[Natation]
Ils ont fait le job
CHAMPIONNATS D’EUROPE À SAINT-DENISPas de record personnel mais de belles prestations pour les 4 Luxembourgeois en action, vendredi.
CARNEIRO TOUT PRÈS DE SON PB
La journée de vendredi a débuté, côté luxembourgeois, par le 50 m brasse. On retrouvait logiquement nos deux brasseurs, Joao Carneiro, engagé dans la première série et Finn Kemp, dans la deuxième. Le premier, qui disputait sa dernière course de ces championnats, termine deuxième de sa série en 28″48, soit un centième plus lent que son record personnel, établi il y a deux ans. Il se montre plutôt satisfait de cette course, même s’il espérait davantage : «Je m’étais fixé comme objectif un record personnel. Mais pour moi, ça veut dire plusieurs dixièmes. Bon je ne sais pas si c’est mon meilleur temps, ça se joue à un centième. Pour le matin, c’est pas mal car ce n’est pas évident de nager aussi tôt. Il n’y a qu’à l’Euro Meet qu’on fait ça! C’est mieux qu’à Singapour (NDLR : aux championnats du monde l’an passé). La course est bien nagée, un bon sprint pour terminer la compète, je suis plutôt content.»
En revanche, même s’il se remet tout juste d’une grave blessure à l’adducteur contractée en mars, il ne tire pas un très bon bilan de sa compétition : «Est-ce que j’aurais signé pour de tels résultats? Non. Enfin, peut-être pourj le 50 m. Le 200 m était ok mais sur le 100 m j’aurais aimé faire beaucoup mieux. Après, c’est sûr que je suis quelqu’un de dur avec moi-même. Je ne suis pas trop réaliste par rapport à la blessure. Tout le monde me dit qu’il faut que je sois patient et je me précipité un peu en terme d’ambitions et de résultats.»
Place à des vacances bien méritées en Algarve. Et après? «Aucune idée. On verra en septembre.» Pas sûr que Joao Carneiro poursuive au Benfica ni même au Portugal d’ailleurs. Affaire à suivre.
KEMP N’A PAS ÉTÉ DISQUALIFIÉ
Dans la deuxième série, Finn Kemp, qui venait d’améliorer son record personnel pour le porter à 28″04, à un dixième du record national de Laurent Carnol, se classe quatrième en 28″26. Forcément, il espérait mieux. Mais pour lui, l’essentiel était ailleurs : «Trop souvent, par le passé, j’ai été sanctionné pour des kicks illicites. J’ai dû adapter ma technique pour être sûr que ça n’arrive plus. Le but, c’était d’abord de faire la course sans être disqualifié. Après, on n’est pas loin des meilleurs temps, donc c’est pas mal. Sur ma course, je m’étais fixé quelques objectifs, j’avais visé quelques nageurs. Il y en a un qui est allé plus vite que moi et un autre que j’ai battu. Donc je suis dans ma course.»
Contrairement à son compère brasseur, Finn Kemp n’en a, en revanche, pas encore terminé avec sa compétition. On le retrouvera en effet samedi sur le 200 m 4 nages : «Je ne me mets pas de temps en tête. Je sais comment je vais le nager et c’est le plus important pour moi en ce moment. Ce sera ma dernière course de la saison. Je vais tout donner.»
FRIPPIAT S’EN CONTENTERA
Florian Frippiat terminait ses premiers championnats d’Europe par l’une de ses courses de prédilection, le 200 m pap. S’il expliquait, la veille, espérer battre son record national (2’00″61) voire même passer sous les deux minutes, il ira un tout petit peu moins vite. Et bouclera ses quatre longueurs en 2’00″95, son deuxième meilleur chrono en carrière : «Je me sentais bien, à l’aise. Peut-être que j’ai été trop prudent au début. Mais sinon, j’ai essayé de relancer, ça marchait pas trop mal sur le troisième 50, le dernier pareil même si à 25 m de la ligne ça commence à pêcher. Mais bon, rien d’inhabituel sur un 200 m pap. C’est mon deuxième meilleur temps, en plus le matin, c’est bien.»
