Lorraine : un prédateur piégé par les enquêteurs
Un homme de 65 ans originaire du nord de la Lorraine a été condamné à un an de prison ferme pour corruption de mineur et propositions sexuelles en ligne.
Père de trois grands enfants de 23 à 30 ans et grand-père d’enfants du même âge que sa victime présumée, le prévenu du jour, un homme de 65 ans habitant en Meurthe-et-Moselle, va rester en prison. Ce lundi 31 août, il était jugé par le tribunal de Sarreguemines pour corruption de mineur et propositions sexuelles faites à un mineur par voie électronique, suivies d’une rencontre.
Les faits en question ont eu lieu sur un chat, où le prévenu prétendait rechercher l’une de ses filles qu’il n’a pas vue depuis quelques années. Mais cette quête s’est visiblement rapidement transformée puisqu’il va discuter avec une certaine «Zoé57». Rapidement, celle-ci – qui, en réalité, est un enquêteur en ligne – lui dira qu’elle a 12 ans. Un âge qui n’est visiblement pas problématique pour le prévenu puisque celui-ci va rapidement lui demander : «Tu pourrais ken avec moi?», lui proposer de découvrir les baisers avec la langue et évoquer avec elle sa poitrine.
En à peine cinq jours, entre le 6 et le 10 juin, trois conversations en ligne de ce type ont eu lieu avec cette fameuse Zoé avant de discuter d’un éventuel rendez-vous. Celui-ci sera finalement fixé le 6 juillet à 14 h dans un fast-food de Sarreguemines, ville où habite le personnage tenu par l’enquêteur.
Une heure de route pour un rendez-vous
Après un peu plus d’une heure de voiture depuis le Pays-Haut, le sexagénaire arrive sur place, mais ne trouve pas de jeune fille correspondant à la fameuse Zoé. À la place, ce sont des enquêteurs qui l’invitent à les suivre pour un interrogatoire.
Durant celui-ci, puis lors de l’expertise psychologique, le prévenu va plusieurs fois changer de version sur les raisons de sa présence ce jour-là. «Je voulais juste lui payer une glace», tentera-t-il. Il lâchera toutefois que «Zoé57» n’était pas la seule jeune fille mineure avec qui il a eu des discussions. Il y en aurait eu près d’une dizaine, âgées de 9 à 17 ans. Toutefois, aucune trace de ces conversations et aucune image pédopornographique n’ont été retrouvées sur son ordinateur.
Reste que son profil, incapable de mesurer l’impact de tels propos et de tels actes pour une enfant, inquiète Catherine Breitling. La représentante du parquet va demander au tribunal de reconnaître le prévenu coupable et de le condamner à un an de prison ferme, un suivi socio-judiciaire et une interdiction de contact avec les mineurs. L’avocat de la défense aura beau mettre en avant l’absence d’antécédent de celui-ci et l’absence de profil pédophile pour tenter de lui éviter la prison. En vain.
In fine, Éric Angenori, incarcéré en détention provisoire depuis le 6 juillet, va rester en prison. Il a été condamné à un an de prison ferme avec maintien en détention, suivi de cinq ans de suivi socio-judiciaire avec obligation de soins psychologiques, interdiction de contact avec les mineurs et interdiction de détenir une arme, sous peine de retourner en prison pendant deux ans. Il va également être inscrit au Fichier judiciaire automatisé des auteurs d’infractions sexuelles (Fijais) et s’est vu signifier une interdiction de contact avec des mineurs à titre définitif.