[Natation]

Fabiani à la table des grands

CHAMPIONNATS D’EUROPE À SAINT-DENISRémi Fabiani a brillé de mille feux, mardi. Le matin, il pulvérise le record national du 100 m nage libre (48″44 contre 48″60) et se qualifie pour les demies. Et le soir, il signe son deuxième meilleur chrono et se classe à une superbe 15e place.

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Rémi Fabiani a confirmé qu'il avait franchi un cap en se hissant parmi les 16 meilleurs Européens.
Rémi Fabiani a confirmé qu'il avait franchi un cap en se hissant parmi les 16 meilleurs Européens.

«Je ne m’inquiète pas. Je ne me suis pas trop entraîné en pap mais plus en crawl. J’ai hâte de voir ce que ça va donner.» Après une entrée en matière où il avait clairement surnagé sur le 50 m pap, Rémi Fabiani ne semblait pas inquiet. Il savait que son premier grand rendez-vous serait le lendemain, à l’occasion des séries du 100 m nage libre. En effet, lui et son pote Ralph Daleiden, les deux seuls Luxembourgeois à être jamais passés sous les 49″, avaient une petite possibilité de rêver à nager le soir. «Pour le faire, il ne faudra pas battre le record national. Il faudra le pulvériser», confiait l’entraîneur national Christophe Audot, la veille.

Ce temps, c’est 48″60, établi par Ralph Daleiden. S’ils voulaient se hisser en demi-finale, le soir même, il fallait donc nager très, très vite, dès le matin. Hasard du tirage au sort, les deux étaient engagés dans la même série, la 7e (sur 10), ce qui montre déjà qu’ils font partie des nageurs qui comptent.

Confirmation quelques dizaines de secondes plus tard puisque Rémi Fabiani, auteur d’un très bon retour, remportait sa série en mettant une claque son ancien PB (48″71) et en explosant le record national pour le porter à 48″44, qui était alors le meilleur chrono de l’ensemble des séries. De son côté, Ralph Daleiden signait son meilleur chrono de l’année, en 48″72.

Si on savait que ça ne passerait pas pour le désormais ancien détenteur du record national, tous les espoirs étaient permis pour Rémi Fabiani, qui ne tenait plus en place en zone mixte : «Attends, je regarde les résultats. Je pense que ça va passer.» Effectivement, il se hisse en 14e place et a donc gagné le droit de nager lors de la session du soir : «Je suis très content d’avoir cette opportunité. Je pense qu’il y a moyen de gagner encore quelques dixièmes.»

De son côté, Ralph Daleiden se montrait très positif : «Il en manque un peu pour passer, mais c’est mon meilleur temps de la saison. Je sens que je peux faire de bonnes choses sur le 200 m nage libre.» On le retrouvera ainsi jeudi pour sa nouvelle course de prédilection.

«J’ai prouvé que j’avais ma place ici!»

Mardi, à 19 h 32, Rémi Fabiani disputait sa troisième demi-finale continentale. Mais la première «vraie», avec tous les guillemets que ça comporte. En effet, il y a deux ans à Belgrade, il avait atteint ce stade sur 50 et 100 m nage libre dans un contexte très particulier puisque la plupart des grandes nations (France, Italie, Pays-Bas, entre autres) avaient zappé l’événement pour se concentrer sur les JO de Paris. «Là, le niveau n’a rien à voir, tout le monde est là et ça va vite», savourait le nageur d’ASU, qui s’invitait pour la première fois à la table des plus grands. En présence des plus grands.

Bien sûr, envisager une finale relevait d’un doux rêve : «Il faut être réaliste», expliquait encore Christophe Audot. Mais Rémi Fabiani, couloir n° 7 n’avait clairement rien à perdre dans la première demi-finale de la distance reine. Il part très vite, passe même 4e aux 50 m avant de céder sur la fin. Il se classe néanmoins 7e de sa course en 48″66, son deuxième meilleur chrono en carrière, six centièmes au-dessus de l’ancien record national de Ralph Daleiden. Il terminera finalement 15e à l’issue de demies dominées de la tête et des épaules par l’extraterrestre roumain David Popovici, seul sous les 47” (46”72, record des championnats).

En zone mixte, le jeune homme se montrait plutôt satisfait : «Je suis à la bagarre jusqu’à 15 m de la fin. Après, pendant des mois, j’ai dû me concentrer sur d’autres choses que la natation et c’est peut-être ce qui m’a manqué. Au vu de ces facteurs, c’est satisfaisant. Mais je suis convaincu que je peux nager en 48″0 ou 47″9. J’ai prouvé que j’avais ma place ici. Je suis convaincu que je peux faire quelque chose de bien sur le 50 m.» Auparavant, on le retrouvera au départ du relais et sur le 50 m dos.

Christophe Audot tire forcément un bilan très positif de cette journée : «Sur cette course, il manque 15 m mais sur les 75 premiers mètres, il est sur une classe mondiale. Après ça se désunit, ça se dégrade, il manque certainement un petit peu de volume dans la préparation. Le bilan de la journée est très encourageant. Je commence à rêver à de très belles choses. On a quand même deux nageurs à 48″! Bref, c’est que du bonheur, on continue!»

On partage son enthousiasme!

Le classement de sa demi-finale : 1. Carlos d’Ambrosio (Ita) 47″70 (Q); 2. Tomas Navikonis (Lit) 47″91 (Q); 3. Kristof Milak (Hon) 47″97 (Q); 4. Jere Hribar (Cro) 48″04 (Q); 5. Josha Salchow (All) 48″28; 6. Manuel Frigo (Ita) 48″54; 7. Rémi Fabiani (Lux) 48″66; 8. Matthew Richards (Gbr) 48″88

De notre envoyé spécial à Paris, Romain Haas

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