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Awards Night : «Une soirée très forte en émotions»
Présidente depuis février dernier de l’association des journalistes de la presse sportive, Sportspress.lu, Christelle Diederich évoque son prédécesseur, Petz Lahure, disparu en juillet dernier. Mais aussi ses premiers pas dans la fonction et forcément le fameux gala (Awards Night jeudi à 19h au Casino 2000 de Mondorf-les-Bains) récompensant les meilleurs sportifs de l’année 2025…
Christelle Diederich (39 ans) était en poste depuis près de cinq mois lorsque la nouvelle de la disparition de Petz Lahure (79 ans), président de Sportspress.lu pendant 27 ans, fut donnée.
L’actuelle présidente reviendra forcément ce soir sur cet épisode douloureux, puisque évidemment un hommage lui sera rendu.
Lundi soir, alors que la famille Diederich avec leurs deux filles décoraient leur sapin de Noël, Christelle s’offrait une petite pause pour évoquer la fameuse soirée du gala de la presse.
N’est-ce pas trop angoissant de se préparer à votre première Awards Night en tant que présidente de Sportspress.lu ?
Christelle Diederich : Oui, ça l’est un peu. Car j’étais plus spectatrice ces dernières années. Cette fois, ce sera un autre niveau de stress. Il faut se préparer à monter sur une scène alors qu’en tant que journaliste de presse écrite, tu n’as pas l’habitude de te retrouver en première ligne.
Cela fait quelques jours que j’ai un peu de mal à m’endormir, que je me pose sans doute trop de questions sur ce qui peut se passer ce soir. Je me rassure en me disant qu’avec le comité de la Sportspress.lu, on a bien préparé l’évènement.
Vous le verrez, on n’a pas trop changé les choses même s’il y aura quelques petites nouveautés. Il reste beaucoup d’idées de Petz dans cette soirée.
C’est-à-dire ?
Le gala de presse sportive tel qu’on le connaît, c’est l’œuvre de Petz pendant toutes ces années. Je pense qu’il n’y avait pas besoin de beaucoup changer, car c’est quelque chose qui fonctionne bien, qui met bien en valeur les sportifs.
C’était ça le principal et cela va le rester. Petz a toujours voulu faire ça comme ça et c’était bien.
Justement, quel type d’hommage va lui être rendu ?
Il y aura évidemment un hommage. D’abord, Gianni Merlo, le journaliste italien qui est président de l’AIPS (Association internationale de la presse sportive), sera là pour rendre hommage à Petz.
Il y aura une partie de la soirée qui sera très forte en émotions. On s’y prépare comme on peut. Mais il y aura forcément des pincements au cœur.
Petz, c’était un journaliste pur et dur. Sportspress et le journalisme sportif, c’était sa vie.
Vous avez donc repris sa succession assez brusquement (Petz Lahure, diminué par la maladie avait démissionné de ses fonctions de président en février de cette année). Que vous a-t-il apporté ?
Petz, c’était un journaliste pur et dur. Sportspress et le journalisme sportif, c’était sa vie. Il mettait l’ambiance partout où il passait. En déplacement, il irradiait par sa bonne humeur. Il aimait son métier de journaliste sportif. C’est ce que je retiens de lui, ce qu’il m’a inspiré humainement. Cela vaut pour nous tous, je pense.
En tant que président, il était rigoureux et précis. Il faisait beaucoup, donnait de sa personne pour la Sportspress. Je ne suis pas en mesure de faire exactement les mêmes choses que Petz car simplement, je n’en ai pas le temps en tant que journaliste professionnelle qui doit faire 40 heures de travail hebdomadaire. Jour et nuit, il investissait dans sa présidence. Là, depuis février, on a réparti son rôle sur plusieurs épaules.
Vous avez donc assuré sa succession depuis plusieurs mois déjà. Quel regard portez-vous sur votre nouveau rôle ?
J’ai rencontré beaucoup de personnes. Cela m’a ouvert des portes d’ailleurs. Avec plusieurs personnes, j’ai peut-être établi un contact plus facile du fait que je les croise plus souvent. Mais je n’ai pas changé ma personnalité. En premier lieu, je suis toujours la journaliste du Tageblatt. En deuxième lieu, la présidente de Sportpress.lu.
