[Football]

Chris Philipps : «Le mode de fonctionnement du foot luxembourgeois m’énerve»

[BGL LIGUE] Chris Philipps a pris le premier carton rouge de sa carrière pour brutalité dimanche, contre le Swift, alors que son équipe menait 0-6. C’est quoi cette histoire? Il est devenu méchant, à 32 ans?

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Philipps, agacé par le mode de fonctionnement de la FLF.
Philipps, agacé par le mode de fonctionnement de la FLF.

Prendre un rouge direct quand votre équipe mène très largement au score, ce n’est pas la façon la plus dommageable de conclure une rencontre?

Chris Philipps : Ça se passe juste après la pause. Le gars vient d’entrer en jeu et sur un centre, il arrive en retard, genou en avant, sur notre gardien. Et là, j’y vais dans l’esprit de protéger mon coéquipier et on a un échange comme il y en a souvent sur un terrain de foot. On se bouscule un peu à l’épaule, il s’écroule et il en rajoute des tonnes. Ça fait partie du jeu. Mais alors que le ballon n’est pas dans les parages, l’arbitre (NDLR : Claude Ries) regarde ailleurs et ne voit pas. Moi, je pense que personne n’a rien vu d’ailleurs, personne ne sait qu’il n’y a rien mais l’arbitre revient vers moi et me met le rouge tout de suite.

À 32 ans, un ancien professionnel peut donc encore se faire avoir à l’«expérience», au vice?

Et je ne lui en veux pas, au joueur. Je peux comprendre que leur situation, aux gars du Swift, soit ultra-lourde actuellement. Moi, j’y vais juste pour lui dire : «Calme-toi, il y a 6-0, ça ne sert à rien». Et pas dans l’esprit de le chambrer, ce n’est vraiment pas mon style. Mais le problème, c’est que les arbitres ne sont pas aidés chez nous. S’il y a la VAR, dimanche soir, ils voient qu’il n’y a absolument rien!

Il y a un rapport d’arbitre?

Notre chance au Luxembourg, c’est que nos vestiaires sont à côté des leurs donc après la rencontre, j’y suis allé pour m’excuser de les avoir mis dans cette situation. Et pour leur dire, gentiment, «vous vous trompez, je n’ai pas fait de mauvais geste». M. Ries est ouvert au dialogue, sur le terrain et en dehors, ce qui n’est pas le cas de tous les arbitres du pays. Surtout sur le terrain. Donc on en discute. Il m’indique que c’est son assistant qui a vu mon geste. Et ce dernier m’assure qu’il a vu un mouvement de bras. Moi, l’action est encore dans ma tête et je sais. Mais quand je revois les images de RTL, ça me fait rire. Pour répondre à la question, oui, il y a un rapport d’arbitre. Mais le mode de fonctionnement du football luxembourgeois m’énerve. Ce n’est plus possible de fonctionner comme ça.

Aujourd’hui, dans un championnat sans VAR, c’est souvent celui qui crie le plus fort qui obtient la faute

Expliquez-nous.

Si j’ai bien compris, mon cas ne sera pas étudié cette semaine mais la semaine prochaine. En attendant, je serai suspendu pour le match de samedi contre Differdange. Mais comment c’est possible? Si on revoit les images et qu’on décide que je n’ai pas fait de faute qui mérite un rouge, alors je rate un match pour rien? Et pas n’importe quel match : Differdange! Ce n’est pas normal.

Vous aviez déjà pris un rouge en carrière.

Oui, mais pas un rouge direct. C’était il y a quelques années lors d’un derby contre Etzella, un deuxième jaune. Je n’ai jamais eu un mauvais geste. Pour avoir joué à un autre niveau quand même, je peux vous dire qu’il se passe des trucs sur corner qui sont dix fois plus violents. Mais voilà, aujourd’hui, dans un championnat sans VAR, c’est souvent celui qui crie le plus fort qui obtient la faute.

Vous pensez que ça peut affecter votre image de marque au pays?

