[Football]
Kino + bébé = stats multipliées par deux
[BGL LIGUE] Une partie de la réussite de l’UNA tient à l’adaptation éclair de Kino Delorge, épatant dans son couloir droit. Malgré des nuits plus courtes, le jeune papa fait ses stats!
Kino Delorge vient de rencontrer le plus grand adversaire direct depuis ses débuts au Grand-Duché. Elle s’appelle Camila et aura six mois au début de la semaine prochaine. On dit d’elle qu’elle se «comporte bien» mais qu’elle bouleverse quelques nuits, sauf celles du samedi soir «parce que ma femme est très consciente de ce qu’implique mon deuxième travail et accepte que je ne me réveille pas les veilles de match», rigole Delorge.
Le Flamand est donc papa depuis peu. Mais son rendement ne semble pas en pâtir. Et en la matière, il reste une référence difficilement dépassable au pays, pour un piston, ce qui est rare quand un tel bouleversement personnel survient. Son coach assure quand même que Delorge a «connu une petite baisse de régime». C’est quand on voit la qualité des performances du latéral droit, pointé à 2 buts, 1 passe décisive et une moyenne de 5,5 alors qu’il vient de changer de club, qu’on comprend qu’on n’a pas tous la même définition de la «baisse de régime».
Depuis trois ans, en progression constante!
Une référence quand même, donc. Et une référence qui progresse. Avec le F91, il pèse 0 but et 2 passes en 30 matches en 2023/2024, puis 4 buts et 5 passes en 29 rencontres en 2024/2025, 7 buts et 5 passes en autant d’apparitions en 2025/2026. Et ses stats à l’UNA le mettent déjà sur des bases plus élevées. «Mon idée, ce serait de faire 10 buts et 10 passes, ce serait logique : on a des objectifs élevés en tant qu’équipe.»
Les chiffres, c’est un peu devenu son obsession sur le tard. Quand il a compris qu’il était peut-être passé au travers d’une carrière plus importante à cause de ce petit manque dans son profil de grand talent désigné. «Si j’en avais fait plus, étant jeune… Parce qu’on se souvient de ça!»
Mais Delorge, formé en tant que «simple» arrière droit à Genk, Delorge qui compte 42 sélections dans les catégories jeunes de la Belgique (avec deux demi-finales, une à l’Euro et l’autre au Mondial-U17), a grandi en tant que footballeur à une époque où l’on ne jouait jamais à trois ou cinq défenseurs et où le rôle de piston n’était encore qu’en gestation dans l’esprit de coaches novateurs.
C’est seulement en U19 des Diables rouges, avec l’ancien international belge Gert Verheyen qu’il apprend que ce genre de poste existe et que c’est son avenir, lui qui «aime faire ses mètres». «C’est Verheyen qui m’a poussé à jouer comme ça. C’est lui qui m’a mis ça dans la tête alors que ce n’était pas si populaire. Si j’avais commencé plus tôt, j’aurais fait du chiffre plus tôt.»
«C’est marrant que vous pensiez ça»
Pourtant, Delorge l’assure, il n’a pas l’impression d’être si décisif que ça, à l’heure actuelle. Pas assez en tout cas à son goût : «Il me faut un gros volume d’occasions pour peser. J’ai besoin de beaucoup être proche du but pour y arriver. C’est marrant que vous pensiez que je suis très décisif».
Marrant ou pas, il est quand même impliqué dans 12,5 % des buts du F91 ces trois dernières saisons, avec une passe ou un but en moyenne tous les quatre matches de championnat. Et cela aussi, Deichelbohrer l’a vu sur ses résumés vidéos : «Quand on joue à cinq derrière, avec un piston et qu’on se prive d’ailier, c’est important, les statistiques. Et Kino répète les efforts avec cette mentalité de pros, en faisant des chiffres!».
Quand on lui a appris que Jérémy Deichelbohrer assure qu’il était le premier nom sur sa liste de recrutement et que tout le reste a découlé de son «oui», Kino Delorge explose de rire : «C’est aussi ce qu’il m’avait dit à moi et ça fait du bien de savoir qu’il m’avait dit la vérité!»
Le Belge avait-il donc un doute? Il sait en tout cas que son coach, qui dirigeait Mondorf la saison passée, ne peut pas se tromper sur la marchandise puisqu’à chaque fois que lui et son staff se penchaient sur le prochain adversaire, il voyait ce dernier évoluer… contre le F91. Kino Delorge, Deichelbohrer l’a donc vu vingt-neuf fois. Il sait de quoi il parle. Et veut l’amener plus haut. Actuellement, Kino fait déjà beaucoup mieux qu’à Dudelange : il est décisif tous les deux matches et compte dans 23 % des buts de son club. C’est donc un Delorge déjà multiplié par deux par rapport à ses trois dernières saisons! Malgré le marquage à la culotte de Camila!