Grand-Duc Guillaume : «Nous devons résister à la tentation de renoncer à la coopération»

Le Grand-Duc Guillaume a tenu mardi devant l’ONU un plaidoyer pour renforcer le multilatéralisme dans un monde où la confiance s’érode entre États. Les jeunes ont, selon lui, un rôle essentiel à jouer.

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Le Grand-Duc Guillaume a plaidé, mardi, devant l'Assemblée générale de l'ONU, pour rétablir la confiance entre les États, une clé pour renouer avec la paix, le multilatéralisme et l'ordre international.
Le Grand-Duc Guillaume a plaidé, mardi, devant l'Assemblée générale de l'ONU, pour rétablir la confiance entre les États, une clé pour renouer avec la paix, le multilatéralisme et l'ordre international.

D’ordinaire, le Premier ministre ou le ministre des Affaires étrangères s’exprime au nom du Luxembourg devant l’Assemblée générale des Nations unies, organisée tous les mois de septembre à New York. Près d’un an après son arrivée sur le trône, le Grand-Duc Guillaume s’est dit «honoré» de pouvoir «réaffirmer l’importance que le Luxembourg accorde à l’ONU et à un ordre international fondé sur des règles et ancré dans l’État de droit».

Un peu plus de 80 ans après la fin de la Deuxième Guerre mondiale, le monde est en ébullition, la guerre est de retour sur le continent européen à la suite de l’agression de la Russie contre l’Ukraine. «C’est un rappel que la paix exige un engagement constant. Les Nations unies elles-mêmes sont nées de ce choix. Leur Charte nous appelle à unir nos forces pour maintenir la paix et la sécurité internationale et, surtout, à préserver les générations futures du fléau de la guerre. Cette promesse est soumise à une pression considérable, mais elle n’a pas échoué», estime le Grand-Duc.

La clé pour aller de l’avant serait de rétablir la confiance entre les États, un des fils rouges du discours engagé du souverain. «Lorsque j’essaie de dresser un tableau honnête du monde dans lequel nous vivons, une chose me frappe particulièrement : la confiance est de plus en plus mise à rude épreuve», introduit-il, avant de poursuivre : «La confiance entre les nations, la confiance entre les peuples et, peut-être plus important encore, la confiance dans notre capacité à travailler ensemble. Et pourtant, je crois que c’est précisément par la confiance que nous devons commencer».

«Confier des responsabilités aux jeunes»

La «conviction» d’aller de l’avant ensemble n’aurait rien de «naïf». «Je suis pleinement conscient des difficultés auxquelles nous faisons face. Mais c’est précisément parce que le monde devient plus difficile que je pense que nous devons résister à la tentation de renoncer à la coopération», appuie le Grand-Duc Guillaume.

À l’image de son discours du trône, le 3 octobre dernier, le nouveau chef de l’État a réservé une place importante à la jeune génération. Il serait «absolument fondamental de faire confiance aux jeunes», ce qui signifierait de leur «confier des responsabilités et de leur permettre d’agir».

En fin de compte, il reviendrait aux Nations unies de «protéger les droits, la sécurité et le bien-être de tous». «Nous devons écouter les jeunes et leur demander ce que nous pouvons construire ensemble, en travaillant main dans la main au-delà des cultures et des génération», insiste le souverain, avant de compléter plus loin : «En définitive, le véritable test du multilatéralisme (…) consiste à savoir si, grâce à nos décisions, un enfant est davantage en sécurité, si un jeune peut recevoir une éducation, si une famille peut vivre dans la dignité ou si un petit pays peut avoir confiance dans le fait que le droit international le protégera lorsque la seule puissance ne le peut pas».

«Voilà pourquoi la confiance est essentielle. Et voilà pourquoi le Luxembourg continuera à défendre le multilatéralisme», conclut le Grand-Duc Guillaume, avant de céder la parole au président français, Emmanuel Macron.

En 2031 : l

e Luxembourg veut retourner au Conseil de sécurité

La candidature est déposée depuis 2016. Mardi, le Grand-Duc Guillaume est venu donner du poids à la volonté du Luxembourg de retourner siéger en tant que membre non permanent du Conseil de sécurité des Nations unies. Un premier mandat a pu être décroché pour la période 2013/2014. Le Grand-Duché vise à devenir un des dix membres non permanents en 2031 et 2032.

«L’expérience acquise en 2013 et 2014 nous a montré que les membres élus peuvent réellement faire la différence, notamment lorsque les membres permanents du Conseil de sécurité sont divisés. C’est pour cette raison que le Luxembourg demande aux États membres de lui accorder leur confiance (…) Nous le faisons avec humilité, mais avec la ferme conviction qu’un petit pays peut apporter une perspective différente, rapprocher des positions divergentes et contribuer à trouver un terrain d’entente», a développé le Grand-Duc à la tribune.

Le chef de l’État a en même temps plaidé pour une réforme des institutions onusiennes. «Le Conseil de sécurité doit devenir plus représentatif, plus efficace et davantage responsable devant l’ensemble des membres des Nations unies. L’Afrique, en particulier, doit disposer d’une voix plus forte. Et lorsque le Conseil est paralysé, l’Assemblée générale doit pouvoir jouer pleinement son rôle», a-t-il mis en avant.

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