Fokus dit non aux compensations

Marc Ruppert a dit son exaspération de voir le Luxembourg toujours verser des compensations aux pays voisins pour les frontaliers. Pour lui, il faut que cela cesse.

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Marc Ruppert craint que les compensations versées par le Luxembourg deviennent toujours plus conséquentes à l’avenir.
Marc Ruppert craint que les compensations versées par le Luxembourg deviennent toujours plus conséquentes à l’avenir.

Le Luxembourg ne doit pas être «la vache à lait» de la Grande Région, juge sans appel le président de Fokus, le microparti de Marc Ruppert. Il a décidé d’exprimer son mécontentement après avoir lu une interview de l’ambassadeur de France parue dans le Land, qui réclamait un financement luxembourgeois pour les crèches gérées sur le territoire français. «Ce n’est pas tout à fait illogique, il faut l’admettre, parce qu’il y a beaucoup de frontaliers qui viennent travailler au Luxembourg et ce n’est pas facile pour les parents de déposer leurs enfants dans des crèches luxembourgeoises qui, en plus, sont déjà pleines», explique Marc Ruppert.

Mais il réagit sur le problème en général qui se pose depuis des années dans la Grande Région. «On va continuer encore pendant des années à financer la France et la Belgique, pour les premiers via des participations aux coûts liés à la mobilité, pour les seconds via des compensations financières versées aux communes belges pour compenser le manque à gagner fiscal lié aux frontaliers belges», résume-t-il.

Il craint que ces sommes deviennent encore plus conséquentes dans le futur. Il fustige le manque de vision à long terme des autorités françaises et belges, mais critique aussi le Luxembourg qui n’argumente pas assez sur les pensions qui seront versées aux frontaliers retraités. «Il s’agit d’argent qui ne va pas être dépensé au Luxembourg mais dans les pays limitrophes, donc je ne vois pas pourquoi le Luxembourg devrait continuer à verser des compensations ou payer des infrastructures», lâche-t-il.

Surtout quand les crèches viennent s’ajouter à la liste. «À un moment il faut dire stop. Jusqu’où iront les revendications, quoi après les crèches et dans quel périmètre ?», questionne Marc Ruppert. Il peut encore comprendre l’investissement dans les infrastructures ferroviaires et routières, mais après il faut s’arrêter. « De toute façon, je pense que la Grande Région a aussi beaucoup profité des possibilités d’emploi qu’offre le Luxembourg. Donc c’est donnant-donnant. Je ne comprends pas comment on peut toujours revenir avec d’autres revendications», déclare-t-il.

L’autre raison qui a poussé Focus à réagir, c’est la sortie des quatre députés libéraux qui ont adressé une lettre ouverte aux autorités belges pour éviter que les frontaliers soient obligés de payer une vignette routière. «Le DP était quand même en charge de la Grande Région pendant un moment et rien ne s’est passé. Pour que toutes ces discussions autour des compensations cessent enfin, nous proposons plutôt de financer des zones communes, des zones d’activités pour créer les emplois à la frontière et pas à l’intérieur du Luxembourg, avec un partage de la fiscalité», expose Marc Ruppert.

Il dit ne pas comprendre pourquoi le Luxembourg, avec le ministère à la Grande Région, ne trouve pas des modèles, qui existent à la frontière franco-suisse, au lieu de toujours compenser. «Il faut réfléchir à un modèle durable», dit-il.

Le bénéfice des retraites

Dans un communiqué que Fokus a transmis aux rédactions, le parti rappelle que plus de la moitié des pensions luxembourgeoises sont versées à l’étranger. En 2024, plus de 42 000 pensions ont été versées vers la France et plus de 22 000 vers la Belgique. «À mesure que partira à la retraite la génération qui a accompagné pendant plusieurs décennies le fort développement du travail frontalier, les pensions bénéficieront de plus en plus aux régions voisines», observe le parti. De quoi renforcer le pouvoir d’achat des retraités frontaliers et, indirectement, les recettes publiques.

«Il ne s’agit pas d’un cadeau du Luxembourg, mais de la contrepartie de droits acquis au titre de la sécurité sociale. C’est précisément pour cette raison que cette dimension doit être prise en compte dans toute évaluation de l’emploi transfrontalier. Se limiter aux seuls coûts supportés par le Luxembourg revient à avoir une vision incomplète de la réalité», estime Fokus.

Marc Ruppert insiste encore et toujours sur sa proposition de créer une commission du futur sur le modèle finlandais. «Nous avons besoin d’un organe institutionnalisé chargé d’analyser les évolutions démographiques, les infrastructures, le marché du travail et les systèmes sociaux sur un horizon de vingt ans et au-delà, indépendamment des querelles politiques du quotidien et des faux affrontements dictés par les échéances électorales», communique le parti.

Son président se prépare lui aussi à affronter les urnes dans deux ans. Il reste assez optimiste et se réjouit de l’intérêt qu’il suscite sur les réseaux sociaux, faute de pouvoir s’exprimer à la tribune de la Chambre des députés, qu’il espère rejoindre un jour.

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