Le chantier du Space Campus décolle au ParcLuxite
À Kockelscheuer, le projet du NEOS Space Campus prend son envol avec le lancement en grandes pompes du chantier par le Premier ministre, Luc Frieden, ce lundi après-midi.
Le ParcLuxite à Kockelscheuer, terreau de l’industrie luxembourgeoise depuis un siècle, continue de se développer avec l’arrivée sur le site du NEOS Space Campus Luxembourg.
Un tout nouveau complexe pensé pour continuer de développer la recherche spatiale au Grand-Duché. Le Premier ministre, Luc Frieden, le ministre de l’Économie, Lex Delles, le ministre des Finances, Gilles Roth, et le bourgmestre de Roeser, Tom Jungen, étaient réunis ce lundi après-midi pour la cérémonie de lancement de ce chantier d’envergure.
«Ce Space Campus représentera un pôle de savoir, d’innovation, de nouvelles technologies et par conséquent de nouvelles activités industrielles», se réjouit le Premier ministre.
«Si le Luxembourg veut jouer un rôle dans ce segment, et c’est le cas, il faut un endroit où les entreprises spatiales peuvent se développer. Nous devons réunir tous les acteurs, car c’est en étant ensemble que l’on peut mettre en œuvre de nouvelles idées.»
Les politiques sur place ont réalisé le premier acte symbolique du chantier en posant du ciment à la truelle sous les applaudissements des invités. Sur place, Tom Jungen commente le projet : «En tant que bourgmestre, je suis fier de cette décision. Le Space Campus est le fruit d’un parcours de près de 20 ans. C’est la cerise sur le gâteau de pouvoir l’accueillir sur notre commune.»
Il explique que les habitants sont fiers de pouvoir accueillir ces nouvelles infrastructures.
Un bijou de technologie(s)
Le site, dont la construction est assurée par CDCL, se structurera autour d’un bâtiment principal, baptisé «Nova». Cinq étages, 10 000 m2, qui deviendront le futur siège de la Luxembourg Space Agency (LSA), un incubateur pour les start-up luxembourgeoises du secteur spatial et des espaces collaboratifs.
Le tout doté d’une grande salle de conférence. Un second pôle, complémentaire à celui du ParcLuxite, se situera à Belval. Il sera dédié à la recherche, à l’innovation et à la formation.
Mais la pierre angulaire à Kockelscheuer sera certainement le tout nouveau centre national de test, à quelques mètres du bâtiment principal. «Ce centre sera doté d’une chambre à vide thermique et de bureaux sécurisés» développe Lex Delles, ministre de l’Économie.
«Il faut savoir que certaines entreprises du domaine spatial ne peuvent pas participer à des appels à projets internationaux parce qu’elles doivent disposer d’un bureau sécurisé complet au moindre petit projet.»
L’objectif poursuivi est de rendre abordables plusieurs dispositifs onéreux pour les petites entreprises. «Certaines infrastructures coûtent des millions d’euros. Toute entreprise qui n’a pas les moyens d’investir dans un tel dispositif pourra ici le louer.»
En outre, le centre de test, qui s’étendra sur environ 7 000 m2, sera équipé de chambres acoustiques réverbérantes, d’installations pour les essais radiofréquences et de compatibilité électromagnétique ainsi que de salles blanches conformes aux standards internationaux.
D’ailleurs, l’ensemble du site a été conçu de manière à satisfaire aux exigences de sécurité des projets nationaux, de l’Union européenne et de l’OTAN.
Une enveloppe de 195 millions d’euros
Le centre national de test représente à lui seul une enveloppe de 195 millions d’euros, dont 55 uniquement consacrés aux moyens de test. Un budget assumé par le gouvernement pour maintenir le Grand-Duché en haut du classement dans la technologie des satellites, notamment.
«Nous avons une histoire dans le domaine spatial avec le succès de la Société européenne des satellites», souligne Luc Frieden. «Si on souhaite rester un leader, il faut continuer à se développer. L’innovation, la recherche et le secteur des satellites sont aujourd’hui des éléments extrêmement importants.»
De son côté, le ministre de l’Économie évoque les objectifs du Grand-Duché en matière de recherche spatiale. «Notre volonté est très claire. Nous entrons dans une nouvelle ère, avec un site dédié, dans un écosystème qui arrive à mieux se développer qu’auparavant. On sait que le marché est en pleine ascension, on a plus de 80 entreprises au Luxembourg qui travaillent dans le domaine et elles auront besoin de ces infrastructures.»
Le nom NEOS Space Campus vient de la société NEOS S.A., entièrement détenue par l’État luxembourgeois afin d’exploiter et gérer l’ensemble du campus.
L’incubateur du campus et les espaces dédiés aux start-up seront accompagnés par Technoport, une structure basée à Belval (Esch-sur-Alzette), qui bénéficie d’une longue expérience dans l’accompagnement de jeunes entreprises.
«Nous avons déjà une bonne réputation et nous voulons montrer avec ces infrastructures que nous sommes aussi un pays tourné vers l’avenir. Un pays où l’innovation et le développement des activités autour de l’espace jouent un rôle important», conclut le Premier ministre.
L’inauguration du complexe est prévue pour 2028.