Lorraine : un chauffeur de bus avait harcelé une passagère handicapée
Un chauffeur de bus a été condamné par le tribunal judiciaire de Val de Briey, mardi 25 août, pour avoir harcelé sexuellement une jeune femme en situation de handicap qu’il transportait régulièrement à Briey.
Entre le 16 mai et le 1er juin 2024, à Val de Briey, un chauffeur de bus âgé alors de 63 ans a entretenu une conversation à connotation sexuelle sur une application de messagerie avec l’une de ses passagères, qu’il savait en situation de handicap. Les propos de l’homme, déjà connu de la justice pour agression sexuelle sur une mineure, sont sans équivoque : «Bonne nuit coquine»; «Tu dors en pyjama ou nue? Moi nu», etc.
Au cours de cette discussion, la jeune femme lui avait pourtant fait part de son malaise, lui expliquant notamment avoir déjà été victime d’attouchement. Ce qui n’a pas eu pour effet de freiner son interlocuteur dans l’immédiat. La discussion prendra définitivement fin peu de temps après. Impactée par la situation, elle décide de se confier à son éducatrice, à laquelle elle fait également part de gestes déplacés du chauffeur.
Procédure disciplinaire
Une procédure disciplinaire a été engagée par l’employeur de ce dernier, qui n’aboutira pas à son licenciement, mais à un changement de ligne. L’homme a d’abord été mis en cause pour agression sexuelle et harcèlement sexuel, mais le parquet a seulement retenu ce dernier chef de prévention, estimant que les éléments ne permettaient pas de caractériser le reste.
Lors de son procès au tribunal judiciaire de Val de Briey, mardi 25 août, le prévenu a nié avoir eu un quelconque geste déplacé, affirmant l’avoir uniquement prise dans ses bras pour la consoler. Concernant les messages échangés avec la plaignante, il se justifie devant les magistrats par de simples «blagues» ou de la «lourdeur». Certains d’entre eux ont été supprimés et n’ont pas pu être retrouvés. Que contenaient ces messages?
La procureure de la République n’écarte pas l’hypothèse d’envois d’images à caractère sexuel. «On n’en saura jamais rien», rétorque l’avocat de la défense, qui a plaidé l’absence de pression de la part de son client. Soulignant que la victime avait continué à répondre aux messages, tandis que la majorité de la conversation était «banale».
L’auteur des messages a néanmoins été condamné à douze mois de sursis probatoire, avec une obligation de soins psychologiques et l’interdiction d’entrer en relation avec la victime pendant deux ans.