[Cyclisme]

Mats Wenzel : «Je me suis montré»

VUELTAMats Wenzel a profité de la journée de repos pour revenir sur sa toute première semaine dans un grand tour.

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Mats Wenzel se montre plutôt satisfait de cette première semaine en grand tour.
Mats Wenzel se montre plutôt satisfait de cette première semaine en grand tour.

Comment allez-vous?

Mats Wenzel : Aujourd’hui (NDLR : dimanche), je ne me sentais pas trop bien. Mais bon, c’est normal. J’ai pris deux échappées, les autres jours n’ont pas été faciles. Samedi, on a vu beaucoup de chutes, on sent la fatigue dans le peloton. Tout le monde avait besoin de la journée de repos. En plus, je n’ai pas trop bien dormi. On est souvent dans des hôtels un peu vieux et je suis allergique aux acariens, alors, avec la poussière, ça n’aide pas. Le jour d’après, j’ai besoin de deux bonnes heures pour remettre les jambes en route. Mais je ne me plains pas. On a plutôt eu de la chance jusqu’à présent.

Vous l’avez dit : vous avez pris deux échappées. Comment jugez-vous votre première semaine de grand tour?

C’était très bien. Je me suis montré. J’ai pu un peu faire la course. Pour un premier grand tour, je peux être content. Même s’il y a un peu de frustration…

Vous évoquez la troisième étape, celle du lundi 24 août vers Font-Romeu, alors que vous étiez échappé et que la course a été annulée à cause de la grêle?

Oui. J’en ai parlé avec Lorenzo Fortunato (NDLR : qui venait de revenir sur lui en tête de la course) et avec Ethan Hayter (NDLR : qui avait remporté le sprint intermédiaire) et ils n’ont pas compris la décision. Non pas celle d’arrêter la course, c’était la bonne. Mais celle de tout annuler. De ne pas accorder les points. Avec d’autres coureurs, on était tous d’avis que ça aurait dû être le cas.

Si Pogacar gagne, le lendemain, c’est moi qui porte le maillot à pois. Ça aurait été beau!

Et vous auriez certainement été désigné comme coureur le plus combatif de cette étape?

Peut-être. Mais surtout, si on continue et que, comme on peut s’y attendre, Pogacar gagne, le lendemain, c’est moi qui porte le maillot à pois. Ça aurait été beau.

Qu’est-ce que cela fait de vous retrouver seul à l’avant dans un grand tour?

Sur le moment, ça ne fait pas une grande différence par rapport à une autre course. Mais on constate quand même qu’il y a beaucoup plus de monde sur le bord de la route. Il y a même des gens qui crient mon nom dans les cols. C’est cool!

On vous a vu répondre à Eurosport, vous avez eu d’autres sollicitations médiatiques?

Oui, deux fois, la télé belge est venue me poser quelques questions au départ d’une étape. C’est sympa!

Et vendredi, on vous a également retrouvé à l’avant. Enfin presque, puisque vous étiez dans un groupe de contre-attaque qui n’a jamais pu rattraper les cinq de devant.

Ce jour-là, je n’avais pas les meilleures sensations. Il y avait (Pello) Bilbao et Léo Bisiaux qui ont fait des relais très forts et ça a tué le rythme du groupe. Les autres voulaient tourner un peu plus, beaucoup ont arrêté de rouler, ce n’était pas bien pour l’entente. Mais comme je n’étais pas au mieux, ce n’était pas trop grave de ne pas revenir sur eux, car je n’aurais rien pu faire de plus.

Ce jour-là, vous terminez tout de même juste devant Tadej Pogacar. Ils ne sont pas nombreux à pouvoir dire ça!

J’ai regardé plusieurs fois derrière moi, mais je ne le voyais pas. Ensuite j’ai vu les motos passer, là je me suis dit qu’il allait me dépasser. Et finalement quand je passe la ligne, je regarde sur l’écran géant et je vois qu’il est seulement à l’entrée de la dernière ligne droite.

Qu’est-ce qu’on ressent dans le fait de terminer devant lui?

Rien de spécial. C’est juste un résultat. Mais il ne faut pas oublier qu’ils ont laissé une chance à l’échappée ce jour-là.

Je suis encore motivé. Après, il faut voir comment le corps réagit

L’équipe est satisfaite?

Oui. Après chaque étape, on fait le debrief et ils sont contents. On est tous motivés, on veut continuer comme cela dans les deux prochaines semaines. Je pense que ça peut marcher.

Vous êtes deux à vous lancer dans les échappées, mais Diego Uriarte a abandonné. Ça veut dire que c’est vous qui allez prendre toutes les échappées?

Je n’espère pas! Mais peut-être un peu plus qu’avant. En tout cas, c’est triste de perdre un coureur comme cela : dans la neutralisation, il a chuté et s’est fêlé deux côtes. La bonne nouvelle, c’est qu’il est déjà sorti de l’hôpital.

Quand Pogacar chute et abandonne la course, qu’est-ce qui se passe au sein du peloton?

Je n’ai rien vu. Je l’ai appris sur la radio. Un moment, on a ralenti par respect pour le maillot rouge. Mais une fois qu’on a appris qu’il avait abandonné, on a recommencé à faire la course.

Vous êtes encore deux Luxembourgeois en course. Avez-vous l’occasion de parler un peu avec Arthur (Kluckers)?

Si tu es lâché très tôt, comme dimanche, tu n’as pas trop le temps de parler. Mais si on se voit, on échange quelques mots. Et dimanche, Raphaël, le frère de Mathieu (Kockelmann), qui est mécanicien chez Tudor, m’a donné un bidon. Il faisait tellement chaud, l’équipe ne peut pas être partout à la fois!

Après une semaine d’efforts, comment vous sentez-vous physiquement?

Je dirais plus fatigué que ce que je pensais. Après, ce n’est pas une surprise non plus. Pour le moment, ça correspond plus ou moins à ce à quoi je m’attendais. Maintenant, on n’a fait qu’une semaine, j’ai déjà fait une semaine. On verra comment se passera la troisième!

Quel est votre état d’esprit pour la suite?

Dans la tête, je suis encore motivé. Mais il faudra voir comment le corps réagit.

Entretien avec notre journaliste Romain Haas

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