Metz : l’ado de 16 ans dénonce ses proxénètes
Nouvelle affaire de prostitution de mineure, en Moselle. En janvier 2025, une adolescente de 16 ans a fait commerce de son corps à Metz et à Maizières-lès-Metz. La jeune fille aurait agi sous la contrainte.
Pour comprendre l’affaire, il faut remonter en arrière : janvier 2025, une jeune fille de 16 ans sort du silence. Elle dit se prostituer sous la contrainte de deux hommes. Elle vendrait ses charmes depuis quelques semaines à Metz mais aussi à Maizières-lès-Metz, dans des chambres d’hôtel ou des locations Airbnb.
Pire : l’adolescente affirme avoir été violée un soir par ses deux protecteurs. Même si elle confie aussi avoir entretenu une relation «consentie» avec l’un d’eux pendant la période, car elle était «amoureuse» de lui.
Investigations supplémentaires
Le principal concerné, âgé de 39 ans, rejette les accusations. «Elle ment. Elle se prostituait déjà avant. Je l’ai rencontrée sur un site de prostitution. Et elle ne faisait pas son âge», balance-t-il depuis le box des détenus. Le presque quadragénaire, originaire de Moselle-Est et père de trois enfants, est incarcéré depuis la dénonciation des faits présumés. Tout comme l’autre individu, il devait passer prochainement devant la cour criminelle de Metz, mais la chambre de l’instruction, celle-là même qui examine sa demande de remise en liberté, a ordonné un supplément d’information (des investigations supplémentaires) pour y voir plus clair dans cette affaire.
C’est ce que met en avant d’ailleurs Me Lejeune pour la défense du mis en cause : «Il y a beaucoup d’incohérences dans le discours de la plaignante. C’est une jeune fille en proie à une vulnérabilité manifeste, à une fragilité psychologique. Elle est passée par plusieurs foyers et se trouvait en situation de fugue en janvier 2025.»
L’avocat poursuit pour son client : «Lui au contraire n’a jamais varié dans ses déclarations. Il conteste.» Me Lejeune insiste aussi sur l’état de santé du Mosellan, incompatible avec un séjour prolongé en prison : «Enfant, il a subi une greffe de foie. Il suit un traitement à vie, perçoit l’AAH (allocation aux adultes handicapés). Vous pouvez très bien le placer sous contrôle judiciaire ou sous surveillance électronique.»
Le problème, c’est que ce père de deux filles et un garçon compte 16 condamnations. Il est aussi mis en examen dans une autre histoire, un trafic de stupéfiants. «Il n’a aucune garantie de représentation et peut faire pression sur la victime», assène l’avocat général. Les mots de la fin pour l’homme détenu : «Il n’y aura pas de pression. Je n’ai pas envie de revoir cette personne, elle a gâché ma vie. Je ne veux pas me venger, je suis très gentil : j’ai reçu le foie d’une petite fille…»
Demande de remise en liberté rejetée. L’enquête se poursuit.
(Le Républicain lorrain)