[Football]
Fecchi : «Je ne viens pas pour garder la chaise chaude tout en buvant du champagne»
[ÉLECTION FLF] Le président du CS Sanem, Corrado Fecchi, se présente pour la deuxième fois au conseil d’administration de la fédération. Avec un vrai programme et des propositions très concrètes.
Fecchi, 30 ans, économiste de formation, s’élance en semblant donner bien plus corps aux engagements de la fédération (qui a proposé un plan sur cinq ans) qu’elle ne le fait elle-même. Rencontre avec l’un des deux candidats du 24 octobre qui n’ait jamais siégé au CA, pour voir ce qu’une personne qui n’est pas du sérail a à proposer.
Pourquoi vous présenter de nouveau, deux ans après?
Corrado Fecchi : En 2024, j’ai fini sixième pour cinq places électives au CA. Alors, je reviens avec un programme en dix points que je distribue actuellement aux 106 clubs. Avec un sujet qui me tient à cœur : valoriser les clubs.
J’ai déjà vu vingt clubs jusqu’à présent et j’ai encore cinq rendez-vous la semaine prochaine
Comment fait-on campagne, quand on postule non pas à la présidence de la FLF, mais à un poste du conseil d’administration?
Ah, eh bien, il faut parler aux clubs! On téléphone, on fixe des rendez-vous. Moi, je veux rencontrer club par club., sachant que certains ne sont pas intéressés, que d’autres me répondent « Non, c’est bon, on te connaît, on votera pour toi »… J’en ai déjà vu vingt jusqu’à présent et j’ai encore cinq rendez-vous la semaine prochaine. J’en aurai alors vu 25 %. J’irai voir tous ceux qui comptent m’accueillir. Le plus important pour moi, c’est de discuter avec tout le monde.
Que voulez-vous apporter?
Eh bien, cela commence déjà par la communication. Je pense que deux fois par an, il faut institutionnaliser une rencontre entre la fédération et la LFL, ainsi qu’un autre rendez-vous avec le groupement des divisions inférieures. Mais il y a beaucoup d’autres chantiers dans mes dix points. Moi, je ne veux pas balancer une phrase du genre « nous voulons valoriser les clubs » sans qu’il n’y ait rien de concret derrière. Je veux des faits. Je propose par exemple quelque chose de tout bête : la présentation du « club of the week » qui pourrait, sur les réseaux sociaux, mettre en valeur l’un de nos clubs, ses dirigeants, ses bénévoles, toutes les deux semaines. Avec des vidéos, des photos… Mais il y a a aussi des choses beaucoup plus importantes.
Par exemple?
Des cours en ligne proposés sur le site de la FLF, des vidéos explicatives pour permettre de former les gens qui travaillent dans les clubs, pour leur permettre de comprendre comment fonctionne tout l’administratif autour des subventions, des transferts… D’ailleurs, pour ce genre de problématiques, je cois qu’il nous faut créer à la fédération un service dédié, avec une hotline. Aujourd’hui, chacun règle ses problèmes de façon individuelle, anarchique, en appelant notamment le juriste de la fédération. Ce qu’il nous faut, c’est un système de tickets, de file d’attente, dans laquelle chacun arrive avec son problème et où lui garantit une réponse en 48 heures. Parce qu’aujourd’hui, on a souvent bien plus vite que ça des réponses à des questions complexes, mais les réponses sont parfois aléatoires, imprécises. On doit accepter de prendre du temps pour avoir des réponses précises. Un peu comme pour les statuts, dont on parle absolument tous les ans et qui n’avancent toujours pas. Vous avez déjà essayé de les lire? Franchement, bonne chance : on ne fait que les interpréter.
Il faudrait plus de référendums à la FLF
C’est aussi de gouvernance qu’il est question, depuis un an et demi.
Justement, je pense qu’il faudrait plus de référendums à la FLF, consulter plus souvent les clubs, comme sur le modèle suisse des votations. Même si je n’ai pas de souvenir récent d’avoir été vexé, en tant que dirigeant de club, de ne pas avoir été associé à une décision de la FLF, je pense que cela serait bien de mener plusieurs débats de la sorte.
Est-il habituel qu’un candidat au CA se fende d’un programme qu’il ne pourra pas appliquer sans le soutien des autres membres, même en cas d’élection?
Pour faire simple : non, nous n’avons pas l’obligation de présenter un programme. Certains se contentent d’une ou deux pages pour se présenter brièvement. Mais d’autres arrivent avec des mesures concrètes. Moi, je présente ce que j’aimerais implémenter. Après, si j’arrive au conseil et qu’une majorité des autres membres décline, je ne vais pas faire grand-chose. Mais c’est aussi pour cela que c’est important pour moi de présenter des mesures concrètes. Je refuse de m’asseoir sur une chaise pour la garder chaude tout en buvant du champagne. Je veux la faire avancer, cette fédération.
Cela vous trouble-t-il de ne savoir qu’il n’y aura encore aucun autre candidat face à Paul Philipp?
Il y a des membres au CA qui sont là depuis des années. Depuis 10, 15, 20 ans… ça parle pour eux. J’ai conscience de ce que cela représente. Je n’ai entendu à leur propos que des échos positifs. Il n’y a pas de coups bas dans cette campagne et c’est de bonne guerre. Mais les affronter, ce n’est pas compliqué parce que je pense que les clubs sont en demande d’un renouvellement. Mais concernant le président… les candidats potentiels se rendent bien comptent de l’investissement que cela représente en matière de temps. Certains n’ont pas l’emploi du temps pour cette tâche.