Bientôt des chiffres sur l’absentéisme dans le secteur public

Pour le secteur privé, les chiffres concernant l’absentéisme sont connus et scrupuleusement analysés. Mais pour le secteur public, toujours rien. Les choses vont changer, lentement, dès 2027.

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En novembre 2025, le Conseil de gouvernement a décidé de déployer un système centralisé de suivi et de gestion du temps dans les entités de l‘État.
En novembre 2025, le Conseil de gouvernement a décidé de déployer un système centralisé de suivi et de gestion du temps dans les entités de l‘État.

Connaître le taux d’absentéisme dans la fonction publique? Ce sera bientôt, mais partiellement, possible au Luxembourg, dès l’année prochaine. Le ministre de tutelle, Serge Wilmes, l’affirme au député pirate Marc Goergen. En cherchant la réponse à cette question pour nos pays voisins, rien de plus simple. Pour le Luxembourg, c’est la grande inconnue qui laisse la porte ouverte à toutes les spéculations.

Alors que la rentrée scolaire a déjà sonné pour certains Länder en Allemagne où le manque d’enseignants est problématique, en Rhénanie-du-Nord-Westphalie, par exemple, ces fonctionnaires ont affiché un taux d’absence d’environ 8,4 % de leurs jours de travail. Les données sectorielles montrent une moyenne d’environ 24 jours d’arrêt par an pour le corps enseignant chez nos voisins allemands.

Plus généralement, le taux d’absentéisme pour cause de maladie dans la fonction publique et le secteur public se situe en moyenne autour de 19 à 24 jours d’arrêt par an et par agent (soit un taux d’environ 8 % à 8,5 % du temps de travail), ce qui dépasse la moyenne nationale générale de l’économie allemande, établie entre 15 et 19 jours selon les sources.

En Belgique, les fonctionnaires fédéraux ont manqué en moyenne 18,2 jours de travail pour cause de maladie en 2024, selon le rapport du service médical Medex, avec une moyenne de deux absences par agent et 35 % de personnel jamais absent. Ces 18,2 jours de travail manqués en 2024 constitue un record depuis la tenue de ces statistiques. Le stress et les troubles psychologiques expliquent désormais près de la moitié des jours d’absence, selon le rapport de Medex.

Dans la fonction publique en France, les agents se sont absentés en moyenne 11,1 jours par an pour raison de santé (contre 10,6 jours dans le secteur privé), selon les données du Rapport annuel sur l’état de la fonction publique. Ce niveau montre une tendance globale à la baisse par rapport aux années précédentes. L’écart avec le secteur privé reste faible (seulement 0,5 jour de différence). Le taux d’absentéisme est plus marqué dans la fonction publique hospitalière (FPH) et la fonction publique territoriale (FPT) que dans la fonction publique d’État.

Des exceptions pour

certains secteurs

Si les pays voisins renseignent sur ces données, au Luxembourg, elles ne sont connues que pour les salariés du secteur privé. Au Luxembourg, selon l’Inspection générale de la sécurité sociale (IGSS), le taux d’absentéisme pour cause de maladie dans le secteur privé s’est établi globalement à 4,86 % pour l’année 2025, un chiffre stable par rapport à l’année 2024.

Serge Wilmes répond au député pirate Marc Goergen que le ministère de la Fonction publique ne dispose pas actuellement de données centralisées permettant d’offrir une vue d’ensemble des taux d’absentéisme au sein de la fonction publique. Puis il rappelle qu’en novembre 2025, le Conseil de gouvernement a décidé de déployer un système centralisé de suivi et de gestion du temps dans l’ensemble des ministères et administrations d’ici la fin de l’année 2027. Avec des exceptions. Dans la police, l’armée, le secteur de l’éducation et certaines directions du ministère des Affaires étrangères, les possibilités d’interopérabilité et d’intégration avec les systèmes existants sont en cours d’analyse afin de préserver les investissements réalisés et les fonctionnalités spécifiques.

Les ministères et les organismes administratifs utilisent actuellement divers systèmes informatiques qui ne sont pas harmonisés entre eux. Pour remédier à cette lacune, le module «MyRH-Time» – intégré au portail du personnel «myRH» – a été développé.

La mise en service du système centralisé de suivi du temps est prévue pour 6 700 agents à compter du 1er janvier 2027, puis 8 000 agents supplémentaires seront intégrés au système d’ici la fin de l’année 2027.

En juillet dernier, le député socialiste Ben Polidori interrogeait le gouvernement sur les chiffres de l’emploi dans la fonction publique. La réponse nous apprenait que le Luxembourg comptait 38 918 agents publics en poste au sein de l’État au 31 décembre 2025. Il s’agit d’un chiffre record en augmentation constante. Environ 6 000 nouveaux agents ont rejoint la fonction publique au cours des cinq dernières années, malgré près de 2 000 postes qui demeurent vacants.

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