[Basket]
Meynadier dans une impasse
SAISON 2026/2027La capitaine de l’équipe nationale a été plus ou moins exclue de Sarrelouis, dont elle était aussi la capitaine. À 34 ans, Magaly Meynadier se retrouve face à un énorme défi : retrouver une équipe. Histoire d’envisager 2029 avec sérénité.
C’est par un communiqué laconique et assez impersonnel sur les réseaux des Sarrelouis Royals qu’on a appris la nouvelle au milieu de la semaine dernière : 7 joueuses ou membres du staff allaient quitter le bateau. Parmi lesquelles Magaly Meynadier.
À 34 ans, la capitaine de l’équipe, qui avait pourtant soulevé la Coupe et avait été de l’aventure du titre de vice-championne d’Allemagne un an plus tôt, est donc priée d’aller voir ailleurs : «Le plan était de terminer ma carrière là-bas. En fin d’année dernière, on m’a demandé si je voulais rempiler. J’ai répondu que je sentais que je pouvais faire une saison de plus. Ils m’ont dit OK, c’est tout ce qu’on voulait savoir.»
Seulement, la suite va être plus compliquée : «Sur le plan sportif, on n’a pas atteint les objectifs. Juste après la saison, j’ai discuté avec le comité et je ne sais pas pourquoi, j’avais un mauvais pressentiment. Mais mon agente m’a dit qu’elle avait des retours positifs, alors je ne me suis pas plus inquiétée que cela.»
Et de poursuivre : «Au fil des semaines, les conditions se sont aggravées. On m’a fait une proposition indécente, avec un salaire nettement à la baisse. On m’avait promis des choses qu’on a ensuite retirées. Et à un moment, mon agente m’a expliqué que je n’étais pas n’importe qui à Sarrelouis. J’avais une longue carrière, beaucoup d’expérience et que je ne pouvais pas non plus me brader. Je n’étais pas respectée. On a donc décidé d’arrêter les frais», résume brièvement la capitaine de l’équipe nationale, forcément marquée : «J’aurais aimé pouvoir dire au revoir à tout le monde et ça, je n’ai pas pu le faire.»
Et d’ajouter : «Ça me fait de la peine. J’ai beaucoup de souvenirs là-bas, j’ai vécu tellement de choses, c’est un peu comme ma deuxième maison. Et là, j’étais choquée. Surtout de la manière dont ça s’est passé, avec un post unique pour tout le monde.»
On me brise mon rêve
D’autant plus que Magaly Meynadier a un rêve! «Pour moi, la situation était idéale. À Sarrelouis, je jouais à un très bon niveau et j’étais tout près de la maison. Je pouvais concilier la vie sportive et la vie privée. En plus, ce n’est pas comme si je ne jouais pas. J’avais mes 22-25 minutes par match, j’étais capitaine. Et ça m’énerve, car ça me met dans une situation compliquée. Mon but ultime, ce sont les JPEE au Luxembourg en 2029 et les qualifications européennes qui pourraient aussi être organisées chez nous. Pour y participer, il fallait rester en forme, continuer d’évoluer à un bon niveau et donc jouer encore un peu à l’étranger. Et là, on me brise mon rêve», se lamente celle qui vient d’être élue pour la seconde année de suite most likeable player de la Bundesliga. En gros, la joueuse la plus appréciée de tout le championnat.
Pour qui l’avenir s’écrit désormais en pointillé : «Pour la saison prochaine? C’est le flou. Je n’ai pas envie d’arrêter ma carrière pro comme cela. Et en même temps, je ne me vois pas trop revenir tout de suite au Luxembourg, où le niveau n’est pas du tout le même…»
C’est son agente qui est chargée de lui trouver un nouveau point de chute. Seulement, la période n’est pas idéale : «Si on avait été honnête avec moi, ça ne m’aurait pas plu mais j’aurais plus facilement pu accepter. Plutôt que de devoir jouer à ces petits jeux par-derrière et, au final, d’être obligée de dire non car on ne t’a pas laissé le choix. Mais là, les clubs ont déjà leur noyau, il leur manque juste une ou deux pièces pour compléter le puzzle. C’est plus complexe que si le marché était complètement ouvert. Elle m’a dit qu’il fallait faire preuve de patience et qu’elle me trouverait quelque chose.»
Je veux arrêter quand je l’aurai décidé et pas quand mon corps l’aura décidé
La sportive d’élite de l’armée doit également avoir, début juillet, un rendez-vous très important pour la suite de sa carrière au sein de l’armée. Et forcément, savoir de quoi son avenir serait fait ferait pencher la balance dans le bon sens.
Et pour ne rien arranger, Magaly Meynadier, qui a déjà connu de graves périodes de blessure, souffre depuis longtemps du tendon d’Achille : «Depuis le dernier match, je n’ai pas refait de basket. Mon problème a empiré. Donc le focus, c’est pour identifier d’où vient le problème.» Et ça semble heureusement aller dans la bonne direction : «Dans deux semaines, je vais commencer à faire des sprints. Ensuite, il faudra augmenter progressivement la charge. Et si, fin juillet, je vois que j’ai encore trop mal, il faudra prendre une décision. Peut-être choisir d’y aller plus doucement pour atteindre l’objectif 2029. Ça ne sert à rien de se tuer. Je veux arrêter quand je l’aurai décidé et pas parce que mon corps l’aura décidé. Je suis dure au mal, mais il y a certaines douleurs que je ne peux plus gérer.»
On l’aura compris, l’internationale luxembourgeoise traverse une période compliquée : «Je sais que j’arrive progressivement à la fin et elle ne se passe pas comme espéré. Je suis quelqu’un de souriante et de positive mais là, il y a eu des phases où je n’étais pas très agréable. Où je manquais de motivation. Mais heureusement, j’avais des rendez-vous fixes avec les kinés notamment, que j’étais obligée d’honorer.» La Mosellane a ses entrées à la Coque, où elle a tout à disposition pour se remettre d’aplomb et redevenir rapidement une joueuse de basket compétitive.
De quoi l’avenir de Magaly Meynadier sera-t-il fait? Si elle poursuit sa carrière à l’étranger, peu importe le lieu : «Tout sera beaucoup plus loin de Sarrelouis et je ne pourrai pas rentrer facilement à la maison toutes les semaines. Maintenant, je me dis que j’aimerais bien rester en Bundesliga pour le simple plaisir de mettre une grosse pâtée aux Royals!» Ce qui est sûr, c’est qu’elle n’a pas envie de cirer le banc : «Je veux jouer. J’ai besoin de jouer.»
La jeune femme pense également à l’après-basket. Ou, du moins, l’après-carrière. En effet, elle était ce week-end en Allemagne pour passer une licence de coach avec l’envie de rester dans le milieu de la balle orange. Et elle a également activé quelques pistes en vue de trouver, à terme, un poste de coordinatrice sportive au sein d’une commune : «J’ai quelques contacts!»
En clair, Magaly Meynadier n’est pas du genre à se laisser aller. Elle est bien décidée à rapidement rebondir et prouver à Sarrelouis qu’ils ont pris la mauvaise décision. On espère donc la revoir le plus vite possible avec un vrai rôle dans une belle équipe. C’est tout le mal qu’on peut lui souhaiter.