Ce que je ne connaissais pas du tout avant, c’était le monde de l’AIPS. Par exemple, l’année prochaine, il y aura des élections pour la présidence européenne comme la présidence mondiale.
Il faut se préparer, ne pas voter n’importe qui et défendre des droits, des idées et des valeurs. Ce volet-là, je l’ai découvert ces derniers mois.
Pratiquement, cette fonction de présidente reste-t-elle conciliable avec votre travail de journaliste ?
Lorsque je pars en déplacement avec mon rôle de présidente de Sportspress.lu, j’évite de travailler sur l’évènement. C’est hors de question puisqu’il s’agit de deux casquettes différentes. Je vais respecter ça au maximum, car ce serait injuste par rapport aux collègues. Sinon, je m’organise.
Nos réunions de comité à Sportspress.lu, on les planifie souvent à midi où je profite de ma pause. On s’appelle beaucoup. Par exemple, Pierrot (Feltgen, secrétaire de l’association) aime travailler tard le soir, ce qui m’arrange également. On communique.
Je pense qu’on fonctionne bien. La préparation du gala s’est faite de manière assez naturelle, car beaucoup de gens au comité connaissaient la manière de faire de Petz. Cela nous a facilité la tâche même s’il y avait beaucoup à gérer. J’ai l’impression qu’on s’en sort assez bien.
Peut-être que des jeunes filles se diront : pourquoi pas devenir journaliste sportif
Comment avez-vous vécu la crise avec la FLF (Fédération luxembourgeoise de football) en tant que nouvelle présidente ?
Franchement, c’était dur. J’étais là depuis trois, quatre mois seulement. Mentalement, ce n’était pas facile. Je n’avais pas vu venir une crise de cette ampleur. Mais les gens ont toujours été corrects avec moi.
Et je dois dire aussi que c’est avec la FLF qu’on a fait avancer les choses en proposant de nouveaux points presse dans la semaine en amont des traditionnelles conférences de presse d’avant match.
Vous êtes la première femme à ce poste. Dans quelle mesure cela a changé les choses, selon vous ?
J’espère surtout que cela changera l’avenir de la Sportspress. Je ne pense pas que les gens m’aient élue (à l’unanimité) parce que je suis une femme.
Mais cela donne de la visibilité et peut-être que des jeunes filles se diront : « pourquoi pas devenir journaliste sportif ». Si dans quelques années, il y en a plus qu’aujourd’hui, ce sera très bien. Mais je ne veux pas dire que c’est grâce à moi. Mais si cela peut montrer que c’est possible…
Petz, c’était toujours une glace (…) moi, ce sera du chocolat. Sur ça, il n’y a pas de discussion!
Aujourd’hui, quel regard portez-vous sur le journalisme sportif au Luxembourg ?
Je pense qu’on a des conditions de travail assez favorables et qu’il y aura toujours un avenir. La semaine dernière, je faisais un atelier avec des enfants et ils me posaient la question de savoir si on utilisait l’intelligence artificielle.
Je leur expliquais qu’un ordinateur n’expliquerait jamais à notre place des émotions qui se voient devant nous lors de nos reportages. Sinon, je pense qu’il y a toujours des possibilités d’améliorer quelque chose. C’est pour ça que nous sommes là. On va essayer de continuer ainsi.
L’année se termine, quels évènements sportifs vous ont particulièrement marquée ?
Personnellement, j’étais sur les Jeux des petits États (en Andorre). C’était une semaine vraiment chouette. On se retrouve en déplacement avec beaucoup de sportifs qui ne sont pas si souvent que ça dans la lumière, comparés aux pros et aux stars nationales.
J’en ai profité, ça fait toujours plaisir de se pencher sur des sports qu’on ne suit pas toute l’année. Les gens étaient contents d’être là, c’était une superbe expérience. Dans quatre ans, je pense qu’on aura la possibilité de faire de belles choses au Luxembourg.
On revient au gala. Quelles évolutions envisagez-vous pour les prochaines années ?
On reste à la recherche de sponsors, car cela fait vivre cette belle soirée. C’est difficile, on connaît le contexte économique actuel et dans les années à venir, il faudra travailler sur ce point.
La seule décision que j’ai prise pour cette année, c’est que le dessert soit du chocolat (rires). Petz, c’était toujours une glace, même en déplacement, moi, ce sera du chocolat. Sur ça, il n’y a pas de discussion!