Vignette belge : les communes frontalières dans le flou

L’arrivée, le 1er mai 2027, de la vignette de péage belge aura également des conséquences au Luxembourg. Faute d’informations claires de la part du pays voisin, les communes frontalières sont dans l’incertitude.

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Plusieurs milliers de voitures supplémentaires pourraient traverser quotidiennement Pétange.
Plusieurs milliers de voitures supplémentaires pourraient traverser quotidiennement Pétange.

La Belgique s’est accordée, en juillet dernier, pour que l’ensemble des automobilistes utilisant ses infrastructures routières y contribuent financièrement, via l’introduction d’une vignette virtuelle.

Une vignette que les Luxembourgeois souhaitant franchir la frontière devront eux aussi acquérir. Le ministre wallon François Desquesnes, en charge de la Mobilité, a d’ailleurs indiqué qu’il n’y aurait aucune exception pour les frontaliers. Si l’on sait que les autoroutes et certaines routes nationales sont concernées, aucune liste reprenant l’ensemble des voiries qui deviendront payantes n’a cependant encore été diffusée.

Une situation qui plonge certains bourgmestres luxembourgeois dans le flou, à l’image de Jean-Marie Halsdorf (CSV), à la tête de Pétange. «On ne sait pas encore si la N830, l’avenue de l’Europe, sera concernée ou non par ce péage», indique le bourgmestre, qui espère que ce ne sera pas le cas.

Une hypothèse qui paraît toutefois peu probable au vu de l’importance de cet axe et du trafic qu’il supporte. «Si cette route devient payante, on craint que des milliers d’automobilistes l’empruntant pour relier la France au Luxembourg en passant par la Belgique ne se rabattent sur la N5, qui traverse Pétange», s’inquiète le bourgmestre.

5 000 véhicules supplémentaires

Selon les estimations de la commune, environ 10 % des 50 000 automobilistes qui empruntent quotidiennement cet itinéraire pourraient ainsi se retrouver sur la Nationale 5. «Cette route, où le trafic est déjà dense, n’est pas conçue pour accueillir 5 000 véhicules supplémentaires par jour», s’insurge le bourgmestre.

Un projet de dédoublement de la N830 avait d’ailleurs été envisagé il y a quelques années afin de la désengorger. Il semble toutefois aujourd’hui peu probable que le Luxembourg investisse dans de tels travaux alors que ses propres citoyens devront être détenteurs de la vignette pour pouvoir emprunter les axes concernés sans risquer une amende.

Alors que le ministre wallon a été très clair sur l’absence d’exception pour les régions frontalières, la riposte ne semble pas encore s’organiser formellement du côté grand-ducal.

La ministre de la Mobilité et des Travaux publics, Yuriko Backes, avait néanmoins annoncé que le gouvernement continuerait à défendre les intérêts de ses citoyens et de ses entreprises. Le ministère avait également souligné que le respect du droit de l’Union européenne constituait un élément essentiel de tout dispositif de ce type. Il s’était d’ailleurs dit prêt à contester cette vignette si elle s’avérait contraire au droit européen.

Non respect du droit européen?

Sur les réseaux sociaux comme dans les conversations du quotidien, certains Luxembourgeois semblent déjà bien décidés à ne pas s’acquitter du montant de cette vignette, même s’il n’est pas exorbitant, quitte à ne plus franchir la frontière.

Alors que les habitants de toute l’Europe empruntent gratuitement les routes luxembourgeoises et qu’un pôle européen de développement a été créé à Rodange, non loin de la frontière franco-belgo-luxembourgeoise, beaucoup peinent à comprendre ce qu’ils considèrent comme un retour en arrière.

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