Metz : interdit de contacter sa compagne, il la sollicite dès sa sortie de prison

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Condamné à une peine de prison au mois d’avril pour des violences sur sa compagne, le prévenu était sorti de détention mi-juillet.
Condamné à une peine de prison au mois d’avril pour des violences sur sa compagne, le prévenu était sorti de détention mi-juillet.

Un homme de 31 ans a été jugé ce 31 août par le tribunal correctionnel de Metz. En dépit d’une interdiction de contacter sa compagne prononcée par la justice, il avait été croisé avec elle dans la rue.

«Je ne voulais vraiment pas, mais elle est revenue, et moi je l’aime éperdument. J’ai cédé», déclare le prévenu, un homme de 31 ans. «Céder est une infraction», lui répond le président du tribunal. Car ce lundi 31 août, ce n’est pas de sentiments dont il est question dans la salle d’audience du tribunal correctionnel de Metz, mais d’une décision de justice qui n’a pas été respectée. En l’occurrence, celle de ne pas entrer en contact avec la femme qu’il a violentée par le passé, ce qui lui a valu d’être condamné par deux fois. «J’ai compris la leçon», dit-il.

La prison, il en est sorti mi-juillet. Mais les messages malveillants ont immédiatement repris. «C’est juste des accès de colère. Je n’ai pas peur de lui. Je sais qu’il ne mettra jamais ses menaces à exécution», assure sa petite amie, en larmes, à l’audience. «Je ne veux surtout pas qu’il soit à nouveau incarcéré».

Dette locative

Le 27 août, tous deux se trouvent dans la rue lorsque des policiers reconnaissent le trentenaire. Ils sont au courant de l’interdiction de contact.

L’homme et la femme expliquent qu’ils se rendent dans un organisme pour obtenir une aide financière destinée à résorber la dette locative que le prévenu a contractée auprès de son bailleur. Le prévenu risque de perdre son logement en octobre. Un rendez-vous ainsi motivé aurait pu passer mais l’exploitation des téléphones dénombre près de 500 appels et 3 000 messages. Les fadettes permettent aussi d’établir que le couple s’est reformé et vit à nouveau ensemble.

Pour le ministère public, ce dossier illustre parfaitement la difficulté de lutter contre les violences conjugales». «Chacun se sent coresponsable. L’un comme l’autre ne veulent qu’une seule chose : que leurs sentiments outrepassent les décisions de justice».

Le casier du prévenu comporte trois mentions dont deux concernent des violences sur cette même compagne. « En l’absence de prise de conscience de sa part, il n’existe aucune certitude qu’il ne repassera pas à l’acte », a déclaré la magistrate, «particulièrement inquiète», qui a requis une peine de 4 mois d’emprisonnement assortis d’un maintien en détention.

«Depuis sa sortie, la compagne n’a subi aucune violence, elle ne se plaint de rien», a fait remarquer l’avocate de la défense, Me Charlotte Cordebar, plaidant en faveur d’une peine de sursis sous forme de TIG (travail d’intérêt général). Le tribunal a prononcé une peine de 6 mois qui sera aménagée sous la forme d’une détention à domicile sous surveillance électronique.

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