Incendie chez Safe : toxicité, débris, système d’alerte… ce que l’on sait, et ce qui reste à comprendre
Pourquoi le système FR-Alert n’a fonctionné que dans un sens ? Pourquoi la Cité des loisirs d’Amnéville a continué de tourner et d’accueillir du monde comme si de rien n’était ? Quelle était l’activité précise de Suez Alternative Fuel & Energies (Safe) sur le site de Gandrange?
Bien des questions demeurent après le gigantesque incendie de dimanche. Toute la journée de ce dimanche 2 août, et même les jours suivants, les pompiers venus de toute la Moselle ont déployé leurs efforts pour éviter tout risque à la population. Quelque 30 000 habitants avaient même été invités à se confiner durant plusieurs heures face à la menace chimique potentielle. Le brasier, qui n’a rejeté finalement aucun produit toxique dans l’air, avait fait trois blessés légers dont deux pompiers.
Le maire de Rombas écrit au préfet et aux opérateurs
Après l’extinction des flammes et la sécurisation du site, place aux constatations. Comme le disaient plusieurs riverains dimanche et lundi : pourquoi FR-Alert est-il resté muet dans les instants ayant suivi l’incendie alors qu’il a été déclenché pour le déconfinement ? Lionel Fournier, le maire de Rombas, se pose aussi la question : l’élu socialiste a envoyé ce mardi 4 août un courrier au préfet mais aussi «aux quatre opérateurs téléphoniques» pour savoir «pourquoi ce dispositif d’alerte n’a fonctionné qu’à moitié».
Mais cette invitation à «se mettre à l’abri» n’a pas été adressée à tous : le site touristique d’Amnéville n’a pas été spécialement visé par cet appel à la prudence, même s’il était conseillé aux visiteurs de se réfugier à l’intérieur de tel ou tel complexe. Les activités extérieures comme le zoo ou l’accrobranche sont restées ouvertes.
«Théoriquement, tout le ban communal d’Amnéville aurait dû être confiné mais la préfecture a considéré que les hauteurs de la ville n’étaient pas menacées par la propagation des fumées en raison du sens du vent», rappelle Grégoire Laloux, le maire de la commune. L’élu RN a tout de même préféré «fermer par précaution» les activités sur lesquelles il avait la main. À savoir la piscine et la patinoire.
Débris tombés du ciel : aucun danger
Megane Albrecht Delgado, la directrice du bar lounge Le Paddock, a elle aussi opté pour la fermeture. «Et pourtant, la journée s’annonçait prometteuse car nous organisions, en plus, un vide-dressing. Mais je n’ai pas voulu faire prendre de risques à la clientèle ni à mon équipe.» La jeune femme a rouvert au moment du déconfinement pour… refermer précipitamment le soir «car on a commencé à sentir une odeur de brûlé horrible. Ça piquait les yeux, ça nous prenait à la gorge. Certes, on a perdu du chiffre d’affaires, mais le principe de précaution avant tout : un nuage toxique, même si heureusement ça n’était pas le cas ici, ne s’arrête pas à une frontière…»
Certains riverains s’interrogeaient aussi sur ces touffes noires ou grisâtres ayant atterri dans leurs jardins au cours de l’incendie. Était-ce toxique? Les réponses tombaient au fil des heures et se voulaient rassurantes. Comme le souffle Grégoire Laloux : «Ce sont des fragments de laine de verre ou de roche provenant du bâtiment incendié. Mais là aussi, aucun risque. Sinon, on n’aurait pas déconfiné…»