[Cyclisme]

Andy Schleck : «On doit être content avec ce qu’on a»

SKODA TOUR DE LUXEMBOURG (16-20 SEPTEMBRE) Andy Schleck (41 ans), patron de l’équipe Lidl-Trek qui est resté comme prévu président du comité d’organisation, nous présente l’édition 2026.

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Andy Schleck, ici aux côtés de son bras droit Benoît Theisen (à g.) et de Dabid Brito Morén et Ed Buchette (à d.), retrouve avec plaisir ses responsabilités de patron du Tour de Luxembourg.
Andy Schleck, ici aux côtés de son bras droit Benoît Theisen (à g.) et de Dabid Brito Morén et Ed Buchette (à d.), retrouve avec plaisir ses responsabilités de patron du Tour de Luxembourg.

Comme les années précédentes, Andy Schleck est apparu très à l’aise pour commenter, en fin de matinée dans les locaux de Skoda à Bereldange, ce que sera l’édition 2026 du Tour de Luxembourg.

Vous êtes ici pour présenter le Tour de Luxembourg 2026. Mais tout d’abord, comment se porte le frais patron de l’équipe Lidl-Trek?

Andy Schleck : Quand on m’a contacté l’an passé pour venir dans l’équipe (il fut d’abord adjoint de Luca Guercilena alors en poste, avant de prendre définitivement sa place à l’issue du Tour de France), j’ai eu cette vision d’entrée. J’ai dit: « Il y a beaucoup de choses que je peux arrêter, mais la chose que je ne peux pas arrêter, c’est le Tour de Luxembourg. Soit vous acceptez et je tiens un double rôle uniquement pendant cette semaine de l’année, ou non. » Finalement, cela a été apprécié par le grand patron de Lidl (également partenaire du Tour de Luxembourg) qui a vu cela comme un plus, du fait de la présence de Lidl dans le sponsoring de la course. La seule chose qui change par rapport à l’an passé, c’est que je ne peux plus être directeur de course (NDLR : ce rôle est désormais tenu par Albrecht Röder). Cela se comprend car il y a parfois des décisions à prendre vis-à-vis des différentes équipes. On a trouvé la solution. Pour les réunions de comité durant toute l’année, je fais les choses comme je les faisais avant. Mais je dois être conscient que je ne pourrais pas faire ça sans une équipe comme je l’ai, avec Benoît (Theisen) et tous les autres bénévoles qui travaillent pour la course durant leur temps libre. Sportivement, cette année, Lidl-Trek sera très ambitieuse avec Sören (Kragh Andersen) qui vient sur la course pour prouver des choses. Mais je sais quelle casquette je vais porter la semaine prochaine, celle du Skoda Tour…

D’ailleurs, comment se passent vos premiers pas en tant que patron de Lidl-Trek?

C’est beaucoup plus de travail que ce à quoi je m’attendais, mais c’est souvent comme ça. C’était une année assez difficile quand même avec le départ de Luca, un peu trop tôt, je dirais. J’ai dû travailler en tant que CEO, en voyageant beaucoup, à gauche et à droite, souvent aux États-Unis pour rencontrer les sponsors, discuter pour l’année prochaine et suivre les discussions pour les transferts, être aussi présent, car je suis revenu dans l’équipe. Pour avoir le respect, on doit travailler et ne pas se relâcher. J’ai passé beaucoup de temps pour ça. C’est ma famille qui a souffert le plus, mais j’ai une femme énorme qui me soutient dans tout ce que je fais, et sans elle, cela n’aurait pas été possible. On essaie de partager les rôles car on ne peut pas être partout en première ligne.

On connaît son caractère, Mathieu Van der Poel viendra pour jouer la gagne

Venons-en à cette édition 2026 du Tour de Luxembourg…

Franchement, pour être très honnête, c’est l’un des meilleurs parcours possibles de ces dernières années. L’étape de Diekirch est très difficile. Cette étape a déjà été faite. Mais le lendemain, il y a le contre-la-montre. Tout peut se passer. Je remarque qu’UAE vient toujours au départ avec une équipe forte. Je ne sais pas quel lien ils ont ici au Tour de Luxembourg, mais c’est bien, ils viennent toujours avec l’ambition de s’imposer! Mathieu van der Poel revient sur une course qu’il avait perdue de peu voici deux ans (NDLR : le Néerlandais qui avait remporté la première étape en 2024 et terminé deuxième des deux suivantes, avait fini deuxième du classement général, battu de quinze secondes par l’Italien Antonio Tiberi). On connaît son caractère, il viendra pour jouer la gagne. D’autres coureurs sont en forme et beaucoup de choses peuvent se passer. Les grands noms sont soulignés, mais on ne sait jamais, on peut avoir un scénario comme il y a deux ans, où tout se joue dans la dernière étape. Mais Mathieu (van der Poel) a grandi et est devenu aussi un spécialiste du contre-la-montre, peut envisager le maillot. Je pense que ce sera très ouvert.

Côté luxembourgeois, on va retrouver au départ deux coureurs de l’équipe Lotto-Kern Haus ainsi que l’équipe nationale…

Franchement, même si je n’étais pas luxembourgeois, je désignerais Mathieu Kockelmann comme le favori de la deuxième étape à Junglister. C’est un parcours qui lui convient bien. Maintenant dans une arrivée au sprint, c’est toujours difficile à dire. Ce n’est pas comme une étape en montagne où généralement, le meilleur s’impose. Dans un sprint, c’est plus aléatoire, ce n’est pas forcément le meilleur qui gagne, il y a beaucoup de choses qui jouent. Mais pour moi, avant le départ de ce Tour de Luxembourg, c’est le coureur luxembourgeois sur lequel je fonde plus d’espoirs.

