Daleiden, une rentrée prometteuse
Ralph Daleiden a frappé très fort à l'occasion de sa première "vraie" compétition de la saison, la semaine dernière. Le nageur qui évolue désormais sous les couleurs d'ASU a en effet battu, voire explosé, la bagatelle de trois records nationaux (50, 100 et 200 m nage libre).
Dire que Ralph Daleiden ne regrette pas d'avoir effectué les quelque 180 km qui séparent les université d'Arizona, à Tucson, où il a évolué pendant quatre ans, à celle d'ASU, à Tempe, qu'il a rejointe cette rentrée, est un doux euphémisme : «Je suis très content d'être ici!», martèle l'ancien Wildcats, devenu désormais un Sun Devil.
Enfin, pas complètement. Même s'il est toujours étudiant et qu'il fait désormais un master, le Luxembourgeois de 23 ans n'est plus considéré, sur le plan sportif, comme un étudiant. Mais comme un pro. Attention, ça ne veut pas dire qu'il est payé pour nager mais simplement qu'il ne fera plus de compétition universitaire.
À Tempe, il rejoint son pote Rémi Fabiani, jeune marié, qui est lui aussi passé pro mais qui, contrairement à son compatriote, a un job à côté dans le domaine de l'immobilier.
Et clairement, Ralph Daleiden se réjouit d'avoir changé de crèmerie : «Ça me correspond mieux. Les deux dernières saisons n'ont pas été bonnes. J'ai fait quelques bonnes perfs en grand bain mais c'était grâce à Christophe (NDLR : Audot, l'entraîneur national). Je suis revenu au Luxembourg, j'ai bien bossé trois mois et j'ai sauvé les saisons. Mais sinon, je n'avais rien foutu…»
Apparemment, ça a changé depuis son arrivée : «Ce qui est cool, c'est que je connaissais déjà quelques uns du team. On s'était déjà croisés. Donc ce n'était pas une équipe toute neuve pour moi. Je connaissais leur mojo, je savais comment ils s'entraînaient. J'avais une bonne idée de ce à quoi m'attendre.»
Ce qui l'attendait, c'était un entraînement complètement différent. Pas forcément avec beaucoup de km. Mais avec une énorme intensité du début à la fin : «Chaque séance est très intense. Les séries ne sont pas très longues mais il faut s'appliquer. Le simple fait de nager vite tous les jours, c'est quelque chose de positif. Et même lors des séances plus light, il y a quand même quelques trucs vite à l'entraînement. Des trucs explosifs, comme des 25 m à fond… Sur les deux ou trois entraînements plus faciles on fait quand même des petits sprints. Tu restes tout le temps dans l'esprit qu'il faut aller vite.»
«Tu te donnes à 105%»
Ce qui change, c'est surtout la concurrence. Qui n'a rien à voir avec celle de Tucson : «Le niveau est très élevé. Alors même pour une petite série de trois minutes, le simple fait d'avoir de la concurrence à côté de toi, tu te donnes à 105%. C'est comme cela que tu t'améliores.»
Et preuve qu'il semblait sur la bonne direction avant sa première grosse compète de la saison, c'est qu'il avait réduit l'écart par rapport à certains autres nageurs : «C'est aussi pour cette concurrence que je suis venu ici. Il y a un mec avec qui je m'entraîne beaucoup. Un mec très fort, qui nage 46" au 100 crawl, 1'42" sur le 200 m. Au début je n'étais pas très proche. Mais après quelques semaines, j'ai commencé à me rapprocher de lui. On fait la même chose à l'entraînement et ça te donne confiance. Tu te dis que si tu travailles bien, les temps vont suivre.»
Et c'est exactement ce qu'il s'est passé la semaine dernière, à l'occasion des qualifications américaines pour les championnats du monde, qui se déroulaient à Westmont. Trois courses, trois records nationaux explosés! Dans les faits, ça donne 21"36 sur le 50 m nage libre soit 21 centièmes de mieux que Julien Henx, 46"63 sur le 100 m, donc 84 centièmes de mieux qu'un an auparavant avant de terminer par une masterclass sur le 200 m, avalé en 1'42"93, 2"44 plus vite que son précédent chrono de référence!
Seul petit regret, il ne nagera pas de finale et devra se "contenter" des dixièmes chronos sur les 100 et 200 m. Mais le bilan est plus que positif pour un jeune homme qui a un point de comparaison tout trouvé : «L'an passé au même endroit, j'avais nagé beaucoup moins vite. J'avais peur. Je ne savais pas à quoi m'attendre. Alors que cette année, j'étais beaucoup moins stressé. Bien sûr, il y a toujours de la nervosité mais j'étais plutôt tranquille. Je me sentais très bien. Fort. Explosif.»
Retour à l'entraînement pour Ralph Daleiden, qui a profité du rendez-vous de Westmont pour signer deux temps A de qualification pour les championnats du monde en petit bain de Pékin, début décembre. D'ici là, il repart à l'entraînement. Avec pour objectif de conserver le même état de forme voire de l'améliorer encore. Histoire d'arriver au top en Chine, où il espère pouvoir nager beaucoup d'épreuve différentes.