Florian Frippiat a, en tout cas, apprécié sa semaine : «Je suis satisfait à… 98%. Les 2% c’est les centièmes au 100 m pap (NDLR : il avait battu son record national mais avait échoué à se qualifier pour les prochains mondiaux de Budapest pour un dixième) et la petite seconde ici. Mais sinon l’ambiance avec les copains était super. Et le souvenir du 4×100 est incroyable. Après peut-être que j’étais un peu stressé. Je n’ai pas l’habitude de faire des compétitions qui durent une semaine. Et ce matin, j’étais très fatigué.»
Pas de vacances puisqu’il reprend le boulot dès lundi. Mais place à quelques semaines sans natation. Et un restau en famille qui ne propose pas de poulet : «Je n’en peux plus du buffet!»
BARTHEL PAS LOIN DU TROIS SUR TROIS
La dernière en action ce vendredi était la jeune Emma Barthel. Après deux premières courses tonitruantes où elle avait à chaque fois battu son record national, respectivement sur 400 m 4 nages mercredi et 200 m brasse jeudi, la benjamine de l’équipe s’alignait au départ de sa dernière épreuve de la semaine, le 200 m 4 nages. Mais cette fois, le record national (2’19″21) se refusera à elle d’un souffle (2’19″63).
Pas de quoi l’empêcher d’arriver en zone mixte une nouvelle fois avec la banane : «Je suis contente. Les deux premières courses c’était un record, là ce n’est pas un record mais ce n’est pas loin…»
Son programme est désormais une petite semaine à Paris pour faire du shopping et visiter quelques musées, deux semaines de vacances en Italie. Puis dès début septembre, déjà la reprise de l’entraînement avec les mondiaux en petit bassin en Chine qui arrivent rapidement.
AUDOT CONTENT DE LA MATINEE
L’entraîneur national a globalement apprécié ce qu’il a vu. A commencer par le début, avec les brasseurs : «Joao est à un centième de son record personnel. Quant à Finn, il n’a pas été disqualifié. C’est important, car avec le video judging, les deux dernières fois sur le 50 m brasse il avait été disqualifié. Là ce n’est pas le cas. Il y a un travail techniquequi a été fait et qui est vraiment rassurant. En plus, le 28″2 est très propre.»
A propos d’Emma Barthel, il souligne que la jeune nageuse a battu son record personnel du 50 m pap dans sa course de 200 m 4 nages. Preuve qu’il y a beaucoup d’engagement -voire même un peu trop- au départ. «Elle part sur des bases élevées si bien que ça coince un peu au niveau du crawl. Mais sur le 200 comme sur le 400 m, les temps aux trois quarts de la course sont très bons. Ca ouvre des portes qu’on ne pouvait pas espérer avant. Si elle termine son 200 m 4 nages comme elle sait le faire, c’est du 2’18 » et sur le 400 m, on peut imaginer qu’elle passera prochainement sous les 4’50 ».» Et de conclure, à propos de la pépite luxembourgeoise : «Je suis impressionné par sa maturité. Sur le plan sportif, ses trois nages sont très impressionnantes après il en a manqué un peu sur les fins de courses.»
Rendez-vous samedi matin pour le moment que tout le monde attend : les séries du 50 m nage libre. Avec un certain Rémi Fabiani… qui a la demie, voire même encore mieux, dans le viseur.
De notre envoyé spécial à Paris
Romain Haas
200 m pap : 27. Florian Frippiat (Lux) 2’00″95… 36 classés
50 m brasse : 50. Finn Kemp (Lux) 28″26… 57. Joao Carneiro (Lux) 28″48… 66 classés
200 m 4 nages : 24. Emma Barthel (Lux) 2’19″63. 24 classées