[Football]
Pas assez méchante, la défense de Kärjeng?
[BGL LIGUE, 7e JOURNÉE] La paire Gerson-Grbic a été jugée un peu trop mignonne contre Differdange. La voilà au révélateur Soladio alors qu’après la trêve, elle jouera des vicieux comme Hadji, Ferber ou Perez…
Il y a un truc qui a chiffonné David Vandenbroeck, au moment de l’entrée sur le terrain à Differdange. L’ancien défenseur central a fait ce constat : «Mes axiaux sont arrivés en crampons moulés, ceux du FCD03 avec des fers.»
Est-ce que ça en dit long sur un état d’esprit? Les puristes vous jureront que oui. Et après une défaite 4-1 marquée par un but après trois minutes sur lequel Lars Gerson et Jason Grbic sont trop loin de Benedict, qui s’est «frisé les moustaches» sur l’action, les puristes le savent : il est des circonstances dans lesquelles ils ont toujours raison. Celle-ci en est une.
El Duro a «des obligations»
Sur cette ouverture du score qui a fait enrager David Vandenbroeck, on est allés poser la question au coach. Qu’est-ce qui le gênait le plus? Le fait que les premières transmissions, dans l’entrejeu, n’ont pas été coupées comme elles auraient dû l’être? Que Malhor, dans son couloir gauche, n’ait pas été attaqué du tout et que sa ligne de passe n’ait pas été fermée? Ou que Benedict ait eu le temps de faire tout ce qu’il voulait sans avoir à entrer dans le moindre duel?
Le Belge a vite choisi son angle d’attaque, à savoir que toutes ces défaillances sont problématiques, mais l’une un peu plus que les autres : «Toute la semaine, on travaille sur le fait que Differdange amasse plein de joueurs dans l’axe pour créer des problèmes de marquage individuel et là, on se retrouve loin du bonhomme sur la première occasion. Après le match, mes deux centraux me l’ont avoué, ils n’y ont pas mis assez d’agressivité.»
Forcément, quand, en face, se trouve la paire D’Anzico – Bedouret, on voit la différence. «Eux, ils y vont pour faire mal, pas nous», s’irrite Vandenbroeck.
C’est un comble pour ceux qui se souviennent qu’il y a quelques années, Lars Gerson était ressorti d’un match international contre la Roja espagnole en ayant hérité d’un surnom gravé dans le marbre par la presse ibérique : El Duro. Mais l’ancien pro en Scandinavie a toujours plus été un esthète, un élégant, qu’un méchant. Or c’est peut-être bien ce qu’il manque à l’UNK, en ce moment.
Qui aurait le profil? Tim Ewert, qui est devenu un joueur de complément, semble bien être le seul capable de faire le sale boulot. Et il n’est pas défenseur central.
«On a un problème d’approche, glisse Vandenbroeck. À la limite, si je devais le formuler, je dirais que j’aimerais presque les voir comme moi j’étais, étant joueur. Gerson et Grbic, qui ont tout le jeu devant eux, ont des obligations envers leurs coéquipiers.»
Ces obligations sont mesurables : avec treize buts pris depuis début août, Käerjeng a la cinquième pire défense de l’élite. Trop joueur, pour une équipe qui manque de mordant devant, trop joueur pour une équipe qui manque de vice derrière. Au moins, les axes de progression, avant de recevoir Rosport et Jordy Soladio, sont clairement identifiés.