[Natation]
Le 26e Euro Meet, comme sur des roulettes
Des Luxembourgeois performants avec des finales à l’envi, un podium et deux records nationaux, des étrangers qui répondent présents et une organisation millimétrée. Encore une fois, l’Euro Meet a tenu ses promesses.
LES LUXEMBOURGEOIS ONT-ILS RÉPONDU PRÉSENTS?
L’Euro Meet est le gros rendez-vous de l’année au Grand-Duché. Et les meilleurs nageurs luxembourgeois savent préparer ce rendez-vous, même si, on le rappelle, il ne se déroule pas au meilleur moment de la saison. Une fois encore, ils ont été nombreux à gagner le droit de nager l’après-midi.
Certains ne se sont pas contentés d’atteindre la finale. Ils ont surperformé. On pense bien sûr à un Finn Kemp, qui a clôturé le festival grand-ducal en décrochant le seul podium du week-end, avec une deuxième place sur le 200 m 4 nages, avec, au passage, un nouveau record personnel battu avec 2’02″77, soit 17 centièmes de mieux qu’à l’Euro Meet 2024 où il avait terminé… deuxième! : «Je m’étais dit que je reviendrais et que je gagnerais. J’étais tout près, mais je termine à neuf centièmes du vainqueur», expliquait Finn Kemp après sa course. «Qu’il ne change rien à ce qu’il a mis en place ce week-end», on est tous derrière lui. Il m’a fait ma journée!», se délecte Christophe Audot, l’entraîneur national.
Et que dire d’Emma Barthel? Après avoir déjà battu un record national lors de l’Euro Meet l’an passé, elle a cette fois doublé la mise. Après un 400 m 4 nages décevant à ses yeux, alors qu’il s’agissait de son deuxième meilleur temps, la jeune Luxembourgeoise de 15 ans a trouvé les ressources pour réagir de manière spectaculaire. D’abord en abaissant sa marque du 200 m brasse qui datait de décembre dernier (2’34″58 contre 2’35″30), puis en effaçant le lendemain une certaine Monique Olivier sur le 200 m 4 nages (2’19″99 contre 2’21″70) : «Elle fait ce temps alors qu’elle est très fatiguée. Je lui ai expliqué qu’elle ne devait pas à chaque fois être au taquet, mais juste faire ce qu’elle sait faire, sans faire d’erreurs. Et c’est ce qu’elle a fait», apprécie encore le technicien.
Christophe Audot tient à mettre en avant les autres nageurs luxembourgeois : «Peu importe le niveau des jeunes, j’ai trouvé qu’ils ne se sont pas laissés envahir par la compétition. Le niveau était plus haut dimanche que vendredi. Ils ont appris au fil du week-end.» Et d’ajouter : «Je veux dire un mot de ceux qui ne sont pas arrivés dans le même état de fraîcheur. Florian (Frippiat) et Joao (Carneiro) n’étaient pas dans les mêmes dispositions, mais ils ont montré qu’ils étaient tout le temps là. Que c’était des cadres. Avec eux, les jeunes ont de belles références. Un Philippe Weyland passe de justesse en finale, mais il est en finale. Un Anton (Fedoseev) est arrivé fatigué, mais il n’a rien lâché. Il n’a jamais baissé les bras. C’est juste la vie d’un nageur.»
On n’oubliera pas non plus une Lou Jominet qui termine 10e de de deux courses, pas loin de ses records alors qu’elle est en pleine charge de travail. Ni le retour de Julien Henx, qui nage 24″9 pour son retour quelques mois seulement après son terrible accident de moto : «Il montre qu’il est présent. Qu’il est sur la bonne voie. Tout le monde est rassuré», constate Jabrane Touili, son entraîneur aux Sharks.
On ajoutera également de belles performances chez les très jeunes avec de très nombreux podiums en youth et tout cela donne une compétition réussie côté luxembourgeois.
DEUX RECORDS DU MEETING BATTUS, EST-CE UNE SURPRISE?
Forcément, en voyant les listes de départ et les records des plus grandes stars, on pouvait s’attendre à voir le chrono s’affoler. Finalement, il n’y a eu «que» deux records du meeting battus. Le premier, vendredi, par la Danoise Helena Rosendahl Bach sur 200 m pap et le second, dimanche, lors de la finale du 200 m dos par l’Irlandais John Shortt : «On avait tablé sur six à neuf records», confiait Marco Stacchiotti, l’un des membres de l’organisation.
Mais il ne faut pas oublier deux facteurs : l’Euro Meet est une des premières compétitions de la saison et les nageurs doivent être en forme quand ça compte, en l’occurrence en août lors des championnats d’Europe. Et ensuite, il n’y a qu’à jeter un œil sur les noms des recordmen du meeting pour réaliser que pour faire mieux qu’eux, il faut sacrément s’employer! On parle de Florent Manaudou, Adam Peaty, Laszlo Cseh et autres Katinka Hosszu, pour ne citer qu’eux.
UNE ORGANISATION RODÉE
Pas grand-chose à signaler du point de vue organisationnel. La compétition s’est déroulée comme à son habitude, sans aucun souci majeur. Il faut dire que quand on en est à la 26e édition, on sait quoi faire. Et visiblement, ils savent quoi faire. L’Euro Meet est une machine de précision désormais ultrahuilée, parfaitement minutée, dans laquelle chacun sait ce qu’il a à faire et le fait bien.
Une organisation aux petits oignons avec une présentation spectaculaire appréciée des nageurs. Et un meeting qui n’oublie pas de vivre avec son temps. D’ailleurs, cette année, pour la deuxième année de suite, le video judging a été mis en place. En clair, un énorme système avec 28 caméras dans l’eau et 4 hors de l’eau pour ne pas rater le moindre mouvement illicite. Un système qui a fonctionné à plein et a été impitoyable. La mise à la disposition des nageurs de bains froids, en plus de la possibilité de s’échauffer et de faire son cool down à la cave ou dans la piscine de 25 m située derrière le bassin de compétition, sans oublier l’hébergement et le catering sont autant de points importants pour que tout se passe bien. Pour les organisateurs et les nageurs.
Et dernière preuve de professionnalisme : sitôt la compétition terminée et les spectateurs et nageurs partis, on assiste à un véritable ballet parfaitement rodé. Et en l’espace de deux ou trois petites heures, toutes les structures, les rails, les caméras, tout a disparu. Pour permettre au public de retrouver la Coque dès le lendemain. Vous avez dit prouesse?