[Cyclisme]
Evenepoel ne s’est pas fait avoir!
AMSTEL GOLD RACE Battu l’an passé sur la ligne par Mattias Skjlemose et Tadej Pogacar, Remco s’est imposé au sprint face au coureur danois.
Cette fois pas de blague. Même lieu, même heure, un an plus tard. L’histoire ne repasse que rarement les mêmes plats. Alors, au moment d’aborder le sprint avec Mattias Skjelmose, ce Danois rusé qui, comme l’an passé, s’était comme souvent bien gardé d’en faire trop, laissant la majorité du travail au champion olympique, il est vrai jamais avare d’un effort, Remco Evenepoel a laissé sa légendaire nervosité dans sa poche. Calé dans la roue du Danois, il déclencha son sprint assez tôt pour faire parler sa puissance et mettre à bonne distance cette sangsue de Skjelmose, décidément à son aise sur le final de l’Amstel.
Remco Evenepoel gardait en effet en tête ce sprint de l’an passé, où sur la même ligne, Mattias Skjelmose avait fusillé Tadej Pogacar et lui-même. Le Belge et le Slovène avaient alors semblé presque oublier la présence du redoutable coureur danois, toujours très précis dans ses élans. Et très économe dans ses efforts…
Le cri rauque de Remco Evenepoel, une fois passée la ligne d’arrivée, trahissait l’énergie et l’investissement personnel du coureur de Red Bull – Bora qui sortait de stage. «J’adore cette course, pour moi, l’Amstel Gold Race vient directement après les monuments dans la hiérarchie et cela me fait plaisir de la remporter pour ma deuxième participation. Je me sentais en confiance, le travail de l’équipe avait été parfait et je me sentais bien. J’ai mieux géré le sprint que l’an passé», expliqua le coureur belge qui se réserve encore pour une éventuelle participation à la Flèche wallonne, mercredi (il y a participé deux fois, terminant 9e l’an passé et 43e en 2023) mais qui dimanche prochain, cherchera à s’imposer pour la troisième fois sur Liège-Bastogne-Liège après ses succès en 2022 et 2023. Tadej Pogacar, absent dimanche, sera bien là, mais ce n’est pas une raison pour ne pas apprécier à sa juste mesure ce joli succès de Remco Evenepoel.
La nature a horreur du vide et sur les collines du Limbourg remplies jusqu’à la gueule d’un fervent public néerlandais, l’Amstel a livré son verdict. Avec ce constat qui a ravi tout le monde, le plus fort a gagné. C’est déjà ça.
Comme souvent, les derniers kilomètres ont été riches en émotions diverses et variées. On notera que c’est encore le Français Romain Grégoire, comme sur la Flèche brabançonne, vendredi, qui a lancé les hostilités après un gros travail préparatoire de Kevin Geniets, à 42 bornes de l’arrivée. Le punch du coureur français n’est plus à démontrer mais il lui reste à acquérir encore un petit quelque chose, car il craqua ensuite lorsque Remco Evenepoel haussa le ton dans l’avant-dernier passage au Cauberg. Sa quatrième place lui permet néanmoins de sauver les meubles, ce qui n’est pas négligeable et même très encourageant pour la suite des événements…
Une chute qui change tout
Après l’attaque du Français, son compatriote Kevin Vauquelin, l’Américain Matteo Jorgenson avaient répliqué sans tarder, tout comme Remco Evenepoel, donc, flanqué de Mattias Skjelmose. Mais le Français d’Ineos Grenadiers eut l’infortune de glisser sur le sol humide dans une trajectoire mal maîtrisée, emportant Matteo Jorgenson, plus lourdement touché, ainsi que le Néerlandais Huub Artz, rescapé de l’échappée matinale.
Ce coup du sort précipita la fuite en avant du trio Evenepoel-Grégoire-Skjelmose. Derrière, un autre Français, Benoît Cosnefroy (finalement troisième à l’arrivée), décidément souvent en retard d’un train, s’agitait en pure perte, le trou était fait, ne restait plus qu’à soigner un final qui vit donc le décrochage en règle de Romain Grégoire. Longtemps, on crut que Remco Evenepoel allait devoir employer la manière forte pour larguer son rival danois avant le sprint. Il n’en fut rien. Le Belge prit la meilleure des revanches en alignant Mattias Skjelmose au sprint.
Côté luxembourgeois, on retiendra la très belle présence de Kevin Geniets pour ses leaders de Groupama-FDJ. Il aura été de nouveau impeccable. Et si avec Ewen Costiou, neuvième, l’équipe française signe deux top 10, une part en revient forcément à Kevin Geniets, finalement 53e.
Bob Jungels termine plus loin (127e), mais l’ancien vainqueur de Liège-Bastogne-Liège a tenu un rôle non moins essentiel que son compatriote puisqu’il donna son vélo à Dorian Godon (finalement 13e), victime d’une crevaison à 50 kilomètres du but, pour le dépanner rapidement. Sa course était terminée, ce qui ne l’empêcha pas de finir!