Mohammed Taoussi reconnu coupable du meurtre de son fils
Le prévenu a été déclaré coupable du meurtre de son fils, Wassim, âgé d’un peu plus de 3 ans au moment des faits.
L’arrêt de la cour d’assises est tombé après deux heures et demie de délibération.
Après avoir entendu les parties civiles, le réquisitoire de l’avocat général et les plaidoiries de la défense, les douze jurés et les trois juges professionnels s’étaient retirés vers 16 h pour délibérer sur la culpabilité de l’accusé.
La cour a reconnu Mohammed Taoussi coupable du meurtre de son fils Wassim, avec la circonstance aggravante d’un mobile discriminatoire lié à un autisme suspecté, comme l’avait requis Maître Julien Docquier, l’avocat général, plus tôt dans la journée.
Dans son réquisitoire, le magistrat représentant les intérêts de la société avait abordé l’accusation de privation d’aliments et de soins. «Lors de l’enquête, nous avons analysé les tickets de caisse de Mohammed Taoussi pour le mois de novembre 2023. En frais, il y avait 3 kg de bananes, 4 litres de lait et 24 œufs. Sinon, il y avait des nouilles lyophilisées, des pizzas, des nuggets de poulet, des chips et une quarantaine de pains au chocolat industriels», avait détaillé Julien Docquier avant d’expliquer pourquoi, à ses yeux, la privation de soins devait être établie.
«Wassim était malade depuis le 13 novembre et il n’avait pas été vu par un médecin. Il n’a pas été correctement soigné. Alors que des séances de kiné avaient été recommandées après la fracture du fémur, il n’en a jamais fait. De la psychomotricité? Il n’en a jamais fait…», avait-il insisté.
Une intention annoncée
Me Docquier avait ensuite exposé les raisons pour lesquelles il estimait que l’accusation de meurtre devait, elle aussi, être établie.
Pour l’avocat général, il était évident que l’accusé éprouvait de la rancœur envers son fils, qu’il considérait comme la source de tous ses problèmes. Quelques semaines avant la disparition de Wassim, l’accusé avait annoncé ses intentions en indiquant à un proche : «S’il est encore comme ça à cinq ans, je l’enterrerai dans un bois.»
L’acharnement avec lequel l’accusé s’était attaqué à son fils, qu’il avait battu à mort, avait également été évoqué par l’avocat général pour étayer la thèse du meurtre. Enfin, Me Docquier avait souligné que Mohammed Taoussi avait volontairement orienté les médecins vers une mauvaise piste alors qu’ils tentaient de réanimer l’enfant : celle de la maladie.
L’accusé a également été reconnu coupable de privation de soins et de nourriture, ainsi que de coups et blessures sur son fils.
La défense estimait, pour sa part, que Mohammed Taoussi n’avait jamais souhaité la mort de son enfant.
Si elle reconnaissait que le père de famille avait eu des comportements inadéquats et porté des coups au petit Wassim, elle soutenait qu’il était dépassé par la situation. «Oui, il l’a probablement secoué et lui a donné des gifles alors qu’il était inconscient, mais il souhaitait le réveiller, comprendre ce qui se passait. Sa volonté n’a jamais été de mettre fin aux jours de son fils», avait assuré Me Mégane Weyders.
«Au contraire, il a fait des démarches pour venir en aide à son fils, qui ne parlait pas. Certes, elles n’ont pas toutes été concrétisées, mais il était seul à l’initiative de ces démarches après la mort accidentelle de la maman de l’enfant, fin février 2023», avait-elle ajouté.
Cette ligne de défense, pourtant soutenue par l’accusé lui-même en fin d’audience, n’a pas convaincu les jurés.
Ce vendredi, les jurés se pencheront sur la peine à infliger à Mohammed Taoussi.