[Tennis]

Chris Rodesch : «Je crois en moi»

ROLAND-GARROSUn an après ses premiers pas dans un tournoi du Grand Chelem, Chris Rodesch est de retour porte d’Auteuil, où il dispute les qualifications à partir de mardi. Avec l’envie de bien faire.

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Chris Rodesch veut confirmer sa progression depuis son premier passage sur l'ocre parisien. (Photo d'archives : luis mangorrinha)
Chris Rodesch veut confirmer sa progression depuis son premier passage sur l'ocre parisien. (Photo d'archives : luis mangorrinha)

Un an après votre toute première participation à un tournoi du Grand Chelem, vous voilà de retour à Roland-Garros…

Chris Rodesch : C’est chouette de revenir sur le site. Même si j’ai perdu au premier tour l’année dernière, j’en garde de bons souvenirs. Je me réjouis vraiment d’être ici.

En début d’année vous espériez poursuivre votre ascension au classement mondial, ce qui aurait pu vous permettre de vous qualifier directement pour le tableau final. Mais vous avez été stoppé dans votre élan…

J’ai ressenti une petite gêne dans le dos lors du double en Coupe Davis (NDLR : contre l’Ukraine en février). Et après plusieurs jours de repos, j’ai essayé de m’entraîner mais ça n’allait pas. On m’a diagnostiqué une protrusion discale donc j’ai reçu une injection de cortisone, ce qui a fait que j’ai été outpour six semaines. C’est dommage car j’avais une réelle chance d’intégrer le top 100 si j’avais eu le momentum… Mais bon, ça fait partie du sport, il faut l’accepter.

Vous avez ensuite disputé trois matches sur dur avant de lancer votre saison sur terre battue…

Le début n’a pas été aussi bon que je l’espérais, j’ai concédé quelques défaites ces derniers mois. Mais parfois, c’est un mal pour un bien : cela permet de se recentrer sur soi-même. Cette année, je crois que je ne me suis pas donné assez de temps pour effectuer la transition entre le dur et la terre battue. Je dirais que c’est une bonne leçon pour la suite. J’ai également joué contre des joueurs plus forts, ce qui est très bien car cela me permet de savoir sur quels points je dois encore m’améliorer. Une défaite n’est pas analysée de la même façon qu’une victoire. Dernièrement, j’ai fait trois bons matches à Zagreb, c’est positif.

Les tirages au sort n’ont pas non plus toujours été cléments avec vous à l’instar de celui du Masters 1000 de Rome où vous avez hérité du Croate Dino Prizmic (71e) au premier tour des qualifications. Qui a ensuite battu un certain Novak Djokovic, puis le Messin Ugo Humbert (34e) dans le tableau final…

Je le vois sous un autre prisme : Prizmic s’est qualifié pour le tableau principal et c’est aussi mon but. C’est beau de voir que je peux réussir à rivaliser avec des joueurs de son calibre, j’ai quand même eu des chances de remporter le deuxième set. En fait, je n’étais pas si loin dans les deux sets et cela doit aussi me donner confiance.

Vous venez d’atteindre les quarts de finale en Croatie, votre meilleur résultat depuis le lancement de votre saison sur terre battue. Bon pour le moral?

Je crois oui, même si ça a été très dur de perdre contre la tête de série n° 1 du tournoi (NDLR : le Britannique Jan Choinski, classé 104e à l’ATP). J’étais vraiment déçu, surtout au vu de la physionomie du match. Mais, j’ai proposé un bon niveau de jeu. D’ailleurs, mon coach m’a dit que c’était mon meilleur match de la saison sur terre battue voire le meilleur depuis mon retour de blessure, c’est peut-être un déclic mental. Malgré les côtés négatifs liés à une défaite, je crois que je peux être content du niveau de jeu que j’ai affiché avant Roland.

Quels sont vos objectifs à Paris?

Le but, c’est de gagner le plus de matches possible comme toujours (il rit). Je crois en moi. Si je parviens à faire un parcours dans un ou deux grands tournois, je pourrais atteindre le top 100, ce qui peut changer le chemin de ma carrière. Alors il faut être prêt pour tenter d’enchaîner plusieurs victoires, c’est le plus important. Après, les résultats dépendent de beaucoup d’autres choses, je ne peux pas non plus tout contrôler.

Est-ce que vous espérez tirer un joueur français pour vivre le même type d’ambiance que l’année dernière?

Pourquoi pas, c’était sympa comme atmosphère. J’ai été habitué à ce genre d’ambiance, un peu contre moi, quand je jouais à l’université. Ou alors tirer un bon joueur comme Dimitrov par exemple. C’est motivant aussi. Mais l’adversaire que j’affronterai et le court sur lequel je vais jouer me sont plutôt égaux pour être honnête, je veux seulement gagner le plus de matches possible.

C’est votre cinquième participation de suite aux qualifications d’un tournoi du Grand Chelem, vous commencez à accumuler une certaine expérience…

J’en ai parlé avec mon coach quand je suis arrivé sur place et je lui disais que je n’étais pas aussi nerveux que l’année dernière. Et puis, je dois dire que le fait d’avoir récemment joué à Madrid et à Rome a été une expérience très enrichissante pour moi. C’est bien d’évoluer dans des grands tournois où il y a tous les meilleurs mondiaux puisqu’au fil du temps c’est moins impressionnant, ça devient une « habitude » et non plus comme si on était à Disneyland (il rit). Alors, cela permet de se focaliser sur le tennis.

Quid de vos supporters qui s’étaient déplacés en nombre l’année dernière?

Ma famille sera sûrement présente avec mon coach Anders (Johansson), ainsi qu’un ami venu d’Allemagne avec qui je m’entraîne régulièrement. D’autres copains sont en période d’examen, mais il devrait quand même avoir un peu de public luxembourgeois (il rit).

SON ADVERSAIRE

Riedi, une vieille connaissance

Leandro Riedi et Chris Rodesch, tous les deux âgés de 24 ans, se connaissent depuis un bout de temps. Cela date des catégories de jeunes et récemment, en décembre dernier, ils ont même participé à un camp d’entraînement en Suisse, pays natal du premier nommé. Originaire de Frauenfeld dans le canton de Thurgovie, Riedi occupe le 121e rang à l’ATP, soit 45 places devant le Luxembourgeois.

Il a débuté sa carrière sur le circuit professionnel en 2020, année au cours de laquelle le garçon a atteint la finale de Roland-Garros chez les juniors, perdue face à son compatriote Dominic Stricker (333e). Deux ans plus tard, il se qualifie pour la finale du Challenger de Lugano chez les adultes, puis remporte ensuite les tournois d’Helsinki et Andria (Italie) dans cette même catégorie.

En 2023, le droitier a décroché deux victoires de prestige : il a battu un certain Holger Rune (ex-4e mondial) ainsi que le Français Richard Gasquet dans le cadre de la Hopman Cup. Encore plus bluffant, il est devenu, l’année dernière à l’US Open, l’un des joueurs les moins bien classés de l’histoire – il était 435e à l’époque – à se hisser en huitièmes de finale d’un Majeur.

En deux participations à Roland-Garros (2023 et 2024), il n’a jamais franchi le premier tour des qualifications. Depuis le lancement de sa saison sur terre battue, le Suisse a gagné deux des quatre matches qu’il a disputés.

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