[Football]
Käerjeng meilleure attaque du pays, qui l’eût cru?
[BGL LIGUE, 10e JOURNÉE] On est presque à un tiers du championnat et l’identité de l’équipe la plus prolifique est quand même une grosse surprise.
Perdre Yanis Bellali (11 buts) et Idir Boutrif (5 buts), cet été, a posé un problème mathématique à la seulement huitième meilleure attaque de BGL Ligue de la saison 2025/2026.
Comment compenser la perte de 16 buts, c’est-à-dire 37 % des 43 pions inscrits par l’équipe, dans une saison assez solide? Le club a largement répondu à la question : aujourd’hui, avec 27 réalisations, il est la meilleure attaque du pays, devant Differdange (25), devant le Racing (23), devant Bissen (20) et de manière effarante, loin devant Strassen, le leader (19), qui peut compter sur Perez, Matheus, Eysseric, Natami… Mais d’où ça vient?
Douze buteurs, neuf passeurs
L’UNK a fait tout comme tout le monde, cet été. Elle a monté son budget, dégagé une somme et commencé à rechercher un bon buteur. Quelqu’un qui pèse a priori cette quinzaine de buts évaporés en même temps que les deux attaquants perdus durant l’été. Les postulants se sont succédé, beaucoup étaient courtisés par d’autres écuries de DN, tel Samir Hadji, qui se retrouvera en face ce week-end, avec le Progrès. Le staff a dit basta…
David Vandenbroeck a alors commencé à prendre le problème par l’autre bout. Et si il avait déjà en grande partie ce qu’il lui fallait sous la main? Et s’il lui fallait «simplement» faire monter en puissance certains garçons comme Maison, Dieye ou Mabwati, en comptant sur leur capacité à progresser. Maison avait mis 4 buts sur toute la saison 2025/2026? Il en est déjà à 5 en seulement un tiers du championnat 2026/2027. Dieye? Il n’est déjà pas très loin de ses huit buts de la saison passée : six.
Käerjeng a ventilé. Käerjeng a dispersé. Au lieu de faire reposer la charge sur deux ou trois têtes, tout le monde participe au sein d’une organisation ultra-léchée, qui prise la verticalité.
Depuis début août, onze joueurs différents ont déjà marqué. Seul Differdange (douze) fait mieux. Strassen est à dix, le Progrès à neuf, Mondorf, le RFCU et Bissen à huit. Pour les passeurs, c’est la même histoire : neuf joueurs comptent déjà au moins un «assist» à Bascharage. Dans les équipes du haut de tableau, Mondorf, RFCU et Strassen sont à huit, Differdange à sept, le Progrès et Bissen à cinq. Moralité : dans le rendement offensif, personne au pays n’est plus indépendant des noms que Käerjeng.
Pas les plus intelligents
«C’est parce qu’on réécrit sans arrêt le script, qu’on fait évoluer les lignes de courses, les projections, la capacité d’infiltration», liste Vandenbroeck. Il l’assure, il n’a pas les «meilleurs attaquants du pays», ni même «les plus intelligents», mais «ils travaillent avec une ligne directrice depuis plus d’un an. Chaque semaine, on les rassure, on les met dans le confort en faisant tout passer par le jeu et on leur explique qu’il faut garder notre identité. Et là, ils sont euphoriques. Je le vois bien sur les réseaux quand ils échangent les uns avec les autres».
Bilan? Six buts contre le Swift, cinq contre Rosport, quatre contre le F91 et la Jeunesse… Depuis la fin août, l’UNK s’éclate.
Et fatalement, ils sont nombreux en DN à se se rassurer en se disant que Vandenbroeck et ses gars, pointés à trois buts en moyenne par match, n’ont pas encore attaqué la partie la plus ardue de leur programme. «Oui, reconnaît l’entraîneur belge. On va jouer le Progrès, Bissen, Strassen et Mondorf. Derrière, ce sera plus rodé, plus compact.» Comme contre Differdange, à qui Käerjeng n’a mis qu’un seul petit but (4-1)…