[Cyclisme]
Evenepoel en tête de liste
CHAMPIONNATS D’EUROPE Avec quatre coureurs, le Luxembourg a les moyens de bien faire ce dimanche à Ljubljana où, une semaine après les Mondiaux, il sera question, pour beaucoup, de rachat.
L’an passé dans la Drôme, Mats Wenzel avait vécu une journée mémorable en intégrant la grande échappée du jour, finalement reprise et déposée ensuite par Tadej Pogacar, parti pour sa part pour un raid en solitaire de quelque 75 kilomètres. Le coureur luxembourgeois avait tenu à terminer, précisément à la 17e place, mais peu importe, car comme le rappelait justement à l’époque Jempy Drucker, «ce championnat d’Europe, avec seulement 17 arrivants, entrera dans l’histoire». Si le groupe d’attaquants où Mats Wenzel n’avait pas été le moins actif n’était pas allé au bout, repris donc en cours de chemin par un Tadej Pogacar, épatant pour le public, beaucoup plus frustrant pour ses rivaux devant se contenter de miettes, le Luxembourgeois en garde un sacré souvenir.
On efface tout et on recommence. Pour cette édition 2026 en Slovénie justement marquée par l’absence de «Pogi» pour les raisons que l’on connaît (quel dommage quand même pour le pays organisateur et le coureur lui-même!), mais où on avait construit à Ljubljana un parcours sur mesure pour l’appétit de l’ogre, malheureusement blessé, avec un circuit final à aborder cinq fois comportant une côte d’un peu plus de deux kilomètres et d’un peu plus de 10 %, le Luxembourg se présente au départ avec quatre hommes (les nations les plus représentées comme la Belgique peuvent aligner huit coureurs). Forcément désireux de bien faire. Si on imagine que la bosse très sélective du circuit devrait finir par poser problème à Alex Kirsch, d’abord, puis à Mathieu Kockelmann ensuite, Mats Wenzel et Kevin Geniets trouveront là un terrain plus favorable.
Wenzel bénéficiera sans doute du bénéfice d’une Vuelta où il s’est beaucoup démené à l’avant de la course. Le futur coureur de Caja Rural est libéré d’un poids concernant son avenir, ce qui est considérable. «S’il a récupéré, il peut bénéficier de ses trois semaines de course», apprécie l’entraîneur national. On ne le saura qu’en course.
Tous les regards vers Evenepoel
L’autre atout luxembourgeois pourrait être Kevin Geniets. Pressé de tourner la page 2026 où «les choses se sont mal enchaînées» pour l’ancien triple champion national, il lui reste trois belles courses à disputer, pour lesquelles, il reste «motivé». Paris-Tours dans une semaine, sa course préférée, et ces championnats d’Europe où il a «hâte de retrouver la sélection nationale» et où il peut très bien faire s’il a «une bonne journée».
Dans tous les cas, le quatuor luxembourgeois cherchera à tirer le meilleur parti d’une course dont personne ne peut imaginer le scénario.
Une semaine après les Mondiaux de Montréal d’une folle intensité, mais où bon nombre d’outsiders ont sombré pour avoir trop donné, c’est sans doute un tout autre scénario qui va prévaloir. Quelle course aurons-nous sans les Américains du nouveau maillot arc-en-ciel, Brandon McNulty, sans le Mexicain Isaac Del Toro, sans les Australiens de Michael Matthews, mais aussi sans le Français Paul Seixas, victime de sa jeunesse, sans le Néerlandais Mathieu Van der Poel, troisième à Montréal?
Sur le papier, Remco Evenepoel, qu’on imagine revanchard après sa désillusion de Montréal, et les Italiens de Giulio Ciccone disposent des meilleures cartes. Mais la course élites s’annonce indécise. «J’espère juste que ce sera plus ouvert que les championnats du monde où la France a mis un tel rythme qu’ensuite, soit tu étais mort, soit tu ne l’étais pas. Tout dépendra de la stratégie des différentes grandes nations. Déjà, Tadej Pogacar ne sera pas là. Et puis j’imagine que la France ne va pas chercher à recommencer sa tactique. Ils se calmeront, je pense. Mais la course peut quand même être dure et ouverte. Cela voudrait dire qu’avec de bonnes jambes, tu peux jouer», résume Kevin Geniets.