[Football]
«C’est l’un des matches les plus importants des dix dernières années»
[Barrages de Nations League] Anthony Moris n’a pas forcément très envie de parler de la guerre au Proche-Orient. Pour lui, le barrage est plus important à l’heure actuelle.
Comment avez-vous vécu les dernières semaines, au cœur du conflit armé qui s’est étendu sur toute la péninsule arabique?
Anthony Moris : Bon, on va la faire courte, parce que le plus important, c’est de parler de Malte, l’un des matches les plus importants des dix dernières années pour le Luxembourg : ma famille et moi sommes rentrés plus tôt en Belgique parce que c’était prévu comme ça de longue date, et sur place, on nous a dit qu’on avait l’habitude de gérer ce genre de conflit. La vie a été normale. Et le retour aussi, depuis Riyad.
Comment vous la trouvez, votre saison à Al-Khaleej?
Il y a des choses. Collectivement, on aurait pu faire mieux, mais on a eu beaucoup de blessés parmi les étrangers et pendant que les autres peuvent mettre les huit autorisés sur le terrain, nous… Par contre, individuellement, je fais ma saison. On parle de moi de façon positive. Je suis dans la continuité de mes saisons en Belgique.
Domingos? Je n’en veux pas à ces jeunes, ils ne comprennent pas l’ampleur de leur choix
Vous parliez d’un des matches les plus importants des dix dernières années, concernant Malte? C’est un moment angoissant?
Pas angoissant du tout. Il y a pire dans la vie. Mais il faut qu’on prenne conscience de l’enjeu et que c’est un moment où l’on doit répondre présent. On est compétiteurs et on sait qu’on serait tous perdants à évoluer en Ligue D, alors qu’il y a peu, on se bagarrait pour intégrer l’Euro et qu’on n’était pas loin de monter en Ligue B. C’est un match important, parce qu’avec tout le respect dû aux équipes de la Ligue D, on est, collectivement et individuellement, supérieurs. Mais si on en est là, c’est qu’on ne méritait pas mieux, qu’on a failli individuellement et collectivement. Perdre cette double confrontation, pour le pays, pour le foot luxembourgeois, pour sa jeunesse, ce serait un gros coup que d’avoir, en automne, à se battre contre Saint-Marin, Gibraltar…
Une relégation en Ligue D aurait-elle une incidence sur la suite de votre carrière internationale?
Aucune.
Comment gérer un match aller-retour, une grande nouveauté pour cette équipe?
On peut comparer ça à un match de Coupe d’Europe. J’ai l’habitude en club. Mais comment on va gérer ce facteur-là…
Vous êtes arrivé à Lipperscheid escorté par cette nouvelle d’un Fabio Domingos qui choisit de représenter le Cap-Vert plutôt que le Grand-Duché. Cela vous touche?
Quad je vois qu’un Leo Barreiro ou un Christopher Martins auraient, aussi, pu faire ce choix… Choisir un pays, c’est une forme de respect pour une fédération qui t’a donné beaucoup. Mais il faut leur donner envie, avoir un projet, le leur présenter. Moi, je n’en veux pas aux jeunes. Ce problème se rencontre partout. Les jeunes ne comprennent pas l’ampleur de leur choix et ils le prennent avec un entourage, une famille, des agents, des amis…