Vaccin antigrippal : «10 000 doses de spray nasal ont déjà été distribuées»

En ce début d’automne, le Dr Jean-Claude Schmit, le directeur de la Santé, fait le point sur la situation concernant les infections respiratoires et les bons réflexes à adopter.

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Selon le Dr Jean-Claude Schmit, la grande vague d'infections arrive d'habitude en décembre. (Photo d'
Selon le Dr Jean-Claude Schmit, la grande vague d'infections arrive d'habitude en décembre. (Photo d'

Quelles sont les premières tendances en 2026 concernant les infections respiratoires?

Jean-Claude Schmit : C’est assez calme. Il y a eu une petite vague de covid, avec moins d’infections que l’année passée. Quelques cas de grippe ont été relevés il y a deux semaines : un petit pic d’une cinquantaine d’infections, qui est en train de retomber. On n’est certainement pas dans la phase de la grande vague d’infections.

À quelle période atteint-on généralement le pic?

Pour la grippe, c’est classiquement la deuxième moitié de décembre, parfois pendant les vacances scolaires. Cela reprend ensuite en janvier et peut aller jusqu’à fin février, voire parfois mars. Pour le RSV (NDLR : virus respiratoire syncytial), c’est similaire, mais parfois plus précoce, plutôt novembre.

Comment explique-t-on ces pics?

La météo joue indirectement. Quand il fait froid, les gens se rassemblent à l’intérieur et les contacts sont plus rapprochés, ce qui facilite la transmission. Les écoles sont un autre facteur très important, notamment pour la grippe. Les virus de la grippe circulent très facilement chez les enfants et les adolescents, parfois sans les rendre très malades. Mais s’ils circulent dans les écoles, ils circulent ensuite dans les familles.

Cela a un impact sur la scolarité et un impact indirect sur l’économie

Quels sont les risques de ces infections pour les enfants?

Chez les tout-petits, le RSV provoque la bronchiolite, surtout chez les nouveau-nés, durant les premiers mois de vie. On dispose désormais d’un traitement par anticorps (immunisation passive) et de la vaccination de la femme enceinte, qui protège indirectement le nouveau-né. Depuis, le nombre d’infections a dramatiquement diminué et on voit très peu de formes graves.

Pour le covid, ce n’est pas un grand problème chez les enfants. Quant à la grippe, elle peut provoquer de la fièvre, de la toux, des maux de tête. Les enfants sont facilement malades quelques jours et doivent rester à la maison, ce qui oblige souvent un parent à rester aussi. Cela a un impact sur la scolarité, car l’enfant manque l’école, et un impact indirect sur l’économie.

Il peut aussi y avoir des complications graves. Toutes les quelques années, un enfant décède malheureusement de la grippe. C’est pourquoi la vaccination antigrippale est relancée chez les enfants de 2 à 17 ans inclus, avec un nouveau vaccin sous forme de spray nasal qui offre une très bonne protection. Une campagne est en cours.

Pouvez-vous nous en dire plus sur ce spray nasal?

Il s’agit d’un vaccin à virus atténué. À partir de 8 ans, une seule application suffit. On se rend chez le médecin de famille ou le pédiatre qui a ce vaccin en stock et il l’administre immédiatement pendant la consultation. Ça ne fait pas mal, c’est comme un spray nasal classique, et c’est très bien toléré, avec peu d’effets secondaires. On protège bien l’enfant par la suite.

Le Luxembourg a reçu 20 000 doses cette année, et la moitié a déjà été distribuée. Il n’a pas été possible d’en obtenir davantage, car une seule firme produit ce vaccin et plusieurs pays européens veulent le déployer, donc les quantités disponibles sont limitées.

Quels sont les risques de ces infections pour les personnes âgées, autre population fragile?

Pour les 65 ans et plus, les trois virus peuvent être importants. Pour la grippe, les complications augmentent avec l’âge, dès 65 ans, mais ce sont surtout les personnes très âgées qui sont à grand risque. La vaccination est recommandée depuis de nombreuses années. La nouveauté, c’est un vaccin hautement dosé, plus efficace que l’ancien. Pour le covid, il reste actif dans cette population et le risque de complications augmente avec l’âge. La vaccination reste recommandée.

Enfin, le RSV, ce virus qui donne la bronchiolite chez les tout-petits, provoque aussi des infections respiratoires chez les personnes âgées. Le risque augmente surtout à partir de 75 ans. La vaccination est également recommandée dès 65 ans en cas de comorbidité (maladies pulmonaires, cardiaques, etc.), ce qui concerne beaucoup de personnes à cet âge. Pour la première fois cette année, le vaccin est mis gratuitement à la disposition de cette population.

La grippe à un niveau bas, le covid est stable

Au cours de la semaine du 12 au 18 octobre, le nombre de cas de covid déclarés par les laboratoires a légèrement diminué, passant de 138 à 126. Le ministère de la Santé note que «le nombre de cas reste inférieur à celui observé à la même période au cours des années précédentes». Les dernières données de séquençage disponibles révèlent que les variants XFG (65 %) et NB.1.8.1 (15 %) prédominent.

Concernant le virus de l’influenza, le nombre de cas de grippe déclarés par les laboratoires passe de 29 à 32 cas par rapport à la semaine précédente. «Le nombre de cas reste donc globalement stable et à un niveau comparable à celui observé les années précédentes à la même période», précise le ministère de la Santé. Les analyses ont montré 79 % de cas de grippe A et 21 % de cas de grippe B parmi les résultats typés.

Le nombre de cas de RSV déclarés par les laboratoires reste faible, avec 5 cas en semaine 42, contre 2 la semaine précédente.

Il y a quelques semaines, le ministère de la Santé lançait la troisième édition de sa campagne de prévention des infections respiratoires. Elle vise la grippe, le Covid-19, la bronchiolite à RSV, la coqueluche et les pneumonies à pneumocoque.

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