Pluie de stars, émotion et frissons : le jubilé inoubliable de Robert Pirès à Saint-Symphorien

À bientôt 53 ans, l’ancienne star du FC Metz a réuni la planète football, ce mardi soir au stade Saint-Symphorien, pour un jubilé XXL à guichets fermés. Un mélange de sport, de câlins et de nostalgie heureuse.

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Christian Karembeu, Sidney Govou, Youri Djorkaeff, Samuel Eto’o, Aimé Jacquet, Franck Lebœuf et Marcel Desailly, entre autres stars, ont salué la carrière de Robert Pires à Saint-Symphorien.
Christian Karembeu, Sidney Govou, Youri Djorkaeff, Samuel Eto’o, Aimé Jacquet, Franck Lebœuf et Marcel Desailly, entre autres stars, ont salué la carrière de Robert Pires à Saint-Symphorien.

La boucle s’est enfin refermée. Avec quinze bonnes années de retard sur son dernier vrai match sous le maillot d’Aston Villa, Robert Pirèss’est offert le luxe d’arrêter le temps. Ce mardi soir, dans un stade Saint-Symphorien chauffé à blanc et plein à craquer – environ 28 000 spectateurs –, le champion du monde 1998 a célébré son jubilé. Une vraie fête de famille. Mais une famille où l’on croise des talents, des champions du monde et le gratin du foot mondial des trente dernières années.

Des vestiaires jusqu’au bord de la pelouse, le défilé permanent tenait carrément du vertige. Thierry Henry saluant Laurent Paganelli micro en main, Carlo Molinari échangeant des sourires complices avec les anciens de la maison grenat… Plus loin dans les coulisses, les souvenirs remontaient à la surface : Laurent Blanc et Arsène Wenger commentaient avec une délectation visible la une du Républicain lorrain publiée au lendemain de l’exploit mythique des Grenats à Barcelone en 1984. Tout le monde tenait absolument à en être. Franck Ribéry, Samuel Eto’o, Rigobert Song ou Marcel Desailly avaient fait le voyage en Moselle pour taper dans le cuir et choyer leur «frangin».

Sur la pelouse, le format avait été pensé sur mesure pour régaler les amoureux du jeu : trois tiers-temps de trente minutes opposant les héros du FC Metz des années 1990, les Légendes d’Arsenal et la bande des Pirès All Stars. «Robbie», le sourire éternel accroché aux lèvres, aura poussé le plaisir jusqu’à porter les trois maillots dans la même soirée, s’offrant le bonheur absolu de partager le terrain avec ses deux fils, Théo et Alessio.

Sur le pré, les pointures n’étaient pas venues pour faire de la figuration. D’entrée, Franck Ribéry secouait le cadre d’une reprise fulgurante sur la barre. Mais Arsenal trouvait la faille par Thierry Henry, avant que Patrick Vieira ne double la mise d’un plat du pied assuré. La délivrance est venue à 21 h 19 : d’une frappe croisée chirurgicale dont il a le secret, Robert Pirès faisait chavirer Saint-Symphorien.

Jacquet : «Robert mérite cet hommage»

Dans les couloirs du stade, Aimé Jacquet savourait la soirée : «Robert mérite cet hommage, sa carrière l’atteste. C’est un garçon d’une gentillesse exceptionnelle. Je suis très heureux d’être à Saint-Symphorien, un lieu où le football vit bien.» Même émotion chez ses vieux complices. «J’habitais avec lui, c’est lui qui me ramenait au stade», souriait Rigobert Song, vainqueur de la Coupe de la Ligue 1996 avec le club lorrain. Pour Lionel Charbonnier, champion du monde 98, repensant aux «pieds palmés» chaussés du 45 de l’ancien Messin, le constat est simple : «Robert, c’est la gentillesse incarnée.»

Organisée au profit d’associations (L’Exceptionnelle Mila et l’Institut de Myologie pour la recherche sur la maladie de Charcot), cette grande messe nostalgique aura rappelé à quel point le football sait être beau quand il s’écrit avec le cœur. Robert Pirèsa pris son temps pour tirer sa révérence. Mais la fête était à la hauteur du bonhomme : élégante, généreuse et inoubliable.

Maxime Rodhain

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