Le seul qui m’ait envoyé un message, c’est mon copain, Ralph Schon. Il m’a demandé ce que j’avais fait après avoir lui des résumés qui semblaient dire qu’il s’agissait d’un geste violent… Alors sur cette action, je ne dis pas que je suis le mec le plus intelligent du monde mais franchement, je ne fais pas grand-chose. Par contre, ce matin, quand on m’envoie le journal, j’imagine que c’est mal pris, que les gens se demandent si je n’ai pas pété un câble.

Il est fan du Romeyns nouveau

Benjamin Romeyns est le joueur le plus dangereux de ce début de saison. Devant Ferber. Devant Perez. Devant Stolz… L’attaquant belge pèse 3 buts et 4 passes décisives, bien aidé par l’explosion du Swift (2-7), dimanche soir. Mais les chiffres sont là et ils ont un certain poids pour le garçon prêté par Strassen… au club qui l’avait révélé au Grand-Duché.

Serait-il revenu plus fort? Eh bien figurez-vous que le sujet a été débattu dans le vestiaire wiltzois. Et Chris Philipps a son avis sur la question. Plutôt flatteur pour son coéquipier : «Il a clairement gagné en lucidité à la finalisation. Avant, il avait tendance à juste frapper fort, mais il a travaillé une année complète avec Perez et Matheus et même s’il a moins eu de temps de jeu, il a franchi un palier et est plus lucide devant le but. Non, il a vraiment grandi!».

Belle opportunité donc que de récupérer pour une saison ce garçon, qui pourrait en devenir une pour Strassen, en mai prochain, si l’UNA retrouve un attaquant qui a pris de la confiance avec Wiltz. «Et pourquoi ils ne récupéreraient pas le meilleur buteur de la saison 2026/2027?», sourit Philipps. «En tout cas, il apporte des choses qu’il n’apportait pas il y a deux ans. Et ce qu’il lui fallait, là, c’est un rôle d’attaquant phare sur lequel on s’appuie. Cela va lui faire du bien.»

Holtz à Metz, il y croit fort

Chris Philipps n’a pas vu Metz – Guingamp samedi. Déjà parce qu’il n’a pas Ligue 1+. Ensuite parce que le départ de son pote Gauthier Hein, qu’il adorait autant suivre dans ses pérégrinations messines que Mathieu Udol, copain d’école, a minimisé pour lui l’intérêt de cette reprise. Même s’il aurait une excuse en or pour regarder : Luc Holtz.

Ne serait-ce que pour voir son ancien sélectionneur national commencer à tordre le cou à l’image un peu déplaisante qu’en ont les supporters grenats. Et que Philipps n’a pas aimé voir fleurir sur les réseaux. «C’est dur de lire ces réactions alors que ce qu’il a fait en sélection et même à Mannheim, c’est remarquable. Ceux qui connaissent le foot le savent. Après, par rapport à ses dernières années au pays, on sait qu’il n’éprouve pas le besoin d’être aimé par tout le monde et c’est plutôt une force quand on arrive à Metz, où le public est parfois dur. Mais là, c’est la Ligue 2 et il va avoir plus de latitudes pour mettre ses idées en place.»

Dans ses «idées», il y a Kadamani. Mais l’ailier de bientôt 17 ans a-t-il, dans le coffre, le moyen de faire oublier plusieurs années de déceptions entre le club mosellan et les joueurs luxembourgeois? «C’est ce que je lui souhaite, analyse Philipps. Ce serait bien d’avoir enfin une histoire qui marche. Mais visiblement, il aura des opportunités et je me dis que c’est peut-être ce qui m’a manqué, à moi : pouvoir jouer à un très bon niveau mais en Ligue 2 seulement, pour s’aguerrir et ne pas brûler les étapes. Oui, c’est la Ligue 2 qui m’a manqué. Je pars à Münster quand on descend et on remonte quand je reviens.» Kadamani et Holtz ont droit à cet échelon intermédiaire, et le Nordiste est, par conséquent, confiant pour les deux.

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