Metz : séquestrée, violée et frappée dans un squat
En mars 2024, une femme en état de choc trouvait refuge dans un foyer près de Metz. Elle s’était échappée des griffes de son compagnon. Le marginal de 47 ans a été condamné à une peine de 12 ans de réclusion criminelle.
Le 7 mars 2024, dans l’après-midi, une femme en état de choc se rend dans les locaux d’un foyer AMLI du Ban-Saint-Martin, près de Metz. À l’éducatrice qui l’accueille, elle explique qu’elle vient de se sauver du squat, non loin de là, dans lequel son compagnon, Makhlouf Khelfaoui, un marginal de 47 ans, la retenait depuis le 5 mars. Elle dit avoir été frappée, notamment avec une barre de fer, et violée à plusieurs reprises par ce dernier. Son corps porte de nombreuses traces de violence. «Je sais qu’à force, il va me tuer», déclare-t-elle.
Une première procédure classée sans suite
Placé en garde à vue, le quadragénaire niait et expliquait que sa compagne était tombée dans l’escalier. La victime ne se présentant pas à son audition, la plainte avait été classée sans suite, l’infraction étant considérée comme «insuffisamment caractérisée». Makhlouf Khelfaoui n’est pourtant pas un inconnu de la justice. Il a déjà été condamné à six reprises, notamment pour des faits de violences conjugales et de menaces sur une précédente compagne mais aussi pour avoir enlevé ses enfants et les avoir emmenés de force à l’étranger.
La justice a finalement rouvert la procédure qu’elle avait classée après les faits du mois de mars 2024.
Un mandat de recherche est émis à l’encontre de Makhlouf Khelfaoui, qui est interpellé en région parisienne. Tout au long de l’instruction, ce dernier a nié les faits qui lui étaient reprochés, ne cessant de dénigrer sa victime. Le portrait dressé par les experts psychiatres de celui qui est considéré comme «borderline» est extrêmement sombre et évoque une «dangerosité avérée pouvant conduire à un risque élevé de récidive de violences conjugales ainsi qu’un risque non négligeable d’escalade pouvant conduire à l’homicide conjugal».
Le 12 mai dernier, Makhlouf Khelfaoui a été condamné à une peine de 12 ans de réclusion criminelle et dix ans d’interdiction de séjour par la cour criminelle de la Moselle pour viols, violences et séquestration de sa conjointe en mars 2024 ainsi que pour des violences sur la même victime le 9 février 2024.
Sandrine Issartel
(Le Républicain lorrain)