[Cyclisme]
Mathieu Van der Poel est bien dans la place…
SKODA TOUR DE LUXEMBOURG On attendait Mathieu Van der Poel. Il a été exact au rendez-vous au Fëschmaart, comme il y a deux ans. Il a même essayé de devancer le sprint en attaquant à un peu moins de 10 kilomètres de l’arrivée.
On attendait Mathieu Van der Poel, on a vu Mathieu Van der Poel. L’ancien champion du monde néerlandais a, comme prévu, assommé tous ses rivaux dans la montée finale au Fëschmaart, où seul le puncheur français Pierre Gautherat est parvenu à lui résister tant bien que mal en lançant son sprint aux 300 mètres. Mais le coureur de Decathlon dut se rendre à l’évidence en voyant débouler Mathieu Van der Poel à cent mètres de la ligne.
Comme en 2024, «MVDP» s’imposait sans beaucoup de contestation dans cette arrivée parfaite pour ses caractéristiques. Mais cette fois, et contre toute attente, le triple vainqueur du Tour des Flandres et de Paris-Roubaix a essayé de filer à la faveur de la côte de Stafelter à un peu moins de dix kilomètres du but, ménageant ainsi à la course un bel effet de surprise.
Seul le coureur allemand Eike Behrens, de l’équipe continentale Lotto Kern-Haus, un coéquipier des Luxembourgeois Arno Wallenborn et Alexandre Kess, impeccables puisque parvenus à intégrer ce qui restait comme peloton, est arrivé à suivre le bolide.
La situation était pour le moins cocasse dans la mesure où le grand favori venait d’abattre ses cartes bien plus tôt que prévu, mais le peloton n’allait pas se faire enterrer sans esquisser une réponse. Les équipes Lidl-Trek, EF Education et Decathlon unirent donc leurs forces. Et remirent la main sur Van der Poel peu avant la montée finale du Fëschmaart.
Assez d’essence dans le moteur
Prudent, Mathieu Van der Poel (31 ans) avait gardé assez d’essence dans le moteur pour ne pas tomber en panne sèche. Il souffrait, mais en un court instant, il repartit au combat comme si de rien n’était.
«C’était dur et ça faisait mal, mais je suis parvenu à passer. C’est un peu dans la tête. Et ça fait mal aux jambes. J’avais voulu durcir la course pour éliminer les sprinteurs. Finalement, je me suis retrouvé devant, je savais qu’il y avait une descente et j’ai cherché à récupérer. C’est revenu et il fallait me remettre dans le coup pour le sprint en bosse qui est très dur», soufflait-il après coup.
On l’avait vu donc longuement prostré sur son vélo dans l’aire d’arrivée, histoire de reprendre son souffle. On pouvait le comprendre…
Il reprenait : «Je connaissais bien le final et je savais que je pouvais le faire. J’ai réussi à garder assez de forces.»
Son dauphin ne disait pas le contraire. «Lorsqu’il m’a doublé, j’ai compris. C’est Mathieu Van der Poel, le mec qui était mon idole quand je débutais dans le vélo», commentait avec un grand sourire Pierre Gautherat, qui sera encore là ce jeudi en cas d’arrivée (probable) au sprint à Junglinster où Mathieu Kockelmann, décroché dans les derniers hectomètres, tentera de se mêler à la fête et, pourquoi pas, de rééditer son exploit de l’an passé à Mamer.
Voilà, Mathieu Van der Poel est bien au point dès la première étape du Tour de Luxembourg, comme il l’envisageait le matin avant le départ, où il avait confirmé être prêt à passer à l’action.
«On va essayer de bien faire, c’est toujours difficile après un bloc d’entraînement. J’ai besoin de la course pour progresser jusqu’aux Mondiaux. Je me souviens de mon succès ici il y a deux ans dans cette même première étape. Je pense que c’est une étape qui me convient. Mes adversaires? C’est toujours délicat de se prononcer. On est dans une période de l’année, juste avant les Mondiaux, où il est difficile de savoir où en sont les uns et les autres…»
Une poignée de rivaux…
D’ailleurs, certains de ses rivaux présumés ont perdu du terrain. Pas Andrea Raccagni, Davide Piganzoli, Soren Kragh Andersen, Nicolas Breuillard et Igor Arrieta. Mais les autres, si…
En tout cas, revoilà Van der Poel en jaune. En 2024, il avait gardé ce tricot jusqu’au matin de la dernière étape avant de le céder dans les derniers kilomètres (au profit d’Antonio Tiberi, pour 15 secondes).
«Je vais continuer ici à viser des étapes et aussi le général, si possible», confirmait Mathieu Van der Poel, visiblement content de sa belle journée sous le soleil d’automne.
Il est évidemment trop tôt pour savoir qui viendra se mettre sur sa route, l’étape décisive étant programmée vendredi à Diekirch. À chaque jour suffit sa peine.
On le reverra donc passer à nouveau à l’offensive. «Son accélération dans Stafelter m’a surpris, mais pas tant que ça. Il prépare les Mondiaux et il n’a sans doute pas fini de nous épater», appréciait Luc Wirtgen, à peine rentré du Canada où il a participé aux classiques de Québec et Montréal.
Lui-même a marqué le pas sur le final. «Je me sentais bien, il m’a manqué un petit truc, mais je suis content de mes jambes. Les prochains jours, ça ira de mieux en mieux.»
Le meilleur Luxembourgeois à l’arrivée fut donc Arno Wallenborn. «À la fin, j’ai essayé de ne pas perdre trop de temps au classement général. Je suis satisfait, car je ne savais pas où j’en étais, puisque j’étais malade la semaine dernière.»