Vous avez le regret de ne pas voir au départ plus de coureurs professionnels luxembourgeois?

Ce n’est pas moi qui peux gérer le programme des équipes qui veulent garder leurs bons coureurs pour marquer des points sur d’autres courses. Je le comprends. J’aurais aimé avoir tous les coureurs au départ, mais on a quoi à faire pour le futur pour être encore plus attractif pour eux?

Je ne peux rien confirmer aujourd’hui, mais l’idée est de l’organiser (Un Tour de Luxembourg femmes) en même temps que la course masculine

Avec la proximité des championnats du monde fin septembre au Canada et les classiques à Québec puis à Montréal, vous avez craint pour votre plateau de cette édition?

Oui, c’est vrai, on savait que ce n’était pas idéal. Mais d’autres contraintes nous font plus mal que le championnat du monde, c’est le fait qu’il y a de moins en moins d’équipes professionnelles, ce qui nous empêche d’avoir un peloton plus grand. À la fin, on a un beau plateau, on doit être content avec ce qu’on a. L’année prochaine, les championnats du monde seront en France (27 août-5 septembre), les équipes seront plus nombreuses en Europe. On peut dire que les championnats du monde se courent par nations et se font avec les équipes nationales, c’est vrai, mais les équipes pros fournissent le personnel d’encadrement. À titre d’exemple, en ce moment, nous avons trente personnes de Lidl-Trek au Canada qui supporteront les différents coureurs lors des Mondiaux.

Vous insistez également sur la sécurité qui ne fait plus défaut sur votre course mais qui fait toujours parler sur le plan international…

En fait, je trouve qu’on ne doit plus trop en parler. On savait qu’on avait ce problème en 2020 (NDLR : où différents incidents avaient ponctué cette édition), mais on a fait nos devoirs et on reste sur un très bon niveau. Mais au niveau de l’UCI (Union Cycliste International) et du CCP (Conseil du Cyclisme Professionnel), cela reste un thème car il y a toujours des accidents et malheureusement certains très, très graves. On a une influence jusqu’à un certain point. Si par exemple, on a un chien qui rentre dans le peloton à Vianden, on ne peut rien faire. Mais pour sécuriser et protéger le parcours, on a prouvé qu’on sait ce qu’on fait.

Voici un an, vous évoquiez un Tour de Luxembourg femmes. Vous avez avancé?

On fait des grands progrès*, nous aurons encore beaucoup de réunions ces prochaines semaines, mais malheureusement, je ne peux pas parler davantage. Si on le fait, ça doit être bien. On essaiera ça pour l’année prochaine. Mais pour le format, nous ne sommes pas encore décidés, tout dépendra du sponsoring. Je ne peux rien confirmer aujourd’hui, mais l’idée est de l’organiser en même temps que la course masculine.

Depuis 2026, la Flèche du Sud est montée d’un échelon (elle est passée de la catégorie 2.1 à la catégorie 2.2). Comment jugez-vous cette évolution?

Ce n’est pas du tout une concurrence, la Flèche du Sud (NLDR : qu’il a remportée en 2004) garde sa super notoriété et je la supporte à 100 %. Si une troisième course par étapes luxembourgeoise se créait, je la soutiendrais également. Nos dates sont différentes, ce n’est pas la même notoriété que nous, mais pour le cyclisme et pour le pays, c’est très, très bien!

* Selon nos informations, les organisateurs du Festival Elsy Jacobs seraient entrés en discussion avec les organisateurs du Tour de Luxembourg.

MODE D’EMPLOI

Les étapes :

Mercredi 16 septembre, 1re étape : Luxembourg Knuedler – Luxembourg Fëschmaart (157, 5 km)

Départ à 14 h 45, arrivée vers 18 h 30

Jeudi, 2e étape : Niederkorn – Junglister (166, 8 km)

Départ à 14h25, arrivée vers 18 h 30

Vendredi, 3e étape : Wiltz – Diekirch (179, 6 km)

Départ à 14 h, arrivée vers 18 h 30

Samedi, 4e étape : CLM de 20,4 km à Ettelbruck

Départ du 1er coureur à 16 h 09, arrivée du dernier coureur vers 18 h 30

Dimanche 20 septembre, 5e et dernière étape : Mersch – Luxembourg Limpertsberg (177 km)

Départ à 12 h 15, arrivée vers 16 h 30

Les principaux engagés : Arrieta, Christen, Johansen, Pericas (UAE), Van der Poel, Dillier, Riesebeek, Verstrynge (Alpecin-Premier Tech), Dewulf, Gautherat, Naesen, Paret-Peintre (Decathlon CMA-CGM), Agostinacchio, Honoré, Mihkels, Valgren, Van den Berg (EF Education-EasyPost), Bagioli, Geoghegan Hart, Kragh Andersen, Mollema, Oomen (Lidl-Trek), Stuyven, Van Baarle (Soudal-Quick Step), Doull, Hagenes, Kielich, Piganzoli (Visma-Lease a Bike), Florez (Modern Adventure), Maris (Flanders-Baloise), Doubey, Breuillard, Guernalec, Vercher, Thierry, Gachignard (TotalEnergies), Lozouet, Mariault (CIC Pro Academy), Costa, Rota, Silva (Feira dos Sofas-Boavista), Westbroek (Metec), Adamietz, Zemke (Rembe), Nielsen (Coloquick), Kess, Wallenborn (Lotto-Kern Haus), Berns, Bettendorff, Kockemann, Vlavasori, Ury, Wirtgen (Luxembourg).

Derniers vainqueurs :

2025 : Brandon Mc Nulty (USA)

2024 : Antonio Tiberi (iTA)

2023 : Marc Hirschi (SUI)

Andy Schleck, vendredi à Bereldange
Andy Schleck, vendredi à Bereldange
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