[Basket]
Etzella enfonce un Sparta héroïque
FINALE (2e MATCH)Le Sparta, privé de Victor Iwuakor, exclu pour cinq fautes, avant même la fin du troisième quart, a fait mieux que résister. Mais, à la fin, le dernier mot est revenu au champion en titre. Qui aura première balle de match, dimanche, au Deich.
Trois jours après la première manche, remportée au finish par Etzella, le champion en titre et le Sparta se retrouvent, du côté d’un Centre Atert en fusion.
Sur leur parquet, où ils n’ont perdu que deux matches de toute la saison, les Bertrangeois ont bien l’intention de remettre les pendules à l’heure et d’égaliser à un partout dans cette finale au meilleur des cinq manches : «On sait qu’on est forts à la maison», rappelait Yannick Verbeelen, dans nos colonnes.
Encore fallait-il le prouver contre une formation nordiste qui, en cas de succès, aurait déjà une balle de match à la maison, dimanche.
En clair, l’enjeu était énorme pour l’un comme pour l’autre protagoniste. Et on avait hâte de voir les deux machines se mettre à nouveau en marche.
Dès l’entre-deux, remporté par Etzella, on sent que les visiteurs ne sont pas là pour faire de la figuration : un premier panier tout en finesse d’Adrian Delph, puis une merveille de fadeaway avec la planche de Sticky Gutenkauf et le meilleur départ est pour les hommes de Gavin Love (0-4). Dans la foulée, Max Logelin marque de près mais au bout d’1’11 », tout est stoppé : l’horloge ne fonctionne pas.
Il faut de longues minutes avant que tout ne revienne à la normale. Et on peut enfin vraiment se lancer dans cette deuxième manche qui sent le soufre.
Et dès la reprise, Etzella met la pression, à l’image de Thomas Henkel qui pique la balle à Jarvis Williams, avant de servir Adrian Delph. L’Allemand, qui n’avait pas mis un point dimanche, va ensuite se distinguer en plantant une banderille longue distance pour donner déjà cinq points d’avance en ce début de match (4-9, 3e).
Dimanche, on avait assisté à une véritable anomalie puisque Etzella n’avait marqué que deux paniers à trois points pour vingt-et-un tenté, soit un horrible 9% de réusssite. Un comble pour une équipe habituellement très adroite de loin. Mais en ce mercredi, cette incongruité est vite levée puisque Etzella achève le premier quart avec 10 pts d’avance et surtout déjà trois paniers primés (15-25).
Les Ettelbruckois régalent, à l’image d’une action à trois superbe entre Fritz Gutenkauf, Adrian Delph et Billy McDaniel conclue par un missile longue distance de ce dernier.
On sent Etzella maîtriser son sujet mais le Sparta ne lâche rien. Peu, voire pas du tout utilisés lors du premier match, Nicolas Hittelet et Philippe Arendt vont apporter leur écot, notamment Hittelet, qui se signale de loin pour permettre à Bertrange de rester dans le match.
Delph, un dunk surpuissant
Bertrange fera même un rapproché à cinq points (25-30, 14e) mais dès que les visiteurs sentent le danger, ils ont systématiquement une réponse à apporter. La plupart du temps par Adrian Delph. Déjà impressionnant dimanche, donnant l’impression de pouvoir marquer à peu près quand il le voulait, le guard US va encore une fois sortir une très grosse performance, comme quand, suite à un temps-mort du Sparta, il pique la balle à Jarvis Williams pour aller terminer par un dunk ou sur cette action d’anthologie où il va exploser l’arceau redonner un peu d’air aux siens (27-36).
Bertrange résiste tant bien que mal mais à la pause, c’est bien Etzella qui est solidement aux commandes (33-44), grâce, entre autres, à un excellent ratio passes décisives/balles perdues (10/2) contrairement au Sparta (5/7), qui compense largement le déficit ettelbruckois au rebond (23-18 pour le Sparta).
Onze points, c’est peu et beaucoup. Mais s’il veut avoir une chance, Bertrange sait qu’il doit absolument refaire son retard dès le retour des vestiaires. Au troisième quart, qui est habituellement le moment le plus fort d’Etzella.
Yannick Verbeelen l’a dit : «On sait qu’on est forts à la maison.» Complètement en manque de réussite lors du premier acte, l’international du Sparta va sérieusement corriger le tir : en deux actions conclues par deux tirs à trois points, il permet à son équipe de revenir dans la course.
Et comme Victor Iwuakor, également en délicatesse lors des 20 premières minutes, se réveille aussi, c’est un nouveau match qui débute avec seulement un point d’avance pour Etzella (48-49, 25e).
Iwuakor, l’exclusion qui change tout
Iwuakor, l’homme de ce troisième quart. Pour de bonnes et pour de mauvaises raisons. En effet, s’il se montre à son avantage dans ces dix minutes, il ne va malheureusement pour le Sparta pas aller au bout. En l’espace de quelques minutes, il prend sa troisième faute, s’énerve et écope de sa quatrième, avant de se voir siffler la cinquième dans la foulée. Un coup de sifflet qui a le don de le rendre complètement fou.
Dura lex, sed lex, le Sparta devra se passer d’un de ses deux pros pendant 12 minutes. Une éternité!
Dans un premier temps, le Sparta, se sentant floué, va réagir, reviendra encore une fois à deux petits points mais ne passera jamais devant. Billy McDaniel puis Delph donnent six longueurs d’avance avant l’entame du dernier quart (56-62). Et Delph, encore lui, va tout de suite donne encore un peu d’air aux siens grâce à un panier dont il a le secret.
Le Sparta accuse le coup. Jarvis Williams, qu’on n’a pas beaucoup vu, rate un tir à mi-distance, avant de se reprendre à trois points. Un petit espoir? Vite balayé par Sticky Gutenkauf, qui met deux paniers de loin dont un avec la faute en prime, pour remettre Etzella à +12 (59-71) puis Billy McDaniel, qui montre qu’il sait lui aussi shooter de loin.
L’affaire semble entendue. Mais c’est mal connaître la résilience du Sparta. Qui jette ses dernières forces dans la bataille. Les joueurs de Karl Abou Khalil se battent comme des beaux diables sur chaque ballon et petit à petit, ils refont leur retard grâceà un 8-0. A tel point qu’à 3’28 » de la fin, il n’y a plus que cinq points qui séparent les deux formations (69-74).
Mais quand Davis, bien servi, met un gros dunk, on pense que c’est fini.
Seulement on va assister à l’incroyable réveil de Max Logelin. L’autre international du Sparta va littéralement prendre feu et scorer 11 points de ses 19 pts en quelques minutes pour redonner un dernier espoir au Sparta (80-82). Espoir encore plus grand quand Jarvis Williams pique la balle à Nick Davis pour redonner une possession pour permettre au Sparta de passer devant pour la première fois du match. Malheureusement pour Bertrange, Yannick Verbeelen ratera la mire. Rebond, faute sur Delph, qui met les deux lancers. C’est fini.
Etzella s’en sort. Mais le Sparta, qui a joué pendant 12 minutes sans un de ses pros, n’a vraiment pas grand-chose à se reprocher.
Romain Haas