[Football]

Pas mal, pour un non-Mondialiste…

[Sélection nationale] Courte défaite pour les Rout Léiwen contre des U21 italiens plus matures qu’on aurait pu penser. Surtout devant.

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Sinani à la bagarre avec Comuzzo.
Sinani à la bagarre avec Comuzzo.

En 2014, la Squadra était partie se fracasser au premier tour du Mondial brésilien après un match nul (1-1) contre le Luxembourg. Douze ans plus tard, elle ne franchira cette fois même pas l’Atlantique, mais ses espoirs sont venus battre le Grand-Duché en maîtrisant relativement bien leur premier grand événement international chez les grands. Elle n’a pas vraiment gagné au change…

Connaissant le supporter italien, son goût exclusif et intransigeant du résultat, il n’est pas dit que la gueule de bois soit ce matin un peu moins forte qu’elle l’était au lendemain de l’élimination en Bosnie. Et une banderole installée au stade de Luxembourg est venue rappeler que personne au pays n’oublie la triste réalité : «Quels Mondiaux? Notre place était à la Coupe du monde. Maintenant nous sommes éliminés, comme toujours, fidèles à nos idéaux.»

Esposito, c’est du fuoriclasse!

C’est au milieu de ce psychodrame qui colle aux basques d’un pays aux quatre étoiles que les Rout Léiwen ont fait ce qu’on attendait d’eux. Proposer quelque chose de presque digne de la prestation affichée contre la Mannschaft (0-2) en éliminatoires du Mondial. Sans Leandro Barreiro, mais avec l’agressivité qu’il faut pour exister.

On se surprenait pourtant à guetter moins la performance des hommes de Jeff Strasser que celle de ceux de Silvio Baldini.

Et cette petite Squadra censée faire comprendre à la Botte qu’elle a encore un avenir footballistique après trois Mondiaux consécutifs ratés, a été vicieuse comme aurait pu l’être sa version A. Maligne, rusée, elle a joué de la flûte au Grand-Duché, mis la main sur le match avec calme et tenté de piquer quand il fallait.

Esposito surtout. L’Interiste est un monstre en devenir et si Manou Cardoni nous disait, dans l’édition papier de mercredi, que la fédération italienne peine à retrouver des joueurs de standing international, Esposito a de grosses prédispositions pour faire mentir le DTN luxembourgeois. Une talonnade géniale qui file au ras du premier poteau de Moris (24e), un ciseau culotté pas si loin du cadre (28e) et un service en or pour Pisilli, qui ne trouve que le petit filet (32e).

L’homme du match est là. L’homme du futur aussi, pour la Nazionale? En tout cas, c’est lui qui va ouvrir le score de la tête, sur corner (0-1, 49e), et qui aura l’intelligence de s’effacer pour Pisilli, qui va taper l’extérieur du poteau (59e). La veille, Silvio Baldini avait suggéré que «beaucoup (NDLR : de ses joueurs) sont à un moment charnière de leur carrière. Ils sont prêts à franchir le cap et à s’imposer dans le grand football.» Pour Esposito, c’est limpide.

Est-ce que Luc Holtz a regardé?

Et la Nazionale aurait pu prendre plus d’avance si Fini n’avait pas expédié son tir au-dessus (72e). Mais aurait pu aussi revivre le même plan foireux qu’à Pérouse en 2014, si Martins avait exploité le bon jaillissement de Sinani, réussi à devancer Donnarumma sur un très bon centre de Jans ou obtenu le penalty qu’il méritait sur une faute de Koleosho. Défaite 1-0 contre les U21? On imagine que Jeff Strasser peut vivre avec, avant de partir pour l’Albanie.

Luc Holtz a-t-il regardé ce match? La veille, en conférence de presse, sous couvert que l’information vienne bien entendu à se confirmer, Jeff Strasser a «pré-félicité» l’ancien sélectionneur et espéré que, s’il devenait effectivement le nouveau coach du FC Metz, cela pourrait, fatalement, devenir un tremplin tout indiqué avec de grosses flèches rouges clignotantes qui pointe l’autoroute A31 à ses gars. «Ce sera bien. Metz, ce n’est pas trop loin, et il sait que l’un ou l’autre joueur chez nous ont les qualités. Et il les connaît bien. Cela peut nous ouvrir des portes, peut-être même dans les jours à venir.» Mais d’abord, aller à Tirana et en revenir

Luxembourg – Italie 0-1 (0-0)

Stade de Luxembourg. Belle pelouse. Arbitrage de M. Kooij (Pbs). 9 214 spectateurs.

Le but : Esposito (49e).

Carton jaune : Carlson (90+1) au Luxembourg.

Luxembourg : Moris – Jans, Korac, Carlson, Pinto (67e Mahmutovic) – Olesen (87e Duarte), Martins, Moreira (87e Gonçalves), V. Thill, Bohnert (67e Kadamani) – Sinani (87e Curci).

Italie : Donnarumma – Favasuli (67e Fortini), Comuzzo (76e Mané), Chiarodia, Bartesaghi (89e Ahanor) – Lipani (76e Dagasso), Pisili, Ndour – Cherubini (67e Fini), Esposito (76e Camarda), Koleosho (89e Inacio).

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