Metz : les pompiers s’entraînent ensemble
Ce vendredi 25 septembre, l’aire de kayak de Metz, basée sur l’île du Saulcy, a été le théâtre d’un exercice grandeur nature. Près de 80 plongeurs et sauveteurs aquatiques du SDIS de la Moselle mais aussi de Belgique, d’Allemagne et du Luxembourg se sont entraînés.
«On échange, on partage nos expériences et on teste nos différents engins de secours.» Chargé du bon déroulement de cette manœuvre transfrontalière inédite qui réunit vingt plongeurs français et soixante sauveteurs aquatiques de l’Europe du Nord-Ouest, le commandant Matthieu Oberhauser, qui officie habituellement au centre d’incendie et de secours de Forbach, revient sur la genèse de cet exercice grandeur nature : «En 2021, des crues éclair ont frappé la Belgique. Il y a eu 39 morts. De là, le projet Interreg FlashFloodBreaker est né.» Un projet qui inclut aussi des universités et des chercheurs.
Un homme à l’eau
Au menu de la journée, des mises en situation en eau calme et dans un cours d’eau en crue. Dans cette dernière, l’un des scénarios est le sauvetage d’une victime propulsée dans les courants de l’aire de kayak de Metz. «Le courant est créé de la même manière qu’une crue déferlerait dans une rue. Sauf qu’ici, il n’y a pas tout ce qui est mobile comme les poubelles, les poteaux qu’on devrait esquiver», commente le chef de l’unité de plongée de Metz.
Les pompiers français sont les premiers à œuvrer. «On a deux techniques. Soit un sauveteur retenu par une corde se jette à l’eau, attrape la victime et les deux sont remontés par deux pompiers restés sur la terre ferme qui tirent la corde. Soit on jette la corde directement.» Dans les deux cas, si la victime n’est pas secourue dans l’immédiat, une autre équipe se tient prête plus bas, avec un autre système de secours.
Chez les Belges, une autre méthode qui porte tout autant ses fruits. «Quand la victime passe devant eux, ils ne plongent pas tout de suite. Ils courent sur la berge en restant à son niveau et lui envoient une bouée», explique le chef de l’unité de plongée.
À côté de lui, un officier de la province de Liège acquiesce. «C’est intéressant de voir ce qui se fait chez les voisins. On reste des pompiers avec un équipement quasi similaire, mais avec des moyens qui peuvent être différents. J’ai pu tester une petite planche super rapide utilisée par les Français comme moyen de sauvetage, je ne connaissais pas.» L’officier parle de l’hydrospeed, une planche gonflable utilisée lors de forts courants qui permet de charger deux victimes.
Durant toute la journée, les pompiers partageront leurs connaissances et pratiques avec un objectif commun : être davantage aguerris dans le sauvetage aquatique, plus particulièrement face aux phénomènes de crues éclair extrêmes.