Vers une prolongation des aides énergétiques en 2027

Le Comité de suivi de la tripartite s’est engagé à prolonger au-delà du 31 décembre prochain les aides énergétiques. Y compris le rabais à la pompe? Les tractations sont lancées.

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Le Premier ministre, Luc Frieden, et les partenaires sociaux ont scellé un accord de principe pour prolonger les aides énergétiques.
Le Premier ministre, Luc Frieden, et les partenaires sociaux ont scellé un accord de principe pour prolonger les aides énergétiques.

Il faudra attendre jeudi prochain, le 29 octobre, pour en savoir plus sur les modalités pour la prolongation des aides décidées en juin par la tripartite.

Mardi soir, à l’issue d’une réunion de près de cinq heures, le Premier ministre, Luc Frieden, s’est contenté d’annoncer un accord de principe trouvé avec les syndicats et le patronat pour maintenir «d’une manière ou d’une autre» des subventions étatiques dans le domaine de l’énergie.

Pour rappel : depuis l’été et jusqu’en fin d’année sont d’application un rabais de 5 centimes par litre de diesel et d’essence (gasoil agricole compris), 15 centimes d’euro par litre de mazout, 15 centimes par mètre cube de gaz et 4 centimes par kWh d’électricité.

Des mesures complémentaires en faveur des ménages et entreprises avaient été décidées avant l’été.

«Aider les ménages et les entreprises»

«Les aides sur l’énergie et dans d’autres domaines ont atteint leur objectif. Nous avons réussi à freiner l’inflation, à augmenter le pouvoir d’achat des ménages et à permettre aux entreprises de survivre, de maintenir et même de créer de nouveaux emplois», se félicite le Premier ministre. «Il est aussi clair que la situation reste complexe dans son ensemble, en raison notamment d’un contexte géopolitique très imprévisible. Les prix de l’énergie sont toujours à la hausse, certains produits alimentaires connaissent aussi une augmentation des prix, notamment en raison de la canicule», poursuit-il.

Malgré les subventions en place, les prix de l’énergie ont ainsi connu une nouvelle hausse spectaculaire en septembre. «La baisse attendue des prix est repoussée. Le choc apparaît désormais moins transitoire et pourrait avoir des effets jusqu’en 2028», alerte le Statec.

Gouvernement, syndicats et patronat vont donc se retrouver la semaine prochaine pour «poursuivre et finaliser» les pourparlers. Le contenu d’un éventuel «Paquet résilience 2.0» reste encore très flou. «Le Luxembourg doit rester un pays dans lequel on peut bien vivre ensemble. Si des difficultés se présentent, il faut aider à la fois les ménages et les entreprises», fait remarquer le Premier ministre.

«Éviter le risque de tensions sociales»

Si OGBL, LCGB et CGFP insistent sur le maintien du pouvoir d’achat, sans manipulation de l’index, le camp patronal, réuni sous le toit de l’Union des entreprises luxembourgeoises (UEL), souhaite éviter à tout prix le déclenchement d’une nouvelle tranche indiciaire avant juin 2027, douze mois après celle versée en juin de cette année.

Selon les derniers chiffres du Statec, les mesures décidées par la tripartite en juin ont permis d’éviter le déclenchement d’un second index avant la fin de cette année 2026. Le prochain est attendu pour le second trimestre 2027, voire plus tôt (lire ci-contre).

Quelles seront en fin de compte les mesures prolongées? Tous les yeux sont rivés sur les produits pétroliers, le rabais à la pompe en tête. Dans une note, le ministère de l’Économie avance que «les interventions sur le prix des énergies fossiles risquent de compromettre la sécurité d’approvisionnement et de cimenter les dépendances». S’y ajoute le facteur climatique. Avec les aides en vigueur, le Luxembourg devrait atteindre tout juste son objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Faute de plus de précisions, le Premier ministre formule un objectif global : «Il nous faut voir comment éviter que les coûts ne deviennent trop élevés pour les ménages et les entreprises, aussi pour éviter un risque de tensions sociales.» Luc Frieden s’est dit «fier» de vivre dans un pays où le «dialogue social» favorise la «cohésion sociale et la stabilité», ce «qui n’est pas le cas de la même manière dans nos pays voisins».

Le camp syndical et patronal a convenu avec le gouvernement de ne pas commenter à ce stade les négociations en cours.

Le prochain index encore avant mars 2027?

L’échéancier des prochaines tranches indiciaires constitue un des enjeux majeurs des nouvelles tractations en format tripartite.

Selon les derniers chiffres du Statec, les mesures décidées en juin ont permis d’éviter le déclenchement d’un second index avant la fin de cette année 2026, après celui versé en juin dernier. Il reste à définir quand tombera la prochaine tranche. Le camp patronal veut éviter le versement d’un prochain index avant juin 2027. Les prévisions actuelles misent sur le second trimestre 2027 pour une prochaine revalorisation des salaires et pensions de 2,5 %. Pas sûr que l’échéance fixée par l’UEL puisse être respectée.

En raison du choc énergétique qui se prolonge dans la durée, le directeur du Statec, Tom Haas, interrogé par la radio 100.7, n’exclut même plus le déclenchement d’une tranche indiciaire dès le premier trimestre 2027.

L’inflation cumulée atteint 1,9 % en septembre. La prochaine indexation sera déclenchée lorsque ce taux dépassera les 2,5 %. Des actualisations des prévisions sont prévues pour le 30 octobre (index), puis le 4 novembre (inflation).

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