[Athlétisme]
Rausch, sans regrets
Dans un contexte très relevé, Victoria Rausch n’a pas démérité (8″18). Mais il en manquait un peu pour aller plus loin.
C’est ce qu’on appelle le fait du prince. C’est en tout cas le sentiment que ça a donné quand la Bahaméenne Devynne Charlton, tenante du titre et recordwoman du monde en salle, qui avait visiblement raté son départ, a levé la main en signe de protestation. Une injonction tout de suite suivie du rappel de toutes les filles, à grand coup de pistolet : «J’avoue que je n’ai pas compris pourquoi ça a été rappelé», explique Victoria Rausch, engagée aux côtés de Charlton dans la quatrième des six séries du 60 m haies. Son coach, Arnaud Starck, abonde dans son sens : «Il n’y avait aucune raison de rappeler tout le monde. Mais si la recordwoman du monde fait des grands signes parce qu’elle rate son départ, le starter est dans l’émotion et c’est ce qu’il fait.»
Voilà ce qu’on retiendra d’une course dans laquelle, finalement, Victoria Rausch aura été à son niveau. Après avoir explosé son record national pour le porter à 8″08, au mois de janvier sur le CMCM, la sportive d’élite de l’armée luxembourgeoise avait malheureusement dû faire face à des pépins de santé à répétition, qui l’ont empêchée d’aller plus vite.
Si elle se disait globalement remise en arrivant en Pologne, elle n’avait pas pu s’exprimer comme elle l’aurait souhaité.
8″03 pour aller en demies
Pour ses premiers championnats du monde, il y avait un petit espoir d’aller chercher une qualification pour les demi-finales : «Si elle est aux alentours de son record, ça devrait passer.» Mais dans les faits, il fallait encore aller beaucoup plus vite pour s’inviter aux courses du soir. En effet, la 24e et dernière des six qualifiées au temps, la Canadienne Sienna MacDonald, a bouclé sa course en… 8″03 : «Le niveau était super dense». Pour rappel, l’an passé, il fallait courir en 8″11 pour s’ouvrir les portes des demies.
Victoria Rausch se classe septième de sa série, en 8″18 : «Je n’ai pas l’impression d’avoir raté ma course. Il me manquait juste un petit quelque chose pour aller plus vite», confiait-elle, avec le sourire, en zone mixte.
Son coach n’a pas vu, non plus, de grosses erreurs : «C’est une course très correcte, sans être au niveau de celle de son record national il y a deux mois. Mais entretemps, il s’est passé beaucoup de choses pour elle.»
Place à un peu de repos bien mérité. Avant d’attaquer une saison estivale où Victoria Rausch tentera de s’inviter à un nouveau gros rendez-vous international.
R. H.