. Avec, à la clef, un nouveau record national : 48″44, meilleur temps des séries jusque-là.
Il restait alors encore trois séries, trente nageurs. Et il fallait être dans les seize. Quelques instants plus tard, en zone mixte, Rémi Fabiani, qui, par rapport à la veille, avait rasé moustache et dos, demandait un peu de patience : «Je veux regarder les résultats. J’espère qu’il n’y en a pas huit qui vont me passer devant!» Qu’il se rassure, ce ne sera pas le cas. Le voilà pour la troisième fois en demi-finale européenne. Mais «c’est ma première à un niveau comme cela», se plaît-il à rappeler. En effet, la dernière fois, comme pour Ralph Daleiden, Finn Kemp ou Joao Carneiro d’ailleurs, c’était dans des conditions très particulières puisqu’à Belgrade, en 2024, il n’y avait pas les plus grandes nations comme la France, l’Italie ou les Pays-Bas notamment. Alors que cette année, elles sont toutes là!
De quoi savourer de se retrouver à la table des plus grands : «Pour le matin, je pense que c’est plutôt bien. Il y a des trucs à corriger. Je pars quand même un peu dans le vide. C’est dur de gérer son effort, j’aurais pu partir deux dixièmes plus vite et galérer jusqu’à la fin. Mais je pense que je fais une bonne course. Je suis content de renager le soir!» On le retrouvera sur le coup de 19 h 30.
En revanche, ça ne passe pas pour Ralph Daleiden, qui signe malgré tout son meilleur chrono de la saison (48″72), tout près de ce qui est désormais son ancien record national. Il se montre plutôt satisfait de sa prestation : «Je suis plutôt content. Je gère un peu moins bien les 100 m le matin, mais je pense que pour le 200, j’ai vraiment fait de bonnes choses à l’entraînement. Donc, sans me mettre de stress, je pense que ça peut bien marcher. Une belle PB, voire une demi-finale!» C’est tout le mal qu’on lui souhaite. Il sera de retour en action dès jeudi, pour ce qui est désormais sa course de prédilection, dont il est le recordman national (1’47″74).
De notre envoyé spécial à Paris, Romain Haas