De la poudre dans une lettre de menace visant le maire de Fameck : deux démineurs blessés
Deux démineurs venus de Nancy ont été légèrement blessés ce jeudi 3 septembre à Fameck. Ils étaient en train de tester la poudre reçue le matin même dans une nouvelle lettre de menace de mort envers le maire Michel Liebgott.
«Malheureusement, une explosion a eu lieu.» Le maire de Fameck, Michel Liebgott, n’en revient toujours pas. Ce jeudi 3 septembre, il est 16 h 20 et, quelques minutes plus tôt, «on a entendu une forte détonation» dans la camionnette des démineurs, racontent des témoins. Le fourgon des experts venus de Nancy était à l’arrière de l’hôtel de ville. Les deux démineurs étaient en train de «tester» avec leur machine la poudre extraite d’un petit sachet reçu le matin même, dans une lettre de menace de mort, à la mairie. Ils étaient arrivés quelques instants plus tôt, vers 15 h.
L’un des démineurs a été blessé à une main, l’autre à une joue. Le second a été conduit pour des examens à l’hôpital Bel-Air, notamment auditifs. Si la poudre a explosé, c’est justement sous l’effet des tests. Le personnel de la mairie aurait pu ouvrir le sachet sans crainte. «Ce n’était pas une lettre piégée», insiste la gendarmerie. Il n’empêche. D’une certaine manière, même «s’il n’y a rien de très grave» assure la mairie, la menace est montée d’un cran.
«On a reconnu l’écriture»
En novembre dernier, à l’hôtel de ville, on avait déjà reçu une lettre anonyme, de menace, avec de la poudre. «À l’époque, elle était rose, elle était irritante, cette fois, elle était grise», poursuit une témoin, qui évoque du nitrate de potassium. Un produit non explosif, qui peut servir de comburant et disponible au rayon bricolage. Avant, bien avant, il ne s’agissait que de lettres de menace. Une bonne quinzaine, depuis environ huit ans. La première menace de mort explicite avait été formulée en décembre 2024, sous le terme de «Prépare ton Grand Départ».
C’est d’ailleurs le côté «obsessionnel» de l’expéditeur qui a permis de détecter à temps la dangerosité de la missive. Avec toujours la même écriture sur l’enveloppe, la même frappe sur le texte à l’intérieur. À l’arrivée du courrier postal, vers 11 h 30, «on a reconnu l’écriture», poursuit la témoin. D’où un appel immédiat à la gendarmerie, puis aux démineurs.
«Connivence avec les islamistes»
Pourquoi une telle obsession ? «Le contenu de la lettre était extrêmement réduit, retient Michel Liebgott, c’est une forme de détestation, avec des motifs qui ne sont pas cohérents. Je vois surtout que j’énerve des opposants.» Tout de même, ce contenu est politiquement orienté. En décembre 2024, la lettre reprochait au maire de ne pas avoir fait de place à la municipalité RN de Hayange au sein du Val de Fensch. Cette fois, la missive lui reprochait sa «connivence avec les islamistes». Une plainte a été déposée à la gendarmerie de Fameck. Une enquête est